| Issue |
Cah. Agric.
Volume 35, 2026
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| Article Number | 20 | |
| Number of page(s) | 9 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/cagri/2026016 | |
| Published online | 31 juillet 2026 | |
Article de recherche / Research Article
L’agriculture de décrue à Golmy (Sénégal) : la double dépendance internationale d’un système de production agricole local
Floodplain farming in Golmy (Senegal): The dual international dependence of a local agricultural production system
Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Dakar, Sénégal
* Auteur correspondant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Reçu :
26
Septembre
2025
Accepté :
21
Juin
2026
Résumé
Depuis plus de deux décennies, les modes de production agricoles de décrue des villages soninké sénégalais de la haute vallée du fleuve Sénégal ont connu des transformations significatives. Cette étude analyse la manière dont, à Golmy (15 km en amont de Bakel), la main-d’œuvre migrante originaire du Mali et les transferts monétaires des émigrés soninké basés en France sont devenus le support de l’agriculture de décrue, en réaction à la diffusion d’une plante envahissante, Typha domingensis, localement appelée saké. Elle s’appuie sur une cartographie des espaces agricoles et des données collectées auprès des chefs de famille, des migrants maliens et des émigrés en vacances dans le village. Les résultats montrent que le village dispose d’importantes superficies à vocation agricole de décrue. Source d’approvisionnement des villageois en produits agricoles frais (maïs, niébé, tomate cerise, patate douce, gombo, courge et oseille), l’agriculture de décrue n’a longtemps pas été impactée par l’émigration masculine massive en raison de son caractère peu exigeant en main-d’œuvre et du fait que les activités agricoles étaient échelonnées dans le temps. Elle était pratiquée par les rares hommes restés sur place, aidés par les enfants. Mais les profonds bouleversements consécutifs à la construction du barrage de Manantali dans les années 1990 ont changé la donne, car une plante, Typha domingensis, a envahi les terres de décrue. Dans l’incapacité d’y faire face, les familles ont fait appel à de la main-d’œuvre migrante d’origine malienne. Au départ, rétribuée en nature (hébergement et nourriture), cette main-d’œuvre est aujourd’hui rémunérée par les transferts monétaires des émigrés basés en banlieue parisienne. Une situation qui crée une double dépendance internationale de l’agriculture de décrue, par rapport à la migration malienne et aux revenus issus de l’émigration.
Abstract
For more than two decades, agricultural production practices during the dry season in Soninke villages in the upper Senegal River valley have undergone significant changes. This study analyses how, in Golmy (15 km upstream from Bakel), migrant labor from Mali and remittances from emigrants based in France have become the mainstay of flood-season agriculture, in response to the spread of an invasive plant, Typha domingensis (cattail), locally known as saké. It draws on a mapping of agricultural areas and data collected from heads of households, migrants from Mali and emigrants visiting the village during their holidays. The results show that the village has significant areas dedicated to flood-season agriculture. As a source of fresh agricultural produce for the villagers (maize, cowpeas, cherry tomatoes, sweet potatoes, okra, squash and sorrel), floodplain agriculture was long unaffected by mass male emigration due to its low labor requirements and the fact that agricultural activities were spread out over time. It was carried out by the few men who remained in the area, assisted by the children. But the profound upheavals following the construction of the Manantali dam in the 1990s changed the situation, as a plant, Typha domingensis, has overrun the floodplains. Unable to cope, the families turned to migrant laborers of Malian origin. Initially mobilized in exchange for accommodation and food, this workforce is now paid through remittances from emigrants based in the Paris suburbs. This situation creates a dual international dependency of floodplain agriculture, on Malian migration and on income from emigration.
Mots clés : agriculture de décrue / barrage de Manantali / migration / vallée du fleuve Sénégal / Typha domingensis
Key words: floodplain agriculture / Manantali dam / migration / Senegal River valley / Typha domingensis
© D. Cissokho, Hosted by EDP Sciences 2026
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