| Issue |
Cah. Agric.
Volume 35, 2026
Réduire l’utilisation des pesticides agricoles dans les pays du Sud : verrous et leviers socio-techniques / Reducing the use of agricultural pesticides in Southern countries: socio-technical barriers and levers. Coordonnateurs : Ludovic Temple, Nathalie Jas, Fabrice Le Bellec, Jean-Noël Aubertot, Olivier Dangles, Jean-Philippe Deguine, Catherine Abadie, Eveline Compaore Sawadogo, François-Xavier Cote
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| Article Number | 2 | |
| Number of page(s) | 11 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/cagri/2025041 | |
| Published online | 17 février 2026 | |
Article de recherche / Research Article
Fragile certification « cacao biologique » en Côte d’Ivoire : pourquoi les planteurs burkinabè qui dominent la filière n’y adhèrent-ils pas ?
Fragile “Organic cocoa” certification in Côte d’Ivoire: why don’t Burkinabe planters, who dominate the sector, adhere to it?
1
Structure agricole de développement rural de Côte d’Ivoire (SADRCI), Abidjan, Côte d’Ivoire
2
UMR ART-DEV, CIRAD, Montpellier, France
3
ART-DEV, Univ. Montpellier, Montpellier, France
* Auteur correspondant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Résumé
La certification « cacao biologique » reste marginale en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao. À partir d’enquêtes menées auprès de 192 planteurs en cacaoculture conventionnelle et 53 en cacaoculture biologique dans deux coopératives, complétées par plusieurs entretiens et focus groups, cette étude analyse les facteurs économiques et sociaux qui influencent l’adoption de cette certification. Autrefois dominée par les planteurs ivoiriens d’origine baoulé, la production de cacao est aujourd’hui majoritairement assurée par des migrants d’origine burkinabè. Pourtant, dans les coopératives étudiées, les burkinabè sont absents des programmes de cacaoculture biologique, qui restent principalement le fait des Baoulés. Partant de ce constat, l’article revient sur l’histoire des « cycles du cacao », sur le rôle des coopératives et sur les structures d’exploitation propres à chacun de ces deux groupes. Les Baoulés, premiers installés dans l’Ouest du pays, sont engagés dans un cycle de déclin et utilisent déjà moins de pesticides. L’adoption de la cacaoculture biologique, encouragée par les directions de coopératives et par des coachs eux-mêmes baoulés, apparaît moins risquée. À l’inverse, les Burkinabè, mieux dotés en terres, plus dépendants du cacao et des intrants chimiques, ne veulent pas prendre le risque de pertes à court terme, alors que les programmes « bio » n’offrent aucune prime pendant les trois premières années. Dans l’ensemble, la pénurie de main-d’œuvre, la faiblesse du marché et des soutiens publics freinent l’essor de la cacaoculture biologique. Une adoption plus large nécessiterait une prime immédiate et suffisante pour compenser les prises de risque des principaux producteurs.
Abstract
Organic cocoa certification remains marginal in Côte d’Ivoire, the world’s leading cocoa producer. Based on surveys of 192 conventional and 53 organic farmers in two cooperatives, supplemented by additional interviews and focus groups, this study analyzes the economic and social factors that influence the adoption of this certification. Once dominated by Baoulé farmers, cocoa production is now largely carried out by migrants from Burkina Faso. However, in the cooperatives studied, Burkinabe are absent from organic cocoa farming programs, which remain mainly the preserve of the Baoulé. Based on this observation, the article looks back at the history of the “cocoa cycles”, the role of cooperatives, and the farming structures specific to each of these two groups. The Baoulé, who were the first to settle in the west of the country, are in a cycle of decline and are already using fewer pesticides. The adoption of organic cocoa farming, encouraged by cooperative managers and coaches who are themselves Baoulé, appears to be less risky. In contrast, Burkinabe producers, who have more land but are more dependent on cocoa and chemical inputs, do not want to risk short-term losses, as organic programs offer no premiums for the first three years. Overall, labour shortages, weak market demand, and limited public support hinder the expansion of organic cocoa farming. Wider adoption would require an immediate and substantial premium to compensate major producers for the risks involved.
Mots clés : certification biologique / cycle du cacao / pesticides / changement de génération / coopératives
Key words: organic certification / cocoa cycle / pesticides / generational change / cooperatives
© F. Ruf et al., Hosted by EDP Sciences 2026
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