Numéro
Cah. Agric.
Volume 31, 2022
Le foncier irrigué : enjeux et perspectives pour un développement durable / Irrigated Land Tenure: Challenges and Opportunities for Sustainable Development. Coordonnateurs : Jean-Philippe Venot, Ali Daoudi, Sidy Seck, Amandine Hertzog Adamczewski
Numéro d'article 31
Nombre de pages 9
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2022028
Publié en ligne 1 décembre 2022

© S. Assassi et al., Hosted by EDP Sciences 2022

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1 Introduction

Les terres irriguées sont rares. Elles couvrent moins de 17 % des terres arables dans le monde (GIEC, 2020) et moins de 10 % dans les pays à climat semi-aride ou aride (Bruinsma, 1995). Elles sont au cœur des enjeux de sécurité alimentaire dans de nombreux pays, car elles sont les plus productives (Bouarfa et al., 2020). Dans les pays du Maghreb, l’extension des superficies irriguées est un choix stratégique qui s’est traduit par d’importants investissements publics dans de grandes infrastructures hydrauliques agricoles (barrages, grands périmètres irrigués, etc.) (Bouarfa et Kuper, 2012). Le développement de l’irrigation par la grande hydraulique s’est avéré, progressivement, un modèle peu efficace en termes de mobilisation, d’allocation et de valorisation des ressources hydriques et foncières (Kuper et al., 2009). Les grands périmètres font généralement face à des problèmes de manque d’eau, d’entretien défaillant des infrastructures, d’inadaptation des modes d’allocation de l’eau et de tarification des services (Messahel et al., 2005 ; Kadiri et al., 2011 ; Frija et al., 2016).

En Algérie, les 26 grands périmètres irrigués aménagés par l’État et occupant une superficie totale de 230 000 ha ne sont effectivement irrigués qu’à hauteur de 38 % en moyenne annuelle, du fait de l’insuffisance des quantités d’eau disponibles (ONID, 2016). Les volumes d’eau étant faibles et variables, leur allocation par l’Office national de l’irrigation et du drainage (ONID), chargé de la gestion des grands périmètres à travers ses annexes régionales, est faite selon le principe du rationnement par le tour d’eau. Le prix de l’eau est fixé par l’État à un niveau très faible, et le droit d’accès à l’eau, indexé au foncier, est garanti à tous les agriculteurs installés sur le périmètre. Comme les volumes d’eau disponibles sont inférieurs à la demande, le rationnement par le tour d’eau réduit les quantités affectées à chaque exploitation à des seuils qui limitent leurs choix productifs. Ce mode d’allocation de l’eau empêche souvent la pratique de cultures à haute valeur ajoutée, exigeantes en eau et nécessitant une irrigation fréquente et régulière ; eau et terre se trouvent ainsi souvent sous-valorisées. Dans les périmètres de grande hydraulique où la mobilisation de l’eau souterraine est possible, peuvent émerger des stratégies individuelles de sécurisation de l’approvisionnement en eau par l’accès à la nappe. Celles-ci sont généralement impulsées par l’arrivée de locataires, qui dynamisent un marché foncier locatif dans lequel l’eau souterraine est associée aux transactions foncières (Bouchaib et al., 2011 ; Boudjellal et al., 2011 ; Amichi et al., 2015).

Dans les périmètres qui n’offrent pas la possibilité de mobiliser de l’eau souterraine, du fait de l’absence ou de la faiblesse des nappes, la question de l’incidence, sur les dynamiques productives, du mode d’allocation de l’eau superficielle adopté par l’ONID reste très peu étudiée. La nécessité d’ouvrir l’analyse sur ces contextes est donc réelle. Dans cette perspective, nous étudions le périmètre irrigué de la plaine de Guelma-Bouchegouf, dans la wilaya de Guelma (nord-est du pays). Ce périmètre géré par l’ONID est en déficit hydrique permanent ; il ne compte qu’un nombre très limité de forages (Agence nationale des ressources hydrauliques, 2009 ; ONID, 2020). Malgré ces contraintes, le tiers de sa superficie est régulièrement réservé à des cultures irriguées intensives fortement consommatrices en eau, essentiellement la tomate industrielle (Assassi et al., 2020) ; les deux autres tiers sont généralement occupés par des cultures pluviales, notamment le blé dur. Par quels mécanismes l’eau rare, peu chère et théoriquement accessible à tous les propriétaires du périmètre, se retrouve-t-elle concentrée sur un tiers des terres seulement et affectée à des cultures intensives en capital et en eau ?

Notre étude montre que la configuration agricole actuelle du périmètre est en partie façonnée par le jeu des acteurs du marché foncier locatif qui contribue à une réaffectation de l’eau de l’ONID entre acteurs. Via ce double marché terre-eau, une partie importante de l’eau disponible est affectée à des locataires spécialisés dans la tomate. Après avoir exposé le contexte d’étude et la méthodologie, nous présentons ces résultats plus en détail, puis nous les discutons au regard de la littérature.

2 Contexte

Le périmètre irrigué de Guelma-Bouchegouf est situé dans la wilaya de Guelma au nord-est de l’Algérie ( Fig. 1). Les conditions climatiques favorables de la région (précipitations variant entre 400 et 1000 mm/an) font de Guelma un pôle agricole dominé par la céréaliculture et les cultures industrielles, essentiellement la tomate industrielle (désignée dans le reste de ce texte par tomate). Guelma est la première zone de production de tomate du pays (Assassi et al., 2020).

À Guelma, les terres irrigables couvrent 12 672 ha, soit 6,8 % de la superficie agricole utile de la wilaya. L’irrigation est principalement développée dans deux périmètres aménagés par l’État (9650 ha) : un petit localisé dans la commune de Ain Mekhlouf (400 ha) et un plus grand couvrant toute la plaine de Guelma-Bouchegouf (9250 ha), illustré en rouge (et bleu) sur la figure 1. Elle est aussi assurée par la petite et moyenne hydraulique (3022 ha), à partir de puits, forages et retenues collinaires, situés essentiellement hors périmètres irrigués (Direction des services agricoles, 2020).

Le grand périmètre irrigué Guelma-Bouchegouf a été mis en eau progressivement entre 1997 et 2004. Il est alimenté par des lâchers d’eau effectués essentiellement depuis le barrage de Bouhamdane, situé en amont du périmètre. Son réseau d’irrigation est divisé en cinq secteurs plus ou moins similaires en termes de structure, de fonctionnement, de mode d’affectation de l’eau, de statut juridique des terres et d’occupation du sol. Pour la présente étude, le secteur de Boumahra est choisi comme zone d’étude (en bleu sur la Fig. 1). Ce choix est lié à la disponibilité de listes exhaustives des propriétaires fonciers (nous reviendrons sur l’usage de ce terme).

Le secteur irrigué de Boumahra est entré en service en 2001. Comme les autres secteurs, il est constitué d’une station de pompage située sur l’oued, d’un réservoir approvisionné par pompage depuis le point de captage, et d’un réseau d’irrigation pressurisé. Le réservoir est placé sur un relief en hauteur, permettant de maintenir en permanence sous pression tout le réseau qui couvre 2420 ha et s’étend sur sept communes (Fig. 1 ; ONID). Le réseau d’irrigation, alimenté par le réservoir, est constitué d’une canalisation principale enfouie dans le sol, de dix branches secondaires et d’un nombre important de ramifications desservant 334 bornes d’irrigation, équipées chacune d’une à trois vannes, soit 520 vannes au total (ONID, 2021). Ces bornes alimentent les 208 exploitations du secteur, à raison de 1 à 2 bornes par exploitation. L’irrigation est faite par goutte à goutte sur certaines parcelles et par aspersion sur d’autres.

Dans ce secteur, les exploitations agricoles sont toutes constituées d’une seule parcelle de taille très variable (min. : 0,5 ha, max. : 60 ha, moy. : 8,5 ha) (Direction des services agricoles, 2020). Les terres du secteur sont pour l’essentiel de statut privé (68 % de la superficie) ou relèvent du domaine privé de l’État en étant exploitées par des concessionnaires dans le cadre d’Exploitations agricoles collectives ou individuelles (EAC ou EAI), pour respectivement 26 % et 6 % de la superficie du secteur (Direction des services agricoles, 2020). Les 10 EAC du secteur sont toutes éclatées informellement en 57 exploitations individuelles totalement indépendantes.

Comme dans tout le périmètre, l’irrigation dans le secteur de Boumahra est organisée en deux périodes durant l’année, correspondant aux cultures de saison (mars–juillet) et d’arrière-saison (septembre–décembre). Au début de chaque période, un volume d’eau est affecté au secteur. L’ONID vend, en début de période, les volumes affectés aux agriculteurs, à la demande. Tous les exploitants, y compris les locataires sans contrat formel (cf. infra), peuvent accéder à ce marché. Le prix de l’eau, payé ex ante, est fixé par le ministère des Ressources en eau à 2,5 DZD/m3, soit 0,016 € (1 € = 150 DZD au taux de change moyen en 2020). Le montant à payer par hectare est estimé sur la base des besoins théoriques des cultures ; pour la tomate, il est de 13 750 DZD/ha/campagne, équivalant à 5500 m3/ha/campagne (ONID, 2021). Dans la pratique, les volumes d’eau réellement utilisés par les souscripteurs ne sont pas mesurés, ils dépendent des volumes lâchés par l’ONID qui pratique unilatéralement le rationnement des quantités par le tour d’eau. Au moment de la souscription, les irrigants n’ont donc aucune idée de la quantité d’eau réelle qu’ils vont avoir. Ce mode d’affectation de l’eau par l’ONID crée une incertitude systémique qui rend difficile les choix des agriculteurs en termes de cultures irriguées à installer. Enfin, l’ONID vérifie avec rigueur la conformité des cultures et des superficies installées par rapport aux souscriptions, ainsi que les parcelles irriguées et les branchements effectués. Les règles spécifiant ces aspects sont mentionnées dans le contrat liant les souscripteurs et l’ONID. En cas de fraude, l’ONID redéfinit les montants à payer ou impose une amende et coupe l’eau en cas de non-paiement de cette dernière. Des poursuites judiciaires sont envisagées en cas de dépassements récurrents. Ce contrôle empêche tout transfert d’eau d’une exploitation à une autre, et donc l’émergence d’un marché secondaire de l’eau.

Sur la période 2016–2021, en moyenne, seules 20 % des superficies du secteur de Boumahra ont été irriguées annuellement ; 29 % en 2020 (soit 702 ha correspondant à 31 % des exploitations), pour 59 % de cultures pluviales, principalement le blé dur (45 %), et 12 % des terres restant non cultivées. Ceci est principalement dû aux faibles dotations en eau du périmètre (47 % des besoins théoriques du secteur en 2020, 32 % en moyenne entre 2016 et 2021 – taux théoriques estimés sur la base d’un assolement annuel solanacées irriguées/céréales irriguées) ; ces dotations peuvent être nulles en années sèches, comme en 2018, conduisant à une faible mise en culture et à la dominance des céréales pluviales ( Fig. 2) (ONID, 2016, 2020, 2021).

Comme l’illustre le tableau 1, la tomate est la principale culture irriguée, à la fois en termes de part dans la superficie irriguée (taux moyen de 69 % durant la période 2016–2021 – min. 53 % et max. 95 %) et dans le volume d’eau consommé (taux moyen de 53 % durant la période 2016–2021 – min. 33 % et max. 90 %) (ONID, 2020). Comment expliquer le renoncement à l’eau par la majorité des exploitations du secteur ?

thumbnail Fig. 1

Localisation de la zone d’étude.

Location of the study area.

thumbnail Fig. 2

Évolution de la production de tomate au sein du périmètre irrigué de Guelma entre 2018 et 2021.

Evolution of tomato production in the Guelma irrigated scheme between 2018 and 2021.

Tableau 1

Part des différentes cultures dans la consommation d’eau et la superficie irriguée en 2020.

Share of different crops in water consumption and irrigated area in 2020.

3 Méthode

Pour comprendre comment est affectée l’eau dans le secteur de Boumahra, nous avons mobilisé des données secondaires et primaires. Les données secondaires concernent (1) le périmètre irrigué de Guelma et plus spécifiquement le secteur irrigué de Boumahra, fournies par l’ONID de Guelma (infrastructure, superficie totale et irriguée, nombre d’exploitation, tarifs de l’eau par culture, cultures, volumes d’eau et affectation d’eau entre 2016 et 2021), et (2) les propriétaires fonciers du secteur de Boumahra, fournies par la Direction des services agricoles de Guelma (noms, statuts, superficies possédées – seules les superficies irriguées ou irrigables sont prises en considération dans cet article). Par « propriétaire foncier » nous entendons ici toute personne possédant un droit de jouissance sur une terre, y compris les concessionnaires des EAC et EAI.

Les données primaires portent sur le fonctionnement du secteur irrigué ainsi que sur le marché foncier (modalités, fonctionnement) et ses acteurs (exploitations, dotations foncières et financières, logiques productives, performances productives et économiques). Ces données ont été obtenues via 30 entretiens semi-directifs avec des propriétaires fonciers de tout le périmètre, des cadres de la Direction des services agricoles et de l’ONID, et une enquête par questionnaire auprès de 52 propriétaires fonciers du secteur de Boumahra, soit 25 % des 208 propriétaires que comptait le secteur en 2020, tirés aléatoirement, et de 30 locataires (à savoir tous les locataires installés chez les propriétaires cédants interrogés). Toutes les enquêtes portent sur l’année 2020.

Nos résultats relatifs à la dynamique agricole en place (importance de la culture de la tomate, système d’assolement-rotation) sont consolidés et étendus par une analyse spatiale concernant une zone située dans chacun des cinq secteurs du grand périmètre irrigué de Guelma – pour pouvoir généraliser ces résultats, ces zones ont été choisies aléatoirement. Pour ce faire, nous avons utilisé sept images du satellite Landsat 8, en prenant une image prise, chaque année de 2015 à 2021, entre le 15 juin et le 7 juillet. Nous avons effectué un traitement géométrique et radiométrique de ces images, ayant toutes une résolution de 30 m, pour attribuer des fausses couleurs (RGB) aux bandes utilisées (verte, rouge et proche infrarouge), afin de mieux visualiser les différents types d’occupation du sol (tomate, céréales, arboriculture, forêts, sols nus, eau et urbanisme).

4 Résultats

L’étude montre que les cultures intensives, notamment de la tomate, structurent la dynamique agricole dans le secteur de Boumahra. Le développement de cette culture, malgré le manque d’eau, est en grande partie rendu possible par le marché foncier locatif. À travers ce marché, une catégorie de locataires bien dotés en ressources financières exploitent une partie du secteur. Exigeante en fertilité et sensible aux maladies, la tomate n’est jamais cultivée par ces locataires deux années de suite sur la même parcelle, induisant ainsi son itinérance sur tout le secteur. En prenant en location des parcelles différentes chaque année, les locataires redistribuent une partie de la valeur qu’ils génèrent par la tomate par deux mécanismes : la rente locative et la rente de fertilité résiduelle. Par le jeu d’un marché structuré par les règles de l’assolement-rotation, ces rentes profitent cycliquement aux producteurs de blé, propriétaires et locataires, ce qui les dissuade de demander l’eau pour irriguer des cultures moins rentables, eau qu’ils laissent ainsi pour la culture de la tomate. Nous expliquons cette dynamique plus en détail dans ce qui suit.

4.1 La tomate et le blé, cultures dominantes dans le secteur irrigué

Dans le secteur de Boumahra, où une seule campagne est réalisée par an, la tomate est la principale culture en termes de superficie irriguée et de consommation d’eau, le blé l’est en termes de superficie totale. La tomate est conduite en mode très intensif en capital et en ressources hydriques – utilisation de variétés hybrides par tous les interviewés, de plants industriels par 80 % d’entre eux, application de 12 quintaux/ha/campagne d’engrais et réalisation de 13 irrigations/campagne en moyenne en 2020. Le blé est principalement conduit en régime pluvial, sans fertilisation ni traitement phytosanitaire.

Le coût de revient moyen d’un hectare de tomate était de 810 000 DZD en 2020 (5400 €), pour un résultat net moyen de 390 000 DZD/ha (2600 €). Le coût de revient et le résultat net moyen d’un hectare de pomme de terre, deuxième culture la plus rentable dans la région, étaient respectivement, en 2020, de 467 000 DZD (3100 €) et 181 000 DZD (1200 €). Pour le blé (essentiellement pluvial), le coût de revient et le résultat net moyen d’un hectare étaient respectivement de 95 000 DZD (630 €) et 85 000 DZD (560 €).

4.2 Un système d’assolement-rotation tomate-blé à l’échelle du secteur irrigué

Le développement de la tomate est à mettre en rapport avec sa pratique sur l’ensemble du secteur, permettant la redistribution d’une partie de sa valeur ajoutée vers tous les propriétaires et céréaliculteurs. La culture de la tomate dans le secteur de Boumahra n’est en effet pas concentrée sur une zone déterminée ni sur les mêmes parcelles, mais plutôt pratiquée, d’une manière intermittente, sur presque toutes les parcelles du secteur, voire du périmètre (Fig. 2). Elle est intégrée dans un système de rotation biennale (tomate-blé), correspondant à un système d’assolement à l’échelle du secteur irrigué (et du périmètre : Fig. 3). Ce système de rotation constitue une adaptation aux exigences techniques de la conduite de la tomate. En effet, comme toutes les solanacées, la tomate est une culture sensible aux maladies et très exigeante en fertilité (Soltner, 2000) ; elle ne peut être conduite sur une même parcelle plus de deux années de suite sans compromettre significativement les rendements (baisse d’environ 200 quintaux/ha la deuxième année, soit −27 %) et le bénéfice net (baisse d’environ 180 000 DZD/ha la deuxième année, soit −46 %). La culture du blé vient casser la chaîne de transmission des maladies qui affectent les solanacées.

La figure 3 illustre le déplacement de la culture de la tomate entre les différentes parties du périmètre, sur la base d’une analyse d’images satellites d’une zone regroupant plusieurs exploitations agricoles et sélectionnée aléatoirement dans chacun des cinq secteurs du périmètre. Ces images satellites montrent d’abord la prédominance du système de rotation tomate/blé. Elles témoignent aussi du déplacement de la culture de la tomate, qui n’est presque jamais cultivée sur une même parcelle deux années de suite. En moyenne, elle revient sur une même parcelle au bout de 1,8 années. La figure 3 montre aussi que la tomate parvient à couvrir l’intégralité des superficies des zones illustrées en moins de 5 ans, attestant de sa pratique sur toute la superficie irrigable du périmètre.

thumbnail Fig. 3

Rotation interannuelle des cultures dans cinq zones du périmètre irrigué de Guelma entre 2015 et 2021.

Interannual crop rotation in five zones of the irrigated scheme of Guelma between 2015 and 2021.

4.3 Les locataires, maîtres d’œuvre du système d’assolement-rotation

Le système d’assolement-rotation de la tomate a émergé grâce à l’existence de locataires mobiles spécialisés dans la culture de tomate. Dans le secteur de Boumahra, la production de tomate est en effet principalement réalisée par des locataires (77 % de la superficie de tomate du secteur en 2020). La tomate est pratiquée par 96 % d’entre eux et occupe 60 % des superficies prises en location. Intéressés fondamentalement par la culture de la tomate, les locataires, dans leur majorité, ne cultivent pas de blé mais ne louent que des parcelles ayant le blé comme précédent cultural. Ils sont à la recherche de sols sains, fertiles et disposant d’un accès sécurisé à l’eau d’irrigation. Plus de 73 % des locataires interrogés changent de parcelle à chaque campagne, produisant ainsi de la tomate dans un endroit différent chaque année. Les autres (27 %) restent sur une même parcelle louée de 2 à 5 années et produisent tomate et blé au sein de ces mêmes parcelles, essentiellement en assolement interne et en rotation.

D’après nos enquêtes, les locataires sont en grande partie des entrepreneurs ayant accumulé un capital financier dans d’autres activités, notamment le commerce, et ce comparativement aux propriétaires cédants, tous sous contrainte de financement et/ou de travail et déclarant être incapables de cultiver la tomate (capacités d’autofinancement des locataires trois fois plus élevées). Les locataires disposent aussi d’une plus grande force de travail, notamment familiale, mais ne possèdent pas (83 %), ou peu (17 %), de terres irriguées. Ils exploitent en moyenne annuelle une superficie totale irriguée de 15 ha, contre 6 ha pour les propriétaires.

4.4 Le marché foncier locatif, également un marché de l’eau

L’émergence de la catégorie de locataires spécialisés dans la tomate n’aurait pas été possible sans un marché locatif important, dynamique, segmenté et à double objet : terre et eau. En 2020, 58 % des propriétaires fonciers interrogés dans le secteur irrigué de Boumahra ont pratiqué la location. Ils ont tous cédé en location la totalité de leurs terres irriguées, soit 62 % (465 ha) de la superficie totale de l’ensemble de l’échantillon (750 ha). La plupart des cédants interrogés (80 %), sous forte contrainte financière et/ou de travail et pratiquant en majorité d’autres activités économiques, louent leur terre d’une manière répétée pour la production de tomate et de blé, en moyenne depuis 2005. Les autres, relativement moins contraints, louent les terres pour la production de tomate et les récupèrent l’année suivante pour la production pluviale de blé en faire-valoir direct. Le marché foncier locatif est donc segmenté entre terres louées pour être irriguées et terres louées pour être cultivées en régime pluvial.

Sur le marché des terres destinées à l’irrigation, la transaction porte à la fois sur le droit d’usage de la terre, la rente de fertilité, et un droit d’accès à l’eau de l’ONID. Si le droit d’usage de la terre est effectif dès la conclusion de la transaction foncière, le droit à l’eau nécessite, pour être effectif, la conclusion d’une autre transaction avec une tierce partie, l’ONID. L’autre segment du marché locatif, qui correspond aux parcelles qui ne conviennent pas à la tomate du fait de leur occupation par cette culture l’année précédente, est nettement moins important. Les transactions y portent uniquement sur la terre. Cette segmentation du marché n’est pas rigide, chaque parcelle du secteur change de statut d’une année à une autre, selon le système de rotation-assolement présenté plus haut.

Les contrats de location sont informels, conclus oralement entre le locataire et le cédant, le plus souvent pour la durée de la saison de culture (six mois pour la tomate et huit mois pour le blé). Le montant du loyer (toujours payé en espèce avant la mise en culture) est à mettre en rapport avec la segmentation du marché locatif. En 2020, selon nos enquêtes, ce loyer était en moyenne de 93 000 DZD/ha (620 €) pour le foncier irrigué destiné à la tomate, de 45 000 DZD/ha (300 €) pour le foncier destiné au blé avec la tomate comme précédant cultural, et de 15 000 DZD/ha (100 €) pour le foncier non irrigable (hors périmètre, dans la commune limitrophe de Khezara).

Ce différentiel de prix montre que, dans le secteur irrigué, le marché locatif est un marché à double objet, le foncier et l’eau. À l’intérieur du périmètre, les 48 000 DZD/ha que les producteurs de tomate paient en plus, par rapport aux locataires des terres destinées au blé, rémunèrent le droit d’accès à l’eau de l’ONID et la fertilité requise pour la tomate. La différence de 30 000 DZD/ha entre les prix de location du foncier irrigable et du foncier non irrigué (hors périmètre) vient de la fertilité créée par le précédant cultural tomate (résidus des fertilisants, stock d’humidité du sol).

4.5 Les producteurs de blé, les raisons d’un renoncement au droit d’accès à l’eau

L’émergence du marché double, terre et eau, vient de l’intérêt que trouvent les principaux producteurs de blé à renoncer à leur droit d’accès à l’eau. Ce renoncement permet de maintenir l’attractivité du secteur irrigué pour les locataires producteurs de tomate.

La configuration productive actuelle permet aux propriétaires cédants cycliques et producteurs de blé de tirer des revenus moyens supérieurs à ce qu’ils auraient pu tirer d’une configuration où il n’y aurait pas de locataires producteurs de tomate. En effet, ils valorisent leurs terres d’une manière permanente, une année sous forme de foncier irrigué cultivé en tomate intensive qui améliore sa fertilité post récolte (du fait d’importants apports d’engrais), une autre année sous forme de « foncier irrigable », au sens de non irrigué à l’année en question – revenu total de 178 000 DZD/ha pour une campagne de location pour la tomate intensive irriguée puis la production de blé pluvial en faire-valoir direct, contre 120 000 DZD/ha pour deux campagnes de production de blé semi-intensif avec irrigation d’appoint. Ces propriétaires alternent ainsi, volontairement, leur participation au marché locatif. L’année où ils cèdent sur le premier segment, ils cèdent les deux objets à la fois et profitent de loyers élevés. L’année d’après, ils cultivent eux-mêmes leur terre et renoncent à utiliser leur droit à l’eau.

De même, la configuration productive en place permet à tous les locataires produisant du blé, majoritairement producteurs de tomate aussi, d’en tirer profit. Pour cette catégorie, le blé constitue une culture relativement moins rentable que la tomate, mais joue un rôle primordial dans le système de culture permettant à leur principale culture de se déplacer, et donc d’être cultivée. Etant spécialisés dans la tomate, les producteurs en question ont un intérêt direct à ce que l’eau soit concentrée sur cette culture. De même, l’existence d’autres locataires spécialisés dans la tomate ailleurs leur permet de profiter des résidus de fertilisants de ces derniers et de la rupture de la chaîne de transmission des maladies qui affectent les céréales, et donc d’améliorer leurs revenus issus du blé ; 85 000 DZD/ha pour du blé non irrigué ayant la tomate comme précédent cultural contre 60 000 DZD/ha pour une campagne de blé semi-intensif avec irrigation d’appoint mais sans la tomate comme précédent cultural.

5 Discussion

Nos résultats mettent en évidence trois mécanismes complémentaires expliquant l’actuelle configuration agricole du secteur de Boumahra du périmètre de Guelma en Algérie. Le premier concerne le marché foncier locatif. Nos résultats concordent avec les travaux qui documentent son développement dans les contextes à haut potentiel productif (Amichi et al., 2016 ; Daoudi et al., 2017 ; Zhang et al., 2020 ; Colin et Daoudi, 2022). Ils vont aussi dans le même sens de ceux des études identifiant des configurations dominantes de tenure inversée dans des conditions de compétitivité similaires (Colin, 2014 ; Sharma et Malik, 2022). Notre étude souligne également un risque d’exclusion d’exploitants pauvres, qui a été abondement documenté dans les cas de tenure inversée, sous la forme d’une substitution des propriétaires ne pouvant pas suivre l’évolution technico-économique par des tenanciers plus performants, un processus que Colin et Daoudi (2022) désignent par « pression de sélection », ou sous la forme d’une substitution de tenanciers pauvres par des tenanciers plus aisés, un processus que Byres (1981) qualifie de « tenant switching ».

Le deuxième mécanisme a trait aux considérations techniques faisant de la mobilité de la culture de la tomate le principal facteur de la dynamique du marché foncier locatif. Cette relation entre des impératifs techniques et le fonctionnement du marché foncier a été relevée au Mexique (Colin, 2003) et en Algérie (Derderi et al., 2015) pour la culture de la pomme de terre, qui, comme la tomate, est exigeante en termes de fertilité et sensible aux maladies. Dans ces différents contextes, les locataires optimisent leurs rendements en recherchant en permanence des terres saines et fertiles et changent de parcelle chaque campagne, produisant ainsi la pomme de terre ou la tomate en itinérance.

Le troisième mécanisme concerne le mode de gouvernance de l’eau. L’adoption des mécanismes d’allocation de l’eau par les prix, informelle dans notre cas d’étude, a été également soulignée dans le contexte français (Erdlenbruch et al., 2013) et australien (Lefebvre et al., 2012). En Australie, la défaillance des mécanismes de rationnement a conduit à leur remplacement formel et progressif par des dispositifs endogènes basés sur la gestion par les prix, jugés plus efficaces (Lefebvre et al., 2012).

6 Conclusion

Notre étude illustre le rôle important que joue le marché foncier locatif dans la réallocation des ressources terre et eau, permettant leur affectation à des cultures à haute valeur ajoutée. Via ce marché, la plupart des propriétaires fonciers, souvent sous contrainte de financement, se trouvent remplacés par des locataires qui disposent de plus de moyens et louent pour accéder à la terre et à l’eau. Il s’agit donc d’un marché double, assurant un accès simultané au foncier et à l’eau. Produisant essentiellement de la tomate industrielle, très rentable, en intensif et en assolement itinérant sur tout le périmètre, ces locataires améliorent la productivité de toutes les terres au moment de leur passage, mais aussi après (via les résidus de fertilisants). Cela augmente les rendements du blé et dissuade les céréaliculteurs de demander leur part d’eau, permettant sa concentration sur la tomate industrielle.

Cette dynamique est rendue possible grâce à deux caractéristiques intrinsèques du marché du faire-valoir indirect, qui sont devenues celles de l’agriculture locale suite au développement de la location dans la région. La première concerne le principe de concurrence par le prix, sur lequel repose naturellement tout marché, principe qui a fini par cacher le système de rationnement par les quantités, adopté formellement par l’ONID. La concurrence conduit à l’allocation des ressources aux acteurs les mieux dotés. La deuxième caractéristique concerne le caractère mobile des locataires. Cette mobilité conduit à la dispersion de certaines externalités positives sur tout le périmètre et permet à tous les propriétaires d’accéder aux avantages de la dynamique en place. Ainsi, l’émergence de marchés fonciers dynamiques dans des contextes similaires, en Algérie ou ailleurs, semble être avantageux pour la valorisation des ressources rares.

Notons enfin que la dynamique décrite pose la question de la durabilité de ce type de systèmes de production – en la matière, la littérature abonde d’illustrations inclinant au pessimisme. Dans le contexte étudié, ces questions, d’ordre environnemental (surexploitation et dégradation des ressources), économique (réduction de la taille des exploitations et instabilité des paires preneurs-cédants), et d’équité (exclusion des agriculteurs pauvres et/ou petits), ne sont pas anodines et demandent encore à être étudiées.

Références

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Citation de l’article : Assassi S, Daoudi A, Amokrane A. 2022. Le marché foncier comme dispositif de réallocation de l’eau dans le périmètre irrigué de Guelma, Algérie. Cah. Agric. 31: 31. https://doi.org/10.1051/cagri/2022028

Liste des tableaux

Tableau 1

Part des différentes cultures dans la consommation d’eau et la superficie irriguée en 2020.

Share of different crops in water consumption and irrigated area in 2020.

Liste des figures

thumbnail Fig. 1

Localisation de la zone d’étude.

Location of the study area.

Dans le texte
thumbnail Fig. 2

Évolution de la production de tomate au sein du périmètre irrigué de Guelma entre 2018 et 2021.

Evolution of tomato production in the Guelma irrigated scheme between 2018 and 2021.

Dans le texte
thumbnail Fig. 3

Rotation interannuelle des cultures dans cinq zones du périmètre irrigué de Guelma entre 2015 et 2021.

Interannual crop rotation in five zones of the irrigated scheme of Guelma between 2015 and 2021.

Dans le texte

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