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Issue
Cah. Agric.
Volume 31, 2022
Article Number 11
Number of page(s) 2
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2022007
Published online 03 May 2022

Agronome formé, entre autres, par Stéphane Hénin sur les bancs de l’Agro de Paris, Didier Picard a commencé sa carrière en 1966 au sein de la recherche agronomique française par une affectation à Adiopodoumé, en Côte d’Ivoire, au sein d’une équipe de jeunes chercheurs de l’ORSTOM vouée à l’étude des systèmes racinaires des plantes fourragères (Panicum maximum et Stylosanthes guyanensis, principalement) susceptibles d’entrer en rotation avec des cultures annuelles comme le maïs.

À cette époque, mis à part les agropédologues, peu de chercheurs en agronomie se souciaient vraiment de ce qui se passait sous la surface des sols ni ne disposaient de méthodes d’investigation quantitatives pour observer les systèmes racinaires. Cette équipe de l’ORSTOM, créée à l’initiative de Stéphane Hénin et suivie par Michel Sébillotte, s’est affrontée à cette question méthodologique.

Même s’il n’y avait pas de relations formelles entre l’ORSTOM et les instituts qui formeront plus tard le CIRAD, on trouve une collaboration entre Didier Picard et Michel Jacquot concernant l’étude du système racinaire du riz pluvial, qui sera reprise quelques années plus tard à Bouaké par François Reyniers et Truong Binh.

Après une dizaine d’années passées en Côte d’Ivoire et une aventure de courte durée au Vietnam en temps de guerre, Didier Picard rejoint la recherche agronomique métropolitaine et l’INRA, où il y exercera diverses responsabilités scientifiques et de gestion (cf. dossier Archorales de l’INRA).

En 1991, Henri Carsalade et Hervé Bichat, soucieux de structurer le CIRAD (et de dépasser la coexistence plus ou moins amicale des anciens instituts), font appel à une personnalité extérieure pour créer un département des cultures annuelles fusionnant l’IRAT, l’IRCT et l’IRHO pour sa partie consacrée aux oléagineux annuels. Didier Picard accepte le défi de ce poste de manager d’environ 400 personnes, assumant des responsabilités de gestion scientifique, financière, stratégique, et de suivi des carrières des agents. Il s’entourera d’une équipe solide pour ce faire (Alain Derevier…) et fera preuve dans l’exercice de ces fonctions complexes de grandes qualités humaines.

Dans la diversité des équipes de chercheurs de ce nouveau département, Didier Picard identifie comme particulièrement pertinente, à ses yeux d’agronome, celle qui s’est créée autour de Lucien Séguy pour concevoir et promouvoir des systèmes de culture innovants, assurant une couverture permanente du sol et requérant aussi peu de travaux aratoires que possible, afin de réduire les risques de dégradation/érosion des horizons de surface et de perturbation de la vie des sols. Des travaux de ce type étaient conduits au Brésil à Madagascar, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Vietnam et au Laos, avec l’appui de l’AFD et du Ministère des Affaires étrangères.

Lors de son retour au sein de l’INRA, Didier Picard mettra d’ailleurs en place à Versailles un dispositif expérimental s’inspirant de ces idées.

Lors du remplacement d’Henri Carsalade par Michel de Nucé, Didier Picard est nommé directeur scientifique du CIRAD, secondé à Paris par Michèle Feit et à Montpellier par Nicole Fautrat. Fonction qu’il exercera jusqu’en 1997, date de son retour à l’INRA.

Didier Picard, membre du conseil scientifique de la revue Cahiers Agricultures depuis sa création par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) en 1992, entre en 2008 au comité de rédaction, dirigé à ce moment-là par René Lesel, lui-même ancien de l’INRA, spécialiste de pisciculture. Lorsque celui-ci se retire en 2009, Jean Pichot et Didier Picard assument conjointement la fonction de rédacteur en chef de la revue et font face, avec l’aide de l’INRA, de l’IRD et du CIRAD, à la défection de l’AUF, qui cesse alors de financer les revues francophones qu’elle avait créées. Didier Picard restera rédacteur en chef délégué jusqu’au début 2013, où il est remplacé par Christine Rawski, sans pour autant quitter le comité de rédaction puisqu’il contribue par la suite à plusieurs dossiers et numéros thématiques publiés par la revue. Didier Picard a joué un rôle déterminant au sein du comité de rédaction dans le recrutement pour la revue d’auteurs de qualité, contribuant ainsi à sa notoriété internationale. Malgré ses nombreuses responsabilités, il ne refusait pas de prendre lui-même la plume pour signer ou co-signer dans les Cahiers Agricultures des articles devenus des références.

Articles dans Cahiers Agricultures

Citation de l’article : Pichot J.P. 2022. Didier Picard (1941–2021). Cah. Agric. 31: 11.


© J.P. Pichot, Hosted by EDP Sciences 2022

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