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Review
Issue
Cah. Agric.
Volume 34, 2025
Article Number 37
Number of page(s) 13
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2025036
Published online 02 December 2025

© B. Dedieu et al., Hosted by EDP Sciences 2025

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1 Introduction

Selon l’ILRI (2021), « dans le monde entier, les terres de parcours assurent les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de centaines de millions de pasteurs, qui fournissent des produits d’élevage non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour des millions d’autres personnes (https://www.ilri.org/knowledge/publications/rangelands-atlas). Les pasteurs utilisent leur bétail pour transformer une végétation souvent clairsemée et éphémère, qui ne peut être consommée par l’homme, en une nourriture saine, peu coûteuse et contenant des protéines de haute qualité, destinée aux marchés intérieurs et d’exportation. Ils contribuent ainsi à la nutrition et à la sécurité alimentaire mondiales avec un bilan carbone quasi nul. Ils produisent également des peaux, des phanères aux usages multiples, de la laine, du poil cashmere, etc., qui contribuent à des activités artisanales, industrielles et vivrières dans le monde entier ». Selon l’ONU (2022), « les terres de parcours couvrent plus de la moitié de la surface de la terre et constituent donc notre plus grand écosystème, mais elles sont les plus menacées et les moins protégées ».

En France, le pastoralisme est une réalité importante du paysage de l’élevage d’herbivores. Environ 10 % des exploitations d’élevage utilisent des surfaces en parcours, représentant environ 1,6 à 1,8 millions d’hectares sur les 29 millions d’hectares de Surface agricole utile (SAU) nationale (De Roincé et Seegers, 2020). On y retrouve toutes les espèces animales (ovines et caprines, bovines, équines et même porcines), beaucoup de races locales, mais aussi de nombreuses productions sous indications géographiques valorisant l’ancrage territorial des produits animaux. Les surfaces pastorales constituent également des réservoirs importants de biodiversité et fournissent une large gamme de services écosystémiques. Les systèmes pastoraux de France ne sont pas les plus représentatifs de ce que l’on met derrière le pastoralisme à l’échelle mondiale. Toutefois, ils sont relativement peu documentés dans la littérature scientifique en comparaison avec les systèmes d’élevage s’ancrant dans des milieux moins contraints, moins aléatoires et plus intensifs. En revanche, le dispositif d’appui et de développement agricole (ex : services techniques pastoraux…), que nous ne décrirons pas ici, y est particulièrement structuré et contribue de manière significative à la production de connaissances en plus de l’accompagnement des éleveurs.

Dans la perspective de l’année internationale des pasteurs et des parcours 2026, un réseau pluridisciplinaire, associant une trentaine de chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et ses partenaires (zootechniciens, généticiens, économistes, agronomes, écologues, sociologues, géographes), structure depuis près de deux ans une réflexion sur ce que la recherche peut apporter à la préservation, à l’adaptation et au développement du pastoralisme en France. Cette démarche, qui vise à créer une communauté de recherche pérenne, se fonde sur la mise en débat de travaux actuellement engagés dans différents types de territoires et à différentes échelles, sur l’expression des besoins de recherche à venir.

Cet article présente la synthèse des premières réflexions de ce groupe de travail. Nous dressons d’abord un état des lieux des connaissances sur le pastoralisme en France, dans sa diversité, tout en précisant les sources existantes pour cela. Sur cette base, nous dégageons des pistes de réflexion et des défis de recherche pour l’avenir, que nous examinons ensuite au regard des réalités de l’élevage pastoral dans le reste du monde.

2 Quelle définition, quelle importance et quelles formes du pastoralisme en France ?

2.1 Définition du pastoralisme par le groupe de chercheurs

Le pastoralisme se définit en référence d’une part à la diversité et à la variabilité des ressources végétales, avec une part de ressources spontanées et hétérogènes, et d’autre part au pâturage par les animaux. La valorisation et le renouvellement de ces ressources par le pâturage nécessite la mobilité des animaux et des hommes qui les mènent, associés à des modes de vie, savoirs et savoir-faire spécifiques (Uddin et Kebreab, 2020). Cette mobilité s’exprime à des échelles de temps variées (circuits quotidiens à saisonniers) et à des échelles d’espace variées (de la remue auvergnate de quelques kilomètres à la grande transhumance alpine, pour les situations françaises, et à des échelles spatiales encore plus larges pour d’autres pays). Il s’agit donc bien, dans les travaux de recherche, de considérer conjointement la diversité des ressources végétales, le prélèvement des animaux et la mobilité des troupeaux, tout en intégrant leur caractère variable dans le temps et l’espace.

Ces ressources spontanées marquent ce qui fait « pastoral ». Elles sont de nature variée, herbacées et ligneuses, d’altitude ou de plaine et constituent une part variable mais non négligeable de l’alimentation du troupeau. Selon Nozières-Petit et al. (2021b), sur 104 exploitations méditerranéennes, les parcours représentent en moyenne 52 % de la matière sèche ingérée, les prairies 21 % et les surfaces de vignes et céréales 5 %. Dans certains « cas-types » produits par l’Institut de l’élevage, un indicateur est calculé, le « taux de pastoralisme », pour illustrer la part des besoins du troupeau couverte par les surfaces pastorales. Ainsi, dans le cas-type « caprin fromager petit pastoral assurant par le distribué », ce taux de pastoralisme est de 28 %, alors que dans le cas-type « caprin fromager grand pastoral misant sur le pâturage », il est de 66 % (Inosys, 2021). Le recours à ces ressources spontanées n’exclut pas d’autres types de ressources (cultivées, stockées, sous-produits des cultures, achats), avec une contribution très variable à l’alimentation des troupeaux (Aubron et al., 2019b ; Morsel, 2024). En France, la majorité des systèmes intègrent une « composante pastorale », qui peut se manifester sous différentes formes : l’agro-pastoralisme, le sylvo-pastoralisme ou le viti-pastoralisme (Uddin et Kebreab, 2020 ; Moraine et al., 2022).

2.2 Importance quantitative de l’élevage pastoral en France

La superficie des surfaces pastorales utilisées est difficile à évaluer compte tenu du multi-usage et de la diversité des formes de tenure (Nozières-Petit et al., 2021b). Dans les statistiques nationales d’occupation des sols (TERUTI LUCAS), les surfaces pastorales sont incluses dans les 8,3 millions d’hectares recensés de Surfaces toujours en herbe (STH), les 2,8 millions d’hectares de Landes, friches et garrigues, et les 17 millions d’hectares de bois (données 2014 – Agreste, 2015) (Encadré 1). Des données plus précises sont disponibles à des échelles régionales ou par massif. Mais selon les sources, leurs finalités et les méthodes de sondage, les valeurs obtenues peuvent varier de manière non négligeable. Par exemple, pour le massif alpin, l’enquête pastorale 2012–2014 recense 1,3 millions d’ha de surfaces pastorales, contre 0,8 millions d’ha estimés à partir du Registre parcellaire graphique (RPG) (Nozières-Petit et al., 2021b). D’après les données du RPG de 2018, la France compte 2,2 millions d’ha de surfaces pastorales, dont 61 % avec herbes prédominantes, 27 % avec arbustes prédominants et 11 % de bois pâturés (Nozières-Petit et al., 2021b). La part de ces surfaces pastorales (qui englobent les surfaces réellement mobilisées par les éleveurs, dont la donnée est encore plus incertaine) est très variable suivant les régions, avec bien sûr une concentration dans les zones de montagne et les régions du Sud (Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Corse – Figure 1).

L’occupation des sols : quelques dispositifs de collecte de données.

Teruti Lucas est une enquête annuelle réalisée par les services statistiques du ministère en charge de l’agriculture. Elle a pour objectif de suivre l’évolution de l’occupation et de l’usage des sols sur tout le territoire national. Elle consiste à observer un ensemble de points représentatifs, puis à extrapoler statistiquement les résultats à l’échelle départementale, régionale et nationale (les données d’enquête, soumises au secret statistique, ne sont pas diffusées). https://www.data.gouv.fr/datasets/agreste-teruti-lucas-utilisation-du-territoire-1/.

L’enquête pastorale 2012–2014 visait à recenser les surfaces pastorales du massif alpin et des territoires pastoraux des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Basée sur les connaissances de terrain de nombreuses personnes ressources (éleveurs, techniciens pastoraux et agricoles, élus, forestiers, agents des Parcs naturels régionaux et de Parcs nationaux), interrogées en réunions communales (sur la base de fonds cartographiques), elle a pour objectif central une meilleure connaissance de la situation actuelle des espaces pastoraux et l’édition de synthèses relatives à leur valorisation à l’échelle d’un territoire (au minimum une commune).

Le Registre parcellaire graphique (RPG) permet de connaître la localisation et certaines caractéristiques des parcelles et îlots des exploitants agricoles ayant déposé une déclaration en vue d’une aide de la Politique agricole commune (PAC). Il s’agit d’un système d’information géographique au 1/5000e.

D’après le Recensement agricole, il y avait en France, en 2010, 35 000 exploitations avec « élevage significatif » dont le système fourrager était considéré de type pastoral, soit un peu moins de 10 % de l’ensemble des exploitations (Nozières-Petit et al., 2021b). Ce chiffre est cependant à considérer avec précaution, les statistiques agricoles françaises renseignant assez mal ce type d’élevage. Il y a là un véritable chantier inter-organismes d’harmonisation des manières de collecter l’information, de catégoriser les formes pastorales en lien avec les territoires. Nous y revenons dans la 3e partie. Le cheptel associé (1,5 millions d’Unités gros bétail [UGB]) représentait 18 % du cheptel national (en UGB), composé d’ovins (lait et viande), bovins (lait et viande), caprins (lait principalement) et équins. Le pâturage se fait dans des systèmes « à composante pastorale » pilotés par les éleveurs, avec une conduite en lots (selon la diversité des besoins alimentaires ou de surveillance des animaux) ou dans le cadre de regroupements saisonniers collectifs le plus souvent, dans les pâturages d’altitude ou méditerranéens, avec des bergers salariés temporaires. Au final, la part des ressources pastorales, le degré de mobilité des troupeaux, et les formes d’accès et de gestion des surfaces sont les trois facteurs majeurs de différentiation des systèmes pastoraux (Nozières-Petit et al., 2021c).

thumbnail Fig. 1

Les surfaces pastorales en France (2018).

Rangelands in France (2018).

2.3 Nos références clés

Cinq documents essentiels ont été récemment publiés sur des dimensions relatives au pastoralisme, et ont servi d’appui au groupe : L’agroécologie, du nouveau pour le pastoralisme ? (Jouven, 2016) ; Pâturages : nourrir ses bêtes et vivre de l’élevage (Dupré et al., 2015) ; L’économie agropastorale revisitée (Aubron et al., 2019a) ; Fourrages et pastoralisme (Nozières-Petit et al., 2021a) ; Berger, un sacré métier. Travail salarié en milieu pastoral (Chauvat et Doré, 2022). Deux autres contributions plus anciennes ont été mobilisées : Pratiques d’élevage extensif (Landais et Balent, 1993) ; Utilisation par les ruminants des pâturages d’altitude et parcours méditerranéens (Molenat et Jarrige, 1979).

3 Dynamiques pastorales récentes en France : fragilisations, adaptations et émergences

Malgré les spécificités de l’élevage pastoral, ses dynamiques ont des points communs avec les dynamiques plus générales de l’élevage en France : agrandissement de la taille des cheptels par exploitation, diminution du nombre d’actifs, réduction ou simplification du pâturage au profit de ressources stockées à partir des terres arables, dépendance aux aides de la PAC. Derrière ces tendances générales qui conduisent globalement à un repli et une fragilisation de la pratique pastorale, on note l’existence ou l’émergence de formes de redéploiement pastoral, souvent avec le soutien de collectivités territoriales, afin de limiter les risques d’incendies, maintenir des milieux ouverts et la biodiversité tant ordinaire que remarquable (Garde et al., 2020 ; Eychenne, 2025) ou encore assurer conjointement ressources alimentaires pour les animaux et bouclage des cycles dans des espaces cultivés (Moraine et al., 2022). Ces initiatives peuvent prendre la forme, par exemple, de « transhumances hivernales », consistant à faire pâturer dans des espaces méditerranéens des lots d’animaux en provenance d’élevages alpins ou andorrans (Malzac et al., 2024), ou sur les Causses du Lot des troupeaux en provenance du Limousin (Morsel, 2024).

3.1 Du point de vue économique et social

La fonction productive structure l’activité d’élevage pastoral. Si les productions ovines et caprines y dominent, celles issues d’élevages bovins et équins restent notables. Cet élevage pastoral se distingue par la diversité de ses productions – laine, fumure, lait, viande – et par la variété des modes et des degrés de transformation (Nozières-Petit et al., 2021b). Les systèmes pastoraux sont aussi caractérisés par de plus faibles productivités et des produits relativement plus hétérogènes en termes de quantité, qualité et temporalité. Ces derniers sont ainsi fréquemment valorisés à travers des Signes officiels de la qualité et de l’origine (SIQO), en particulier des Indications géographiques (IG), qui définissent et reconnaissent leurs spécificités et contribuent à faire sortir les élevages d’une course à la compétitivité basée sur l’augmentation des volumes. Cependant, Aubron et al. (2014) et Drevon et al. (2025) notent la pluralité des modalités de prise en compte du caractère pastoral dans les cahiers des charges, ainsi que les tensions existantes au sein des démarches sous IG, entre valorisation des ressources locales et enjeux de marché. Dès lors, certains éleveurs pastoraux (produisant sous SIQO ou non) construisent des stratégies de commercialisation reposant préférentiellement sur des circuits courts.

La rémunération de tous les éleveurs d’herbivores (ainsi que les porcins conduits sur parcours) reste très liée aux subventions de la PAC, en premier lieu aux Droits à paiements de base (DPB). Avec la dotation en DPB des surfaces pastorales en 2010, suivie de mesures pour la convergence des montants mises en place depuis 2015, le poids de ces aides pour les systèmes pastoraux s’est accru. Dans le secteur allaitant, elles constituent l’intégralité du revenu (Aubron et al., 2019b). De plus, lors de la réforme de la PAC de 2014–2015, les règles d’admissibilité des surfaces pastorales ont été profondément modifiées, avec en particulier la prise en compte des surfaces au prorata de leurs éléments non admissibles (rochers, mares…) d’une part, et des ressources ligneuses d’autre part. Les modalités d’attribution des montants aux exploitants, et non pas aux collectifs de gestion d’estive, sont également une modification sensible des règles. Ces deux modifications ont conduit à des transformations dans les fonctions et les conduites de ces surfaces pastorales (Gross et Trouvé, 2019). Au côté de ces DPB, l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels et parfois des aides complémentaires territorialisées viennent renforcer cette dépendance.

Les acteurs accompagnant les éleveurs se diversifient aussi, incluant de multiples structures professionnelles, administrations et acteurs de l’environnement. Par ailleurs, les métiers de l’élevage pastoral sont sujets aux interrogations qui touchent les autres systèmes : importance croissante des questions de genre, d’attractivité des métiers et de renouvellement des actifs, amélioration des conditions de travail notamment en estive, capacité à gérer les aléas et le stress lié à la prédation par les loups, au multi-usage des espaces et aux complexités administratives (Doré et Nicolas, 2022).

3.2 Du point de vue des aléas

Même si ces systèmes sont « habitués » à faire face à des aléas climatiques, avec des pratiques spécifiques destinées à organiser des sécurités pour des systèmes alimentaires basés sur le pâturage, en premier lieu via la mobilité des animaux, l’intensification et la diversité de ces aléas ne les épargnent pas, modifiant la gamme des possibles auxquels ils sont confrontés et potentiellement leur zone de viabilité (Jouven et al., 2022). Les aptitudes animales (capacité à mobiliser les réserves corporelles, besoins d’abreuvement, longévité, aptitude à la marche et, de plus en plus, aptitude à supporter des chaleurs extrêmes) et plus généralement les sources de flexibilité des troupeaux sont sollicitées (avec les jeux sur les effectifs et les catégories d’animaux, l’utilisation de la diversité et de la complémentarité des types d’animaux) (Nozières et al., 2011 ; Dumont et al., 2023). Par ailleurs, raisonner l’enchaînement des séquences de pâturage et préparer les périodes de soudure entre saisons (Moulin et al., 2001), accéder à l’ouverture de nouveaux territoires pastoraux deviennent essentiels. À ce titre, la forêt constitue une ressource en tant que telle (Garde et al., 2020), fournissant en outre de l’ombre. Sa co-gestion, pour être une ressource à la fois pour les forestiers et les éleveurs, peut être réfléchie et induire des modifications de conduite (plantation d’espèces complémentaires…). Il s’agit, le plus souvent, d’une reconquête de surfaces anciennement boisées ou non, et pâturées. Cette pratique sylvopastorale, utile pour les troupeaux, constitue également un atout pour la lutte contre les incendies. Les règles collectives d’utilisation des pâturages d’altitude (date d’entrée et de sortie, nombre d’animaux, traitement...), les déclarations annuelles des animaux et des surfaces pour bénéficier de la PAC, et les cahiers des charges des productions sous IG, très rigides, sont mises à mal par les fluctuations des ressources de plaine et de fond de vallée, avant la montée en estive ou au moment du retour. Mais les épisodes de sécheresse et surtout l’élévation des températures touchent désormais aussi les territoires pastoraux d’altitude (Rigolot et al., 2014 ; Nettier, 2016). D’une façon plus générale, les éleveurs et les bergers doivent s’adapter à une variabilité interannuelle et intra-saison du climat plus importante, mais toujours difficile à prévoir à court terme, à des changements de régime pluviométrique, et à une évolution concomitante des végétations. À cela s’ajoute l’émergence récurrente d’épizooties, comme par exemple la fièvre catarrhale ovine, maladie vectorielle, ainsi que les contraintes bio-sécuritaires qui se renforcent alors même que le pastoralisme implique fréquemment en estive des mélanges de troupeaux et plus généralement une cohabitation en plein air entre espèces sauvages et domestiques. Les travaux sur le porc pastoral corse illustrent ainsi la façon dont s’articulent d’une part une pratique spécifique d’engraissement sur parcours et le maintien d’une race locale et d’autre part un contexte d’interactions possibles avec les sangliers, favorable à la transmission de maladies (Loeillot et al., 2025).

3.3 Du point de vue de la prédation

Depuis le début des années 1990, la prédation s’est imposée comme un sujet majeur pour l’analyse des dynamiques des systèmes pastoraux, avec surtout le retour des loups, espèce protégée au niveau européen (Meuret et al., 2017) et, dans une moindre mesure, des ours, également protégés. La problématique est complexe et source de controverses et de tensions (Doré et Nicolas, 2022 ; Doré, 2025). L’utilisation des moyens de protection (chiens de protection associés à des clôtures sécurisées ou à des aides-bergers supplémentaires, tirs de défense aux abords du troupeau menacé) et les indemnisations ne font pas baisser la tension : le nombre d’animaux d’élevage tués chaque année, en très grande majorité des brebis, dépasse les 10 000 depuis 2017 (Meuret et al., 2021). Les études réalisées dans le cadre du réseau Coadapht (https://www.coadapht.fr/fr) de l’impact de ces mesures de protection, non pas uniquement en montagne, mais aussi à présent en plaine et fond de vallée, où les brebis sont généralement conduites en lots sur les pâturages, montrent que de profonds changements dans les conduites d’élevage sont à attendre (Nozières-Petit et al., 2017 ; Sagot et Moulin, 2020), pouvant aller jusqu’au confinement intégral des brebis en bâtiment, en premier lieu dans les systèmes ovins laitiers, avec abandon des surfaces pastorales mais aussi des surfaces fourragères cultivées pâturées. Plus largement se fait jour le projet, porté par des associations écologiques internationales, d’un processus d’acquisition de terres et de « ré-ensauvagement » (re-wilding) d’espaces agropastoraux (Barraud et al., 2019). Une fois évacués les animaux domestiques, il s’agirait de revenir à des états de nature d’avant les transformations induites par les activités humaines, aidés par la réintroduction de grands herbivores sauvages (tarpan, bisons, aurochs reconstitués) (Rapuc et al., 2025). Paradoxalement, les humains y demeurent présents, mais en tant qu’écotouristes (Lescureux, 2024).

3.4 Du point de vue des interactions avec les autres usagers et gestionnaires de l’espace

Les dynamiques territoriales, avec notamment le multi-usage croissant des espaces récréatifs, et plus largement les enjeux portés par la société locale, amènent à repenser les interactions entre élevages, éleveurs, espaces et acteurs des territoires, et politiques publiques. Ce sur quoi ces derniers attendent l’élevage n’est ni uniforme ni trivial (Lasseur et al., 2019). Si les processus écologiques sont aujourd’hui impactés par le changement climatique, ils dépendent en premier lieu des modalités de la gestion pastorale (Loucougaray et al., 2021). Par ailleurs, la gouvernance des services écosystémiques met en jeu des actions collectives ou des processus multi-acteurs (Barnaud et al., 2018), ainsi que le réaménagement de l’espace pour le rendre moins sensible à l’incendie (Couix et Hubert, 2012 ; Magnani 2025). Mais ces dynamiques territoriales peuvent être analysées à travers d’autres prismes : les pratiques d’élevage qui les façonnent, les produits typés qu’elles contribuent de générer et les paysages qu’elles valorisent. C’est la nature des interactions autour d’une même ressource pastorale – au sens large – qui structure les analyses comme les interactions entre élevage et activités touristiques. Enfin, les questions de santé animale ou d’interaction entre santé animale et santé humaine renouvèlent ce qui fait « territoire de santé » en région pastorale, mettant en jeu des animaux, des éleveurs, des chasseurs, les vétérinaires et l’administration (en particulier la Direction des services vétérinaires) pour « faire avec » les problèmes liés aux épizooties, de façon concertée ou pour assurer la prévention de ces risques (Gisclard et al., 2021).

C’est bien cette pratique du pâturage de la végétation spontanée pour en faire des ressources fourragères qui confère à ces élevages tout à la fois atouts et faiblesses, résilience et vulnérabilité à de multiples risques et contraintes.

4 Les questions vives à traiter pour les systèmes pastoraux de demain

Cet état des lieux nous a conduit à distinguer six champs de recherche pour mieux comprendre et accompagner les évolutions en cours et à venir du pastoralisme en France. Ils sont autant d’objets de débat et d’adaptations à trouver et ensuite à opérationnaliser entre les divers acteurs scientifiques, professionnels, politiques ou autres parties prenantes.

4.1 Le pastoralisme : un modèle agroécologique d’intérêt pour la transition d’autres formes d’élevage ?

Étudier les systèmes pastoraux au prisme des principes de l’agroécologie (Wezel et al., 2020) est une opportunité pour : i) évaluer en quoi ces systèmes ont des atouts à faire valoir mobilisables pour transformer d’autres systèmes d’élevage ; ii) transformer les systèmes à composante pastorale de façon à relever les défis socio-économiques et climatiques auxquels ils sont confrontés.

Par sa définition même, le pastoralisme est fondé sur le renouvellement et l’utilisation d’une diversité de ressources végétales en partie spontanées par le pâturage des animaux via la mobilité de ces derniers. Il est l’un des idéaux-type de l’agroécologie en élevage (Dumont et al., 2013 ; Garde et al., 2016). Son étude et sa gestion exigent des capacités d’observations du milieu, des animaux et de leurs interactions, ainsi que des capacités de « faire avec » le milieu, les aléas (variabilités spatio-temporelles) et l’incertitude (climat, prédation, etc.). « Faire avec » ne signifie pas ne rien faire : la sécurisation des systèmes étant un enjeu fort. Cependant, cela s’oppose à la logique d’« agir sur », c’est-à-dire à artificialiser le milieu et artificialiser les sécurisations dans une volonté de maîtrise de la nature (Lemery et al., 2005). En ce sens, les systèmes à composante pastorale peuvent être considérés comme un modèle utile pour penser la transition agroécologique des systèmes d’élevage vers l’utilisation de ressources herbagères ou vers des ressources naturelles et diversifiées dans de nombreuses régions de France et d’ailleurs. Du point de vue de l’atténuation du changement climatique, les systèmes pastoraux présentent généralement une empreinte carbone par unité de produit relativement élevée en raison de leur faible productivité animale (FAO, 2018). Toutefois, ils contribuent à augmenter le stock de carbone organique du sol grâce au pâturage et au recyclage naturel du fumier, ce qui compense partiellement ces émissions (Maillard et Angers, 2014). En intégrant l’ensemble des services écosystémiques délivrés par les systèmes pastoraux, comme la conservation de la biodiversité, leur empreinte carbone globale peut s’avérer plus faible que celle des systèmes d’élevage dits « intensifs » (Ripoll-Bosch et al., 2013 ; Bernués, 2017).

Mais l’engagement dans un processus de changement vers l’agroécologie (la transition) n’est pas univoque dans les systèmes pastoraux. Il existe bien des situations où le repli pastoral vers l’utilisation privilégiée des espaces cultivés et des stocks (avec intrants) est manifeste. Aller vers plus d’agroécologie nécessite alors d’explorer des pistes de redéploiement pastoral mettant en jeu les compositions des troupeaux, leurs effectifs, la reproduction, la productivité des troupeaux, les races et espèces, les produits et la diversité des ressources herbacées, arbustives, et boisées des parcours, ainsi que leur agencement avec d’autres ressources.

Les systèmes qui n’ont pas perdu ce rapport à la diversité des ressources connaissent aussi des difficultés d’adaptation et de maintien des exploitations, qu’il importe d’étudier. La résilience des systèmes pastoraux vis-à-vis d’aléas, leur insertion dans des marchés rémunérateurs, les revenus et les conditions de travail sont en débat, de même que les conditions et trajectoires d’entrée dans un métier dominé par l’astreinte quotidienne aux animaux et la gestion de la complexité et de l’incertitude à différentes échelles de temps et d’espace (Landais et Balent, 1993).

L’exploration de trajectoires d’adaptation vertueuses (moins d’inputs, un entretien et renouvellement des surfaces pastorales et une production de qualité) est nécessaire, et ce d’autant plus du fait des pertes de biodiversité et des dérèglements climatiques. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rappelle en effet les menaces et les enjeux du changement climatique ainsi que des pistes pour s’y adapter et l’atténuer. Il identifie en particulier le bassin méditerranéen comme une zone particulièrement exposée à ces évolutions. Les élevages de ces zones, bien que conçus pour être résilients, risquent d’être confrontés à des changements d’une ampleur inconnue, mettant potentiellement en péril leur viabilité. L’activité d’élevage subit les effets de ces dérèglements, tant sur les ressources alimentaires que sur les aptitudes et la santé des animaux et donc sur les performances des systèmes de production.

4.2 L’animal en situation pastorale : des attendus spécifiques ?

La capacité des animaux à faire face aux aléas de plus en plus fréquents est un élément clé de la résilience des systèmes pastoraux. Les pratiques d’élevage pouvant améliorer la résilience des troupeaux combinent : i) le choix et la conduite d’une ou plusieurs espèces animales (Martin et al., 2020), d’une ou plusieurs races ou populations animales (éventuellement conduites en croisement) (Magne et al., 2019) ; ii) la conduite du renouvellement et des réformes (Moulin et Perucho, 2023) ; iii) la construction de trajectoires productives diversifiées par les choix d’allotement et de la mise à la reproduction (Tichit et al., 2004), qui permettent qu’une période donnée de stress s’adresse à des animaux qui n’ont pas le même passé productif. Les habitudes acquises au pâturage (« culture de troupeau » [Despret et Meuret, 2016]) contribuent à la gestion de l’hétérogénéité des ressources, qui d’un handicap devient opportunité pour construire des repas de qualité pour les animaux et favoriser le renouvellement des ressources (Meuret, 2006 ; Meuret, 2010b). En complément, la gestion collective des populations oriente les aptitudes des races ou génotypes sur le moyen ou long terme, constituant un levier d’adaptation pour les éleveurs mais à certaines conditions (organisationnelles, technologiques, culturelles et cognitives, économiques et de marché [Magne et Quénon, 2021]). La diversité des ressources génétiques est certainement un levier à mieux mobiliser pour renforcer les aptitudes des animaux à valoriser des ressources végétales spontanées. Les caractéristiques propres des races, notamment en termes de « rusticité » (Brunschwig et Blanc, 2011), sont importantes à considérer. À ce titre, les races locales adaptées et/ou adoptées (Perucho et al., 2021) jouent un rôle essentiel. Cependant, les liens entre populations animales locales et composantes pastorales des systèmes sont peu étudiés en tant que tels (Zonabend König et al., 2016), notamment comme des interactions spécifiques entre génotype et environnement au sens large. La variabilité intra et inter-race peut être exploitée pour renforcer des aptitudes particulières nécessaires au pastoralisme dans un contexte d’accroissement des températures, relevant de caractères d’adaptation comportementale, physiologique ou métabolique.

D’une façon plus générale, l’arbitrage entre production et adaptation dans la sélection demeure un sujet épineux dans le pastoralisme, avec la difficulté à envisager les caractéristiques d’adaptation de façon holistique et la crainte de les voir se dégrader par une sélection trop orientée sur les caractères de production. Plus les conditions sont difficiles, plus la préservation des caractères d’adaptation compte. Il faut donc pouvoir, à l’échelle des races, reconcevoir de façon participative avec les communautés concernées (Haile et al., 2020) les critères de sélection, mais aussi les indicateurs de performance les plus pertinents, et à l’échelle des élevages, repenser les modalités de diversité génétique favorable à la résilience.

Par les prélèvements, le piétinement et les déjections, l’animal en milieu pastoral est également un moteur de transformation écologique des couverts (Dumont et al., 2012). Le troupeau, via le chargement, l’allotement et la dispersion des animaux dans l’espace, modifie les paysages (Caplat et al., 2006 ; Mottet et al., 2006), y compris dans leur sensibilité aux incendies. Ces dimensions sont d’autant plus importantes que le pâturage, comme facteur écologique positif, peut être remis en cause au profit d’une nature ensauvagée et que certaines attentes portent plus sur les couverts végétaux pâturés (biodiversité) et sur les paysages que sur le troupeau proprement dit.

4.3 Les territoires pastoraux, territoires multi-acteurs : quelles reconfigurations des interactions ?

Les activités pastorales valorisent des espaces souvent étendus, parfois difficilement accessibles ou observables, ou hors des limites des exploitations agricoles, avec des statuts fonciers complexes qui sont pourtant des espaces d’intérêt pour une grande diversité d’acteurs (Lauvie et al., 2021), avec aussi de multiples régulations qui s’appliquent. Un enjeu est de rendre compte des différentes formes d’interactions entre la diversité des systèmes d’élevage et des espaces, les modalités d’utilisation des parcours par les troupeaux et les dynamiques écologiques (sous ou sur-utilisation des secteurs pâturés, avec impact sur la biodiversité et les sols) et de scénariser l’impact des évolutions (Mottet et al., 2006), notamment sur le moyen ou long terme. Un autre enjeu est de comprendre la diversité des points de vue sur les espaces pastoraux et de travailler à articuler ces points de vue pour conforter et valoriser le multi-usage de l’espace pastoral (Ickowicz et al., 2022). Ces points de vue peuvent être liés à des considérations très diverses : promotion de produits ou de formes d’élevage via des signes de qualité (Dobremez et al., 2013), développement du tourisme et de l’économie locale, diversification ou reconfiguration des pratiques de loisir de plein air, gestion de l’eau, stockage du carbone par une forêt plus présente ou intérêt pour un ensauvagement de zones à faible densité de population (Lauvie et al., 2021).

Par ailleurs, l’élevage remplit des fonctions diverses : production animale, préservation d’un milieu ouvert et de la biodiversité, limitation des risques d’incendie ou des phénomènes torrentiels, dynamisme économique (emplois saisonniers et permanents induits), marqueur d’attractivité territoriale (produits typés, paysages incluant les animaux en mouvement), conservation de races locales et de plantes d’intérêt et enfin éléments paysagers dont la portée est multiple – esthétique, récréative, symbolique, identitaire. Les questions sont donc ici très ancrées localement, avec des approches qui favorisent les échanges de points de vue et les processus collectifs visant à agir : gérer des communs avec l’élevage, trouver des compromis entre usages, favoriser le maintien de la diversité des systèmes et une dynamique positive sur un territoire (Lasseur et al., 2019 ; Servière et al., 2019). Cet ensemble d’analyses est identifié comme un élément essentiel pour appuyer la conception et l’évolution de politiques publiques, tant spécifiques au pastoralisme que plus génériques (PAC, politiques de marché ou de développement territorial), dont cette activité est, nous l’avons vu, très dépendante.

Les interactions entre territoires (avec les espaces cultivés, boisés ou les vignes et entre acteurs gestionnaires) sont également à expliciter et accompagner. Il y a des complémentarités techniques évidentes, mais les valeurs qui sous-tendent l’intégration entre activités ne sont pas forcément partagées et les leviers organisationnels sont à préciser.

4.4 Les métiers du pastoralisme

Le pastoralisme engage différents types de métiers vus comme des mondes professionnels, une combinaison de normes, valeurs et pratiques (Coquil et al., 2017), mais aussi vus comme des statuts (exploitant agricole, actif familial, salarié berger d’estive) et des conventions entre personnes de mondes semblables ou différents (éleveurs, propriétaires publics ou privés, chasseurs, urbains ou ruraux) ou avec des collectifs (association d’agriculteurs et/ou de citoyens-riverains, groupements pastoraux...). Même si nous n’évoquons pas ici les métiers des agents de développement (services techniques pastoraux), ils mériteraient aussi un approfondissement spécifique.

Dupré et al. (2015) illustrent un point commun essentiel de ces « travailleurs de la nature » que sont éleveurs et bergers : « fondée sur une étroite relation avec le vivant, animal et végétal, l’activité d’élevage fait appel à des savoirs propres. Les cultures professionnelles associées à ces élevages à l’herbe (ou à la feuille, ou au lichen…) reposent notamment sur des apprentissages complexes, longs à acquérir, transmis par les prédécesseurs, faits d’observations, de communications, d’intuitions, de sensations, d’interactions […]. Les savoirs engagés ont en commun de pointer d’une part l’intelligence technique et sociale des rapports aux milieux et aux ressources naturelles, et d’autre part, leur capacité adaptative. C’est une véritable culture –au sens anthropologique du terme– des interactions hommes/animaux/milieux naturels/ressources qui se construit ».

C’est sans doute le métier de gardien de troupeaux qui est le plus étudié. En ne considérant que les bergers et chevriers, onze catégories de praticiens ont été repérées parmi la diversité de celles et ceux chargés de « la garde » (Legeard et al., 2010). C’est l’art de concevoir, pour chaque demi-journée, un circuit de pâturage qui correspond à un grand repas, et de stimuler l’ingestion à partir des différents secteurs et leurs végétations (Meuret, 2010b). C’est aussi, au cours de la saison, l’art d’organiser l’enchaînement de l’utilisation des quartiers de pâturage d’un territoire (Landais et Deffontaines, 2020). L’attractivité et le devenir de ce métier sont en question : Chauvat et Doré (2022) rappellent « qu’être berger, c’est évoluer dans un contexte incertain, balloté entre changements climatiques, prédation, accroissement de la fréquentation touristique des espaces naturels et pastoraux, évolutions des politiques publiques, des cadres législatifs et de l’accès au métier et la formation, diversification des missions et des profils des gardiens eux-mêmes… Pour autant ces métiers engagent fortement ceux qui les vivent et leurs familles ».

Enfin, la contribution non négligeable des personnes non issues du milieu agricole aux métiers du pastoralisme, tant du point de vue des installations (Nozières-Petit et al., 2021c) que des salariés bergers (Legeard et al., 2010) est notable et porteur d’exemples ou de perspectives. Les spécificités de leur entrée dans le métier méritent d’être affinées, pour ce qu’elles apportent d’expériences originales mais également dans la compréhension et l’accompagnement des processus d’apprentissage qu’elles sont amenées à vivre, dans un contexte où les carrières courtes sont envisagées beaucoup plus facilement que pour des enfants d’agriculteurs qui s’inscrivent dans un parcours de reprise du patrimoine et de l’activité des parents.

4.5 Comment analyser alors la durabilité et la multi-performance des élevages pastoraux ?

Que l’on se situe à l’échelle de l’exploitation ou du territoire, les spécificités du monde pastoral interrogent la façon dont est analysée et évaluée l’élaboration des performances des systèmes à composante pastorale. Il s’agit ici de convoquer les approches de multi-performances des systèmes d’élevage (qui allient efficacité, productivité, services écosystémiques rendus, résilience, emploi, etc.), celles de la transition agroécologique (avec ses principes [Dumont et al., 2013 ; Tichit et Dumont In Jouven et al. 2016 : Wezel et al., 2020]) et celles de durabilité, avec les trois piliers économiques, environnementaux et sociaux, la capacité à tenir dans un environnement incertain sur le long terme, ainsi qu’à la projection sur des dimensions intergénérationnelles. En effet, la multifonctionnalité du pastoralisme (formes d’élevage et types d’espace) exige de repenser les critères et les indicateurs qui doivent permettre d’apprécier à la fois la durabilité interne (ciblés sur les systèmes et leurs propriétés dans un environnement incertain) et externe (vis-à-vis des acteurs des territoires et de la société) (Servière et al., 2019 ; Ickowicz et al., 2022).

C’est à l’interface entre ces enjeux que doit être prise en charge la question de la valorisation des produits pastoraux. Il s’agit en effet de soutenir l’activité pastorale dans sa fonction productive, et en particulier dans les voies plus rémunératrices, privilégiées par les éleveurs pastoraux, que sont la fourniture de produits sous SIQO et/ou la vente en circuits courts, tout en favorisant des modes de production plus agroécologiques. Les démarches sous IG, en particulier, sont traversées par des tensions entre valorisation des ressources locales, marquant le lien au terroir structurant le processus de production, et gestion à court terme d’une diversité d’aléas, en particulier climatiques et de marché. De plus, si ces démarches se construisent sur des modes de gouvernance plus justes, la répartition équitable de la valeur n’y est pas toujours assurée, et un éventail de situations existe dans le poids de ces produits dans la construction du revenu des éleveurs.

La nécessité de repenser le lien entre pastoralisme et société, au-delà du fait territorial, ne se résume pas à une confrontation entre élevage extensif et élevage industriel, où l’élevage extensif serait soutenu par principe comme plus écologique et en dehors des pratiques et modes de logements qui interpellent le bien-être animal. Le bien-être animal en milieu pastoral n’est que peu étudié en soi et mériterait sans doute une attention particulière pour définir ce qui caractérise les situations pastorales en adoptant le point de vue de l’éthologie animale, celle des individus et des collectifs d’animaux. Il s’agit de documenter le bien-être sans être contraint par ce qui se rapporte aux conditions d’élevage fermées. Enfin, il s’agit de dessiner des pistes adaptées pour soutenir le bien-être animal dans les systèmes pastoraux. Une partie de la société, qui était par le passé attirée par le modèle pastoral, s’en détourne aujourd’hui soit pour ignorer ses spécificités dans le cadre d’un refus général de l’exploitation animale (véganisme), soit pour convaincre des méfaits de l’élevage, facteur d’érosion et de dégradation des alpages, alors candidats au « rewilding » (Rapuc et al., 2025).

4.6 Quelles données pour comprendre les transformations en cours et scénariser l’avenir ?

Différents types de données concourent à suivre et comprendre les dynamiques des élevages et des espaces pastoraux en France :

  • les données sur les systèmes d’élevage et les cheptels des régions agropastorales, ainsi que sur les mobilités vers et depuis les pâturages d’altitude. Elles sont largement collectées par les services de l’État, par les instituts techniques ou par la recherche sur les systèmes d’élevage (fonctionnement et dynamique) (Dedieu et al., 2008 ; Inosys, 2025) à des fins de connaissance des exploitations, de leurs structures, de la conduite des troupeaux, de l’usage des espaces, des produits commercialisés, de la construction du revenu ;

  • les données sur les végétations des espaces pastoraux, produites par les conservatoires d’espaces naturels, les Parcs nationaux et régionaux, ou encore des chercheurs en écologie et en zootechnie. Il s’agit d’inventaires floristiques et faunistiques qui sont réalisés lors de l’étude des zones à protéger ou à des intervalles réguliers dans les pâturages et parcours d’intérêt agricole et écologique (par exemple les mesures dans le « Réseau alpage sentinelle » [Dobremez et al., 2014]) ;

  • les données centrées sur des observations plus spécifiques, utilisant le plus souvent une représentation cartographique (en particulier l’enquête pastorale) : attaques suspectées ou avérées par des loups, état des cabanes de bergers, etc.

Ces sources de données suscitent plusieurs questions sur ce qu’elles couvrent, sur leurs articulations possibles (d’échelle ou d’objet) ou non et sur les modèles explicatifs des dynamiques temporelles et spatiales. Ces derniers sont souvent assez ciblés sur une dynamique spécifique : ils sont en difficulté pour relier changement climatique, changement des usages des espaces, dynamiques écologiques dans leur globalité, évolution de la biodiversité et dynamiques agricoles. Enfin, les opportunités liées au développement d’outils numériques, depuis les Global Positioning Systems (GPS) sur les animaux meneurs jusqu’à la télédétection, doivent être saisies pour élargir le spectre des données.

Au-delà d’une visée rétrospective et compréhensive, la mobilisation des données en vue de scénarisations est un autre questionnement sur la nature et l’articulation des données et leur inclusion dans des démarches participatives. On en est encore loin, tant l’ensemble apparaît aujourd’hui fragmenté.

5 Discussion et conclusion

On retrouvera sans doute beaucoup de similitudes dans les moteurs de changement de « ce qui fait pastoralisme » en France et dans le reste du monde, ainsi que dans les thématiques que nous avons pu énoncer. La base de comparaison la plus opportune est sans doute celle qui a pu être faite dans le cadre du colloque organisé par le Pôle pastoral en zones sèches (https://www.ppzs.org) et le groupe de plaidoyer d’Afrique occidentale et centrale pour l’année internationale des parcours et des pasteurs (https://iyrp.info/sites) en novembre 2024 : « (Agro)pastoralism in Africa » (en Afrique subsaharienne pour l’essentiel). La mobilité, constitutive du pastoralisme, la sensibilité de l’élevage et des parcours au changement climatique, incluant les questions d’abreuvement, sont des sujets partagés. Le glissement du pastoral vers l’agropastoral et la mobilisation de ressources diversifiées au fil des saisons sont également communs. De même, le poids croissant des filières dans l’allotement des troupeaux et dans le type de mobilité de chacun des lots (les vaches traites à proximité des familles, les bovins mâles et les vaches taries transhumants, les agneaux pour la Tabaski en Afrique de l’Ouest) se retrouvent sous des formes différentes en France (agneaux en bergerie, lot de génisses transhumantes, etc…) (Manoli et al., 2014). Enfin, la transhumance s’appuie sur le salariat en France comme en Afrique de l’Ouest.

Il y a bien sûr de nombreux points de différence entre les situations françaises et subsahariennes, ne serait-ce que par les filets de sécurité dont bénéficie l’élevage en France, en premier lieu via les primes de la PAC, ainsi que les opportunités de développement que sont les signes de qualité, très répandus. Nous pouvons aussi évoquer les obstacles fonciers et sociétaux à la mobilité des troupeaux, qui sont beaucoup plus exacerbés en Afrique de l’Ouest, avec son cortège de violences notamment entre éleveurs et cultivateurs, sur lesquels peuvent venir se greffer des questions politiques, ethniques et religieuses. Si les dimensions foncières formelles ne sont pas absentes des dispositifs mis en place pour assurer le maintien et le redéploiement de l’élevage pastoral en France (convention de pâturage, pacte pastoral [Barrière et Bes, 2017]), les accords verbaux jouent également un rôle important. En revanche, les arrangements coutumiers dominent en Afrique de l’Ouest et sont, de fait, fragilisés par les tensions liées à la recherche de nouveaux pâturages du fait des sécheresses. La capacité des acteurs locaux et des pouvoirs publics à les faire respecter sont essentiels pour préserver les droits de passage et les zones de pâturage. Si l’on fait référence aux tensions émergentes en France (ré-ensauvagement), France et Afrique de l’Ouest partagent la tendance lourde d’associer « pastoralisme » avec « conflit » (avec une intensité et une violence différente), et donc la nécessité d’explorer les modalités d’une concertation entre acteurs qui s’inscrive dans les traditions culturelles, tout en mobilisant des outils nouveaux favorisant la participation et les échanges. Ainsi, maintenir une visibilité sociétale du pastoralisme et de la transhumance est bien à l’origine d’initiatives comme la reconnaissance des Causses et Cévennes comme « paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen » par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Enfin, le pastoralisme en Afrique de l’Ouest (et dans bien des régions du monde) est un « fait social total » (Bonfiglioli, 1988), c’est-à-dire qu’il engage une société toute entière autour des animaux, des espaces et des personnes en charge des soins et de leur déplacement. Tel n’est pas le cas en France où le pastoralisme rime plutôt avec métier, travail, emploi, compétences et savoir-faire (Meuret, 2010a ; Chauvat et Doré, 2022). Toutefois, les formes d’organisation du travail et les métiers associés pour les actifs familiaux et salariés sont de plus en plus à l’ordre du jour des recherches africaines. L’intérêt d’une démarche comparative entre situations pastorales de France et d’Afrique de l’Ouest (déjà testée par le passé) est ici réaffirmé. Elle devrait pouvoir être étendue à d’autres situations pastorales, tant européennes, d’Afrique du Nord et de l’Est que du reste du monde.

En France, la recherche est fortement interpelée par les changements à l’œuvre, qui concernent tout autant l’élevage, les filières, la biodiversité, les éleveurs et les bergers, les acteurs des territoires, les acteurs publics, que le monde associatif et celui du conseil. Notre proposition d’approfondissement des six thèmes présentés ci-dessus souligne combien les défis que doit relever le pastoralisme ne sauraient l’être sans une capacité à articuler différents niveaux organisationnels, de l’animal et des couverts végétaux aux territoires en passant par l’exploitation agricole, et à mobiliser des approches de sciences techniques, d’écologie, de modélisation et de sciences humaines. Deux limites de notre mise en perspective peuvent être soulignées. La première est la faible attention que nous avons apportée aux acteurs du développement (services techniques pastoraux, agents des parcs), à la fois à leurs missions, à leurs actions, et aux métiers afférents. La seconde est la nécessité de se projeter à long terme, au-delà de l’adaptation aux aléas et aux chocs, pour élaborer des scénarios prospectifs. Il s’agit de considérer le pastoralisme comme porteur de savoirs expérientiels essentiels, mais aussi d’anticiper son évolution dans un contexte fortement technologisé et soumis au dérèglement climatique, mettant à l’épreuve les capacités de renouvellement et de maintien tant des pasteurs que des parcours pâturés par les animaux.

Le pastoralisme présente une complexité rarement prise en compte dans les recherches, liée à sa double dimension, d’une part une forme spécifique d’élevage avec surfaces pastorales, mobilité, plein air, ressources diversifiées contribuant ainsi à nourrir les hommes avec des produits de qualité ; d’autre part les surfaces elles-mêmes présentent des intérêts multiples en termes de biodiversité, pour la société en général, les acteurs des territoires, et pour les éleveurs et les animaux qui s’en nourrissent. Embrasser cette double dimension constitue un enjeu majeur des recherches futures.

Remerciements

Remerciements aux membres du réseau INRAE – IYRP : C. Aubron, M. Boval, F. Bray, P. Carrère, N. Couix, E. Crouzat, B. Dedieu, C. Deleglise, M. Dervillé, E. Deschamps, D. Drevon, JP. Dubeuf, N. Garambois, L. Garcon, F. Guerrieri, M. Gisclard, N. Gross, D. Hazard, B. Hubert, R. Jary, M. Jouven, H. Larroque, J. Lasseur, A. Lauvie, M. Le Goff, F. Louault. S. Magnani, M.-A. Magne, C. Manoli, M. Meuret, M. Moraines, C.-H. Moulin, C. Napoleone, M.-O. Nozières-Petit, H. Rapey, E. Richard-Frève, F. Stark, A. Stockes, B. Trabucco, L. Vincent.

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Citation de l’article : Dedieu B, Hubert B, Aubron C, Hazard D, Lauvie A, Magne M-A, Meuret M, Rapey H, Stark F, Nozières-Petit M-O. 2025. Recherches sur le pastoralisme en France : état des lieux des connaissances et questions vives. Cah. Agric. 34: 37. https://doi.org/10.1051/cagri/2025036

Liste des figures

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Les surfaces pastorales en France (2018).

Rangelands in France (2018).

Dans le texte

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