Open Access
Article de recherche / Research Article
Issue
Cah. Agric.
Volume 30, 2021
Article Number 35
Number of page(s) 15
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2021019
Published online 24 August 2021

© H. Saci et E. Berezowska-Azzag, Hosted by EDP Sciences 2021

Licence Creative CommonsThis is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License CC-BY-NC (https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, except for commercial purposes, provided the original work is properly cited.

1 Introduction

Dans un contexte de crises économique, écologique et sanitaire, l’enjeu de sécurité alimentaire urbaine devient vital, notamment avec l’accroissement de la population urbaine estimée à plus de la moitié de la population mondiale (Clos, 2018). Nous définissons la sécurité alimentaire urbaine comme la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de base d’une population urbaine donnée grâce à un aménagement spatio-fonctionnel spécifique (réseaux, équipements, infrastructures, institutions, moyens) qui rend accessible l’alimentation en ville et relève d’une politique de développement durable du territoire. Actuellement, la satisfaction de ces besoins passe soit par l’augmentation de la productivité agricole et la lutte contre le gaspillage alimentaire et/ou par l’importation alimentaire. Or, si la première solution est entravée par les effets du changement climatique (érosion des terres et dégradation des écosystèmes) et les grandes distances dans la chaîne productive, la seconde ne peut être soutenable à cause des crises financières mondiales. Fragilisées déjà par la crise alimentaire de 2008 qui avait impacté négativement les prix des produits agricoles, les villes, notamment celles du Sud, revivent une seconde crise liée à la pandémie de Covid-19 et la fermeture des frontières démontrant, encore une fois, la faiblesse du système agro-industriel mondial et faisant ainsi ré-émerger le concept de souveraineté alimentaire locale. Cette dernière désigne le droit des pays ou des villes à définir leurs politiques alimentaires sans dépendance de l’extérieur (Lazereg et al., 2020) en décidant de leur propre système productif afin d’assurer des aliments accessibles, nutritifs et culturellement adéquats (Charlier et Warnotte, 2007). Cette situation met en évidence la nécessité de faire évoluer les systèmes alimentaires à travers leur relocalisation, diversification, organisation et intégration (Loconto, 2020). Nous entendons par système alimentaire, l’ensemble organisé d’activités, de produits, de moyens, d’infrastructures et d’acteurs impliqués dans la sécurisation alimentaire à une échelle territoriale donnée (commune ou intercommunalité, ville, métropole, région, pays) et dont l’efficacité relève du management territorial par les collectivités correspondantes.

Le phénomène de relocalisation du système alimentaire existe déjà depuis les années 1990 à travers une nébuleuse de pratiques et d’acteurs se réclamant en rupture avec le système agroalimentaire conventionnel (Deverre et Lamine, 2010). Il a fait naître des modèles alimentaires alternatifs en réponse au risque d’insécurité alimentaire locale. Les modèles alimentaires alternatifs se basent sur le concept des circuits courts, qui ont l’avantage de dynamiser l’économie locale, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’empreinte écologique et de valoriser la biodiversité locale (Kmec, 2016). Ils compensent ainsi les déficiences écologiques, économiques et sociales causées par le modèle agro-industriel mondial. Sur le plan théorique, la littérature scientifique fait ressortir principalement trois modèles alimentaires alternatifs : le système alimentaire territorialisé (SAT) ; le City-Region Food System (CRFS – Système alimentaire ville-région) et le système alimentaire urbain intelligent (SAUI). Si les deux premiers modèles sont largement connus et diffusés internationalement, le SAUI est, selon nous, un modèle encore en émergence, grâce à des projets expérimentaux, et n’est pas encore reconnu en tant que modèle à part entière.

La littérature relative à ces modèles met en évidence leur rôle dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et le développement local. Cependant, très peu de travaux – voire aucun – se sont penchés sur leur analyse critique au prisme de leur performance dans l’intégration des objectifs de développement durable (ODD) de l’agenda 2030, qui représente la feuille de route pour des systèmes résilients. De plus, l’approche spatiale par l’aménagement urbain durable demeure quasiment absente dans les quelques travaux d’analyse existants. Il s’agit d’un processus continu, itératif, participatif, holistique et transversal de planification, programmation, conception, réalisation et suivi de l’organisation spatio-fonctionnelle d’un projet alimentaire selon des objectifs préalablement ciblés (optimisation fonctionnelle, santé publique, développement économique local, accessibilité alimentaire, etc.).

C’est pour contribuer à combler ce manque que ce travail propose une évaluation théorique de la performance des modèles alimentaires alternatifs dans l’intégration des ODD par l’aménagement urbain durable (AUD). La première partie de l’article présente une définition des SAT, CRFS et SAUI sur le plan spatio-fonctionnel et selon les quatre domaines de l’écosystème urbain. La deuxième partie présente le cadre méthodologique de l’évaluation par une analyse multicritère choisie après l’identification des méthodes d’analyse existantes. La troisième partie présente et discute les résultats avant de conclure par la discussion des apports théoriques et méthodologiques de ce travail et les perspectives de recherche qu’il ouvre.

2 Définition des différents modèles alimentaires alternatifs

Sur la base d’une revue de littérature, nous définissons, dans ce qui suit, les trois modèles alimentaires alternatifs retenus pour l’analyse (Tab. 1). En plus des définitions, des exemples concrets de ces modèles sont donnés dans l’Annexe I disponible en matériel supplémentaire.

Tableau 1

Modèles alimentaires alternatifs (M2A) et leurs caractéristiques selon les performances de durabilité urbaine.

Alternative food models (AFMs) and their characteristics according to urban sustainability performance.

2.1 Système alimentaire territorialisé (SAT)

Le modèle territorialisé (SAT) est né en croisant trois concepts : territoire, filière agroalimentaire et résilience. Les travaux de Rastoin (2016) sont pionniers dans la conceptualisation de ce modèle, décrit comme un « ensemble de filières agroalimentaires répondant aux critères du développement durable, localisées dans un espace géographique de dimension régionale et coordonnées par une gouvernance territoriale » (Rastoin, 2016). Le SAT vise une bonne gestion des ressources naturelles à l’échelle régionale tout en limitant l’impact sur l’environnement. Pour cela, il se base sur une double proximité spatiale et fonctionnelle. La première rapproche les filières productives (végétales, animales et forestières) selon les préceptes de l’agro-écologie, tandis que la seconde rapproche l’agriculture et les industries agroalimentaires. Ainsi, des réseaux alimentaires locaux se forment et mutualisent des ressources locales dans le cadre d’un bassin de consommation proche de 1 à 5 millions d’habitants, se développant sur des territoires régionaux, urbains et ruraux.

Le développement d’un SAT est généralement lié à la présence de ressources naturelles et paysagères particulières ainsi qu’à un savoir-faire local. Leur combinaison engendre de nouvelles formes de production visant à valoriser le patrimoine naturel et humain local par un processus d’ancrage territorial porté par les acteurs économiques et civils du territoire. L’économie circulaire, l’innovation et l’écologie jouent un rôle important dans un SAT et contribuent à développer la résilience du modèle face au changement climatique (Rastoin et al., 2016).

2.2 City-Region Food System (CRFS)

Le City-Region Food System (CRFS) ou système alimentaire ville-région vise à rapprocher l’alimentation des régions urbaines à travers la relocalisation de l’agriculture autour de la ville (Brand et al., 2017). Un CRFS est défini comme « un réseau complexe d’acteurs, de processus et de relations en rapport avec la production, la transformation, la commercialisation et la consommation alimentaires qui existent dans une région géographique donnée comprenant un centre urbain plus ou moins dense et son arrière-pays périurbain et rural » (Blay-Palmer et al., 2018). Cette conception est basée sur les flux de personnes, de biens, de ressources et de services écosystémiques entre la ville et son territoire (Tecco et al., 2017). L’un des objectifs d’un CRFS est de réduire l’empreinte écologique de l’alimentation. Ainsi, en plus de rapprocher les bassins productifs des villes, les déchets urbains peuvent être valorisés dans les zones périurbaines pour produire de l’énergie et des nutriments dans une logique de boucles métaboliques (Forster et al., 2015). À travers la création de liens espace urbain/espace péri-urbain/arrière-pays, un CRFS cherche aussi à réduire les inégalités territoriales et la marginalisation des petits producteurs en les intégrant dans des circuits courts qui les relient aux marchés urbains. La proximité de la ville leur permet aussi d’accéder aux ressources et services qu’elle offre, comme le transport, la transformation et les financements (FAO, 2014). Dans ce modèle, l’aire métropolitaine s’érige comme l’échelle idéale pour mettre en place des politiques alimentaires adaptées aux contextes socio-économiques et environnementaux locaux (Forster et al., 2015).

2.3 Système alimentaire urbain intelligent (SAUI)

Nous considérons le SAUI comme un modèle alimentaire alternatif émergent, dont les signaux faibles sont les projets expérimentaux d’agriculture urbaine et de symbiose industrielle locale. L’agriculture urbaine et la symbiose industrielle sont vues comme les facteurs de résilience de ce modèle face au changement climatique et aux risques naturels et sanitaires. L’agriculture urbaine est une solution d’avenir qui pourrait améliorer la sécurité alimentaire urbaine, notamment pour les villes vulnérables (Specht et al., 2014). Elle repose sur un système productif hybride qui associe des technologies hard et soft. Les premières sont des technologies de bas rendement et concernent l’agriculture située dans les interstices urbains. Les secondes sont plutôt de haut rendement et intelligentes, dont l’exemple le plus connu est celui des fermes verticales popularisées par Despommier (2010) et qui pourraient répondre au problème de pénurie de terres arables dans les villes denses (Benis et Ferrão, 2017). Les entités productives du SAUI doivent s’intégrer dans un cycle métabolique fermé qui englobe les autres flux de matières urbaines comme les déchets organiques, l’eau et l’énergie. Le métabolisme circulaire permet ainsi d’optimiser le modèle sur les plans économique, environnemental et social (Lange et al., 2017).

Sur le plan spatial, des travaux mêlant recherches et expériences de terrain œuvrent pour intégrer le SAUI dans une nouvelle approche architecturale et urbanistique (Verzone et Dind, 2011). L’aménagement urbain qui en découle doit prendre en charge l’aspect multifonctionnel de l’agriculture urbaine (Aubry et Pourias, 2013) et repenser les intercommunalités urbaines sous l’angle des symbioses industrielles (circuits courts spécialisés, mutualisation des déchets et des équipements, etc.) et des seuils de densités (Berezowska-Azzag et al., 2014).

3 Méthodologie

3.1 Choix de la méthode

Dans la littérature scientifique, il existe 12 méthodes multicritères d’évaluation de la durabilité agricole que Van Der Werf et Petit (2002) ont caractérisées selon l’objet d’évaluation, l’approche utilisée et la dimension considérée. Parmi elles, nous pouvons citer la méthode par Indicateurs de durabilité des exploitations agricoles – IDEA (Zahm et al., 2019), la méthode par les Indicateurs agro-écologiques (Girardin et Bockstaller, 1997) ou la méthode par analyse du cycle de vie pour l’agriculture (Pradel, 2011). Cependant, ces méthodes ne pouvaient s’appliquer ici pour deux raisons. D’une part, elles évaluent la durabilité de l’agriculture à l’étape de la production, or notre analyse des modèles alimentaires alternatifs se veut systémique et intégrée en prenant en considération à la fois les éléments de durabilité de référence d’un système alimentaire (sécurité alimentaire, résilience au changement climatique, innovation, etc.) et ceux de son intégration spatiale urbaine (planification intégrée, structure spatiale, infrastructures et fonctions, gouvernance participative, etc.). D’autre part, elles sont non exhaustives dans la mesure où chacune s’intéresse à un domaine particulier de la durabilité qui peut être soit environnemental, économique ou social (Halimi, 2014). En revanche, analyser la durabilité urbaine d’un modèle alimentaire nécessite de le considérer selon une approche exhaustive qui tienne compte à la fois de tous les domaines de durabilité écosystémique. C’est pourquoi nous avons établi notre propre méthode d’analyse multicritère qui se base sur le croisement de deux approches évaluatives complémentaires déclinées en cibles d’analyse. Du point de vue théorique, sans prétendre être exhaustive, notre méthode se veut plus holistique que les méthodes existantes d’évaluation des performances de durabilité des systèmes agricoles.

3.2 Choix des approches évaluatives et des cibles d’analyse

3.2.1 Approche normative par les objectifs de développement durable (ODD)

En vue d’analyser la durabilité d’un modèle alimentaire, il est important d’adopter d’abord une approche normative de référence. Une telle approche a pour rôle d’indiquer la direction à prendre pour aller vers la concrétisation des visions et objectifs de durabilité dans les modèles (Sala et al., 2015). Dans notre analyse, cette approche normative est incarnée par les 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’agenda 2030 défini par l’ONU. Ils constituent un référentiel théorique et descriptif qui implique les cibles et actions à mettre en œuvre pour que le modèle alimentaire soit durable (Zahm et al., 2019). Ce choix s’explique d’abord par la nature transversale, systémique et intégrée des ODD, dont beaucoup touchent directement ou indirectement à la thématique alimentaire. D’un autre côté, il existe un consensus mondial sur les objectifs de l’ONU, qui leur confère un caractère légitime en tant que cadre d’analyse.

3.2.2 Approche opérationnelle par l’aménagement urbain durable (AUD)

L’aménagement urbain durable (AUD) est le moyen d’intégration et de mise en œuvre de la durabilité urbaine. Il implique des politiques de planification urbaine et des outils stratégiques et opérationnels comme l’Agenda 21, un Plan climat-air-énergie territorial ou un Projet alimentaire territorial (Jégou et al., 2012). L’AUD est alors un outil qui permet, de manière générale, de rendre opérationnels des objectifs de développement durable et, de manière spécifique, d’intégrer le système alimentaire en milieu urbain. Dans le cadre de notre analyse, nous considérons l’AUD comme une approche évaluative opérationnelle qui permet de vérifier le degré d’intégration urbaine des ODD dans les modèles alimentaires alternatifs étudiés et de dépasser l’aspect normatif de l’analyse en l’inscrivant dans une approche théorique spatiale et opérationnelle. Nous considérons que les deux démarches évaluatives choisies sont complémentaires.

3.2.3 Choix des domaines et cibles d’évaluation concernés par l’analyse

La définition des domaines et cibles d’évaluation s’est faite à travers un travail bibliographique relatif aux ODD et à l’AUD, selon le principe du respect des critères suivants :

  • constat d’un lien direct et fort avec la durabilité urbaine d’un système alimentaire ;

  • possibilité de vérification des cibles dans chaque modèle grâce à l’existence d’une revue de littérature descriptive.

Les principales références bibliographiques sont le site des Nations Unies (2020) et le Cerema, 21 C (2019) pour les ODD ; le Référentiel européen des villes et territoires durables (RFSC : http://rfsc.eu/) ; Boutefeu (2006) pour la méthode RST02 ; l’Agence régionale pour l’environnement de Midi-Pyrénées en France pour les indicateurs de développement urbain durable ; Charlot-Valdieu et Outrequin (2004) pour la méthode HQE2R ; et Srir (2013) pour les référentiels de l’aménagement urbain durable. Ces références nous ont permis d’identifier 4 domaines de l’écosystème urbain (gouvernance, société, économie, environnement) et 19 cibles d’évaluation pour l’AUD (Tab. 2), ainsi que 7 domaines et 24 cibles pour les ODD, notamment : ODD 2 « Sécurité alimentaire et agriculture durable » ; ODD 8 « Travail décent et croissance économique » ; ODD 9 « Industrie, innovation et infrastructures » ; ODD 11 « Villes et communautés durables » ; ODD 12 « Consommation et production responsables » ; ODD 13 « Lutte contre le changement climatique » et ODD 15 « Vie terrestre » (Tab. 3).

En raison du caractère systémique et transversal des ODD, certains d’entre eux n’ont pas été retenus pour l’analyse afin d’éviter des redondances. À titre d’exemple, parmi les cibles de l’ODD 1 « réduction de la pauvreté », figure l’accès à la nourriture, l’amélioration de la résilience des villes et l’adaptation au changement climatique qui sont déjà prises en charge respectivement par les ODD 2, 11 et 13. Un autre exemple est celui de l’ODD 6 « eau propre et assainissement » dont les cibles sont liées à celles de l’ODD 2 par les pratiques agricoles résilientes (capacité d’adaptation aux sécheresses et inondations), de l’ODD 12 par la gestion durable et rationnelle des ressources naturelles dont l’eau et de l’ODD 15 à travers la préservation des écosystèmes terrestres.

Tableau 2

Dix-neuf cibles de l’approche opérationnelle par l’aménagement urbain durable (AUD).

Nineteen targets of the operational approach by Sustainable Urban Planning (SUP).

Tableau 3

Vingt-quatre cibles de l’approche normative par les objectifs de développement durable (ODD).

Twenty-four targets of the normative approach by Sustainable Development Goals (SDG).

3.3 Structure de la matrice d’analyse multicritère et méthode d’évaluation

La figure 1 montre le canevas de la matrice servant à l’analyse multicritère d’évaluation de la performance des modèles alimentaires alternatifs dans la prise en charge des ODD par l’aménagement urbain durable, avec les 24 cibles des ODD disposées en colonnes et les 19 cibles de l’AUD en lignes. La matrice est renseignée séparément pour chaque modèle alimentaire alternatif et interroge les relations entre les cibles selon : (1) l’appropriation des ODD par les 4 domaines de l’écosystème urbain (lecture horizontale des relations) et (2) l’adéquation des 19 cibles de l’AUD aux 7 ODD (lecture verticale des relations). En considérant les états de savoir issus des lectures et exemples étudiés, une relation correspond à un croisement vérifié d’une cible ODD avec une cible AUD, selon la question préalablement définie : « Est-ce que la cible A de l’ODD α est prise en charge par la cible B du domaine β de l’AUD ? ». Le signe [X] renseigné dans la case de croisement indique l’existence d’une relation. Les grilles ont été remplies de manière séparée par les auteurs de l’article en leur qualité d’experts dans le domaine de l’aménagement urbain durable et connaisseurs des particularités de chaque modèle (Annexes II, III et IV disponibles en matériel supplémentaire). À l’issue de l’exercice, la comparaison des matrices a fait ressortir pour chaque modèle des croisements litigieux, discutés ensuite et résolus avec l’appui d’experts externes consultés en cas de doute.

Dans la matrice, les croisements ont été interprétés par des scores. Le score obtenu par chaque cible d’analyse est égal à la somme des signes [X] par colonne (score d’adéquation des cibles de l’AUD aux ODD) et par ligne (scores d’appropriation des cibles ODD par les 4 domaines de l’écosystème urbain). Sur cette base, trois taux ont été calculés pour chaque modèle alimentaire alternatif : un taux d’adéquation des 4 domaines de l’AUD avec les ODD ciblés (formule (1)), un taux d’appropriation des 7 ODD par les domaines de l’écosystème urbain (formule (2)) et un taux de performance urbaine globale par modèle (formule (3)).

Taux de prise en charge des ODD par l’aménagement urbain durable (TAUD) : (1)

Taux d’appropriation des ODD par domaine de l’écosystème urbain (TODD) : (2)

Taux de performance urbaine globale pour le modèle donné (TModèles Alimentaires Alternatifs) : (3)

Il convient de préciser que :

  • le seuil de performance souhaitable du modèle est fixé au 2/3 du taux donné ;

  • aucune pondération n’est appliquée dans cette méthode, qui considère tous les ODD et tous les AUD également importants dans la performance théorique du modèle.

Cependant, la contextualisation de l’évaluation pourrait changer les résultats en fonction des paramètres locaux qui seront discutés plus bas. Les contraintes liées aux enjeux et aux politiques locales de développement durable seraient alors susceptibles de modifier le poids des ODD et de leurs cibles, alors que les contraintes d’ordre juridique, foncier, financier, technique et technologique, pourraient influer sur les capacités locales de prise en charge des ODD et modifier le poids des domaines d’aménagement urbain durable.

thumbnail Fig. 1

Canevas de la matrice d’évaluation de la performance des modèles alimentaires alternatifs (M2A) dans la prise en charge des ODD par l’aménagement urbain durable (AUD).

Matrix framework for assessing the performance of alternative food models (AFMs) in implementing the SDGs through Sustainable Urban Development (SUD).

4 Résultats et discussion

Les résultats des analyses nous ont permis de définir les niveaux de performance de chaque modèle alimentaire alternatif par rapport à la prise en charge des ODD dans l’aménagement urbain durable. Les graphes comparatifs des résultats illustrent les taux d’intégration des 7 ODD ciblés ainsi que les taux d’adéquation des 4 domaines de l’AUD dans chaque modèle (Fig. 2 et 3). On remarque d’abord que le degré de performance des modèles évolue graduellement en fonction du degré de leur proximité urbaine.

En effet, les taux d’intégration des 7 ODD ciblés dans le SAUI se situent au niveau ou au-dessus du seuil minimum moyen d’intégration des ODD. Ce serait alors le modèle le plus performant. À l’opposé du SAUI, le SAT serait le modèle le moins performant avec des taux d’intégration qui se situent en dessous du seuil. Quant au CRFS, ses taux d’intégration sont parfois supérieurs, parfois inférieurs, au seuil défini ; il peut être alors considéré comme un modèle de performance moyenne. Nous pouvons expliquer ces résultats par le fait que les villes et les régions urbaines deviennent les échelons adéquats pour la construction de systèmes alimentaires durables (Viljoen et Wiskerke, 2012) pour faire face à la « nouvelle équation alimentaire » (Morgan et Sonnino, 2010) qui inclut le changement climatique, l’urbanisation accélérée et les externalités négatives du modèle agro-industriel dominant. Cette tendance est conjointe à celle de la décentralisation qui offre une marge de manœuvre non négligeable aux collectivités locales pour intégrer la question alimentaire dans les stratégies de développement local et de planification urbaine.

Cependant, malgré les différences de performance, les 3 modèles ont en commun un même objectif fondamental qui est celui de la consommation et la production responsables (ODD 12). Ce dernier affiche les taux d’intégration les plus importants dans les 3 modèles (82 % dans le SAUI, 75 % dans le CRFS et 53 % dans le SAT). Cela s’explique par le fait que les ressources naturelles sont considérées comme vitales pour des systèmes alimentaires durables comme le SAT, le CRFS et le SAUI qui prônent une diversité de l’alimentation la plus forte possible, soutenue par la diversité biologique locale, support des modèles durables contrairement au modèle agro-industriel mondialisé. Aussi, une complémentarité des objectifs entre ces modèles pourrait-elle être envisagée, vu leurs profils d’échelle et d’objectifs différents. En effet, la comparaison des taux d’adéquation des 4 domaines de l’AUD avec les ODD ciblés dans les 3 modèles analysés, fait ressortir un profil économique pour les le SAT et le CRFS en rapport avec leur taux d’adéquation le plus élevé, à savoir, 60 % et 77 % respectivement. Quant au SAUI, c’est plutôt un profil socio-environnemental qui ressort avec des taux d’adéquation de 73 % dans le domaine social et 80 % dans celui environnemental.

La sécurité alimentaire urbaine pourrait, d’après les résultats de cette évaluation, être améliorée fondamentalement grâce aux modèles urbains que sont le SAUI et le CRFS. En plus de l’intégration de l’ODD 12 (consommation et production responsables), les deux modèles intègrent aussi de manière importante l’ODD 11 relatif aux villes et communautés durables (82 % dans le SAUI, 75 % dans le CRFS). En effet, la durabilité des villes de manière générale et du système alimentaire de manière spécifique, est le fruit des efforts des collectivités en termes de renforcement de l’urbanisation inclusive (liens fonctionnels entre zones urbaines et zones périurbaines) et durable (protection du patrimoine naturel et gestion efficace des déchets) dans le cadre d’une planification urbaine holistique qui prend en charge les circuits courts alimentaires, les services de proximité, l’agriculture urbaine et péri-urbaine, les densités optimales et le métabolisme circulaire. Par ailleurs, avec une importance moindre et presque similaire, le SAUI et le CRFS intègrent l’ODD 8 (travail décent et croissance économique), dont les taux se situent autour du seuil minimum moyen d’intégration (65 % et 63 % respectivement). Le développement économique à l’échelle urbaine est inhérent à la créativité des entreprises locales qui participent à l’efficience de la chaîne productive et à la création de valeurs ajoutées par des technologies et procédés innovants mis en œuvre dans toutes les actions de programmation et de conception d’aménagement.

La préservation durable des écosystèmes (ODD 15) est, toutefois, plus intégrée dans le CRFS que dans le SAUI (72 % et 66 % respectivement). C’est effectivement à l’échelle métropolitaine que se situe l’enjeu de complémentarité fonctionnelle et de conciliation des objectifs économiques et environnementaux d’une région urbaine. Les collectivités doivent assurer la coordination de l’aménagement urbain par le biais de plans métropolitains, cruciaux pour l’optimisation des infrastructures et des équipements urbains servant aussi bien à l’industrie, à l’habitat et à l’agriculture en vue de préserver l’équilibre des écosystèmes. Du point de vue environnemental, ces plans doivent tenir compte de la préservation des grands écosystèmes et de la biodiversité ainsi que de la protection du système alimentaire des catastrophes naturelles (inondations et érosions).

Le modèle du SAUI affiche une meilleure capacité à améliorer la sécurité alimentaire urbaine que le modèle ville-région à travers un taux d’intégration de l’ODD 2 « sécurité alimentaire et agriculture durable » nettement supérieur (79 % et 53 % respectivement). La sécurité alimentaire à l’échelle de la ville est confortée par l’essor de « l’urbanisme agricole » (Boucher, 2009) qui prône l’intégration de l’agriculture à la croissance urbaine. Pour ce faire, la planification urbaine vise à créer un environnement qui appuie l’agriculture urbaine (soft et/ou hard) par le développement d’équipements et d’infrastructures, souvent innovants, ce qui explique le taux d’intégration important de l’ODD 9 « industries, innovations et infrastructures » dans le SAUI (72 %).

L’environnement ainsi créé doit afficher une densité urbaine optimale pour respecter la capacité de charge urbaine, permettre des déplacements durables et un fonctionnement optimisé des équipements. L’autonomie alimentaire locale et l’augmentation des capacités productives urbaines constituent des enjeux mobilisateurs pour lesquels tout un appareil scientifique et technique s’érige afin de créer des systèmes alimentaires urbains intelligents, collaboratifs, sobres et robustes. L’innovation urbaine réside aussi dans la construction de nouveaux agencements politiques locaux et de nouveaux modes de gouvernance urbaine participative et prospective, d’où le fort taux d’adéquation du domaine de gouvernance aux ODD ciblés dans le SAUI (70 % contre 67 % et 52 % pour le CRFS et le SAT respectivement).

Bien que les résultats obtenus confortent notre hypothèse de départ, l’évaluation présente deux limites principales. La première est que l’évaluation a été effectuée sur les modèles théoriques, elle reste donc abstraite. Dans le cas d’un contexte donné, l’évaluation devrait intégrer la pondération des ODD selon l’importance des enjeux locaux qui diffère d’un contexte à un autre (changement climatique, crise écologique, crise énergétique, degré d’urbanisation, efficacité de la gouvernance, faiblesse d’intégration scientifique et technologique, compétences humaines, etc.). De ce fait, la formule de calcul des taux d’intégration des ODD devrait intégrer des coefficients tels que celui de la capacité de gestion ou d’adaptation des collectivités locales concernées ou la disponibilité des moyens d’action. Dès lors, ces coefficients pourraient augmenter ou diminuer le taux dans un domaine donné de manière proportionnelle ou inversement proportionnelle, contrairement à une évaluation théorique telle que réalisée dans cet article.

La deuxième limite concerne les cas litigieux, dont le taux le plus important a été observé dans le modèle du CRFS (12 % de croisements). La difficulté principale résidait dans la définition du périmètre du bassin fonctionnel concerné, la disponibilité des outils et instruments d’aménagement urbain/territorial correspondants, indispensables à la gestion des complémentarités spatio-fonctionnelles, et l’absence du cadre juridique et financier nécessaire pour ce modèle dans bien des contextes. Il est évident que pour arriver à des consensus, une démarche participative élargie devrait être engagée, intégrant des profils professionnels diversifiés et capables de garantir l’objectivité de l’analyse.

Enfin, l’essor du SAUI comme un modèle durable et résilient ne peut se concrétiser qu’à partir d’une approche opérationnelle qui dépendra fortement des capacités des acteurs locaux à intégrer tous les aspects de planification, de programmation et d’intelligence urbaines dans le cadre d’un projet alimentaire urbain (Fig. 4). Ce dernier devrait se doter d’outils (de diagnostic, de planification, d’orientation, de programmation, juridiques, etc.) qui permettent aux acteurs d’agir sur l’alimentation et sa durabilité à l’échelle de la ville ou de l’intercommunalité. Le projet devrait prendre en charge à la fois le volet biotechnique (processus du système) et d’aménagement urbain (population, équipement, infrastructures, ressources) selon une approche systémique basée sur des boucles d’équilibrage à différents niveaux (demande alimentaire et potentiel biophysique, régénération des ressources et planification aux états limites, production et agriculture urbaine, etc.). Le but étant d’optimiser le système sur le plan spatial et fonctionnel et d’assurer alors un équilibre entre demande alimentaire urbaine et potentiel biophysique. Le modèle SAUI pourrait alors être conçu comme un ensemble de boucles fonctionnelles dont l’optimisation devrait être discutée par une recherche approfondie.

thumbnail Fig. 2

Taux d’integration des 7 ODD ciblés dans les modèles alimentaires alternatifs (M2A).

Integration rates of the seven targeted SDGs in alternative food models (AFMs).

thumbnail Fig. 3

Taux d’adéquation des 4 domaines de l’aménagement urbain durable (AUD) avec les ODD ciblés dans les modèles alimentaires alternatifs (M2A).

Adequacy rates of the four Sustainable Urban Planning (SUP) domains with the targeted SDGs in the alternative food models (AFMs).

thumbnail Fig. 4

Modèle théorique du système alimentaire urbain intelligent (SAUI).

Theoretical model of Smart Urban Food System (SUFS).

5 Conclusion

Le travail d’évaluation de la performance des modèles alimentaires alternatifs dans la prise en charge des ODD dans l’aménagement urbain durable a donné lieu aux principaux apports suivants :

  1. La proposition d’une méthode d’évaluation que nous jugeons innovante par l’association d’approches différentes (normative et opérationnelle) et plus exhaustive que les méthodes existantes à caractère plutôt thématique ou sectoriel, malgré son caractère théorique ;

  2. L’identification conceptuelle des profils caractéristiques des systèmes alimentaires quant à leurs objectifs et leur performance de durabilité, aussi bien dans le domaine social et environnemental qu’économique ;

  3. La reconnaissance de l’utilité de développement du système alimentaire urbain comme nouveau modèle à part entière qui mériterait d’être formalisé et appliqué dans le domaine de programmation innovante des fonctions urbaines, de planification, de conception et d’aménagement urbain à l’aide d’outils d’ingénierie territoriale intelligente.

Ce travail débouche sur deux perspectives de recherche. La première vise à formaliser une méthode d’évaluation contextuelle de la durabilité urbaine des modèles alimentaires alternatifs par la définition d’un système de pondération ou de hiérarchisation des ODD selon les spécificités environnementales, socioéconomiques, urbaines et de gouvernance d’un contexte urbain concret. La deuxième s’intéresse à la modélisation théorique d’un SAUI et questionne sa capacité, sur le plan empirique, à améliorer la sécurité alimentaire locale. Cette dernière est explorée par nos travaux de recherche en cours, qui portent sur la ville d’Alger, et qui feront l’objet d’une prochaine publication.

Références

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Citation de l’article : Saci H, Berezowska-Azzag E. 2021. Sécurité alimentaire et durabilité urbaine des modèles alimentaires alternatifs : analyse multicritère basée sur les objectifs de développement durable et l’aménagement urbain durable. Cah. Agric. 30: 35.

Matériel supplémentaire

Annexe I. Exemples de projets SAT, CRFS et SAUI.

Annexe II. Matrice d’analyse multicritère ODD/AUD pour l’estimation de la performance urbaine du SAT en vue d’améliorer la sécurité alimentaire urbaine.

Annexe III. Matrice d’analyse multicritère ODD/AUD pour l’estimation de la performance urbaine du CRFS en vue d’améliorer la sécurité alimentaire urbaine.

Annexe IV. Matrice d’analyse multicritère ODD/AUD pour l’estimation de la performance urbaine du SAUI en vue d’améliorer la sécurité alimentaire urbaine.

(Access here)

Liste des tableaux

Tableau 1

Modèles alimentaires alternatifs (M2A) et leurs caractéristiques selon les performances de durabilité urbaine.

Alternative food models (AFMs) and their characteristics according to urban sustainability performance.

Tableau 2

Dix-neuf cibles de l’approche opérationnelle par l’aménagement urbain durable (AUD).

Nineteen targets of the operational approach by Sustainable Urban Planning (SUP).

Tableau 3

Vingt-quatre cibles de l’approche normative par les objectifs de développement durable (ODD).

Twenty-four targets of the normative approach by Sustainable Development Goals (SDG).

Liste des figures

thumbnail Fig. 1

Canevas de la matrice d’évaluation de la performance des modèles alimentaires alternatifs (M2A) dans la prise en charge des ODD par l’aménagement urbain durable (AUD).

Matrix framework for assessing the performance of alternative food models (AFMs) in implementing the SDGs through Sustainable Urban Development (SUD).

Dans le texte
thumbnail Fig. 2

Taux d’integration des 7 ODD ciblés dans les modèles alimentaires alternatifs (M2A).

Integration rates of the seven targeted SDGs in alternative food models (AFMs).

Dans le texte
thumbnail Fig. 3

Taux d’adéquation des 4 domaines de l’aménagement urbain durable (AUD) avec les ODD ciblés dans les modèles alimentaires alternatifs (M2A).

Adequacy rates of the four Sustainable Urban Planning (SUP) domains with the targeted SDGs in the alternative food models (AFMs).

Dans le texte
thumbnail Fig. 4

Modèle théorique du système alimentaire urbain intelligent (SAUI).

Theoretical model of Smart Urban Food System (SUFS).

Dans le texte

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