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Cah. Agric.
Volume 34, 2025
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|---|---|---|
| Article Number | 36 | |
| Number of page(s) | 12 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/cagri/2025038 | |
| Published online | 02 December 2025 | |
Article de recherche / Research Article
Diagnostic des chaînes de valeur des produits de quelques espèces négligées et sous-utilisées au Burkina Faso
Exploratory study of some neglected and underutilised species products value chains in Burkina Faso
1
Centre universitaire de Gaoua/Université Nazi BONI, 01 BP 1091 Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
2
Alliance Bioversity International-CIAT, 1 rue San Domenico, 00153 Rome, Italie
3
Université dan Dicko Dankoulodo de Maradi, Maradi, Niger
4
Université Joseph KI-ZERBO, 01 BP 1091 Ouagadougou, Burkina Faso
5
Centre universitaire de Tenkodogo/Université Thomas SANKARA, 01 BP 1091 Ouagadougou, Burkina Faso
6
Agence italienne de Coopération pour le Développement (AICS), Ouagadougou, Burkina Faso
7
Centre International de Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM-Bari), Valenzano (Bari), Italie
8
Institute of Sciences of Food Production (CNR – ISPA), Bari, Italie
9
Université Abdou Moumouni, Niamey P.O. Box 237, Niamey, Niger
10
Afrique Verte Burkina Faso (APROSSA), 01 BP 6129 Ouagadougou, Burkina Faso
11
Afrique Verte Niger, BP 11751 Niamey, Niger
* Auteur de correspondance : tietiambou.fanta@gmail.com
Le système alimentaire du Burkina Faso est insuffisamment diversifié pour assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire de sa population et ses importations en produits alimentaires le rendent vulnérable. Pourtant, le pays dispose de cultures négligées encore sous-utilisées ayant un potentiel de diversification et d’amélioration des moyens de subsistance de sa population. Cette étude fournit des informations sur les potentialités des chaînes de valeur de quelques-unes de ces cultures : amarante, moringa, oseille de Guinée, voandzou et patate douce. Il s’agit ici (i) de décrire les filières des principaux produits bruts et transformés de chaque culture et (ii) d’évaluer les performances financières des chaînes de valeur de ces produits. Deux cent quarante-sept acteurs de la production, de la transformation et de la commercialisation de ces produits, localisés dans un rayon de 100 km autour de Ouagadougou, la capitale burkinabè, ont été interrogés. Les résultats révèlent plusieurs fonctions dominées par des femmes comme dans le cas de l’amarante et de l’oseille de Guinée. Entre 9 et 49 % des productions annuelles sont autoconsommés. Pour les producteurs, la contribution de ces produits représente de 13 % à 42 % du revenu équivalent au seuil de pauvreté national. Les marges bénéficiaires nettes sont supérieures à 50 % pour tous les producteurs et pour les transformateurs de l’amarante, de l’oseille de Guinée et du voandzou. Ces cultures peuvent ainsi contribuer à la diversification alimentaire et à l’amélioration des revenus des acteurs.
Abstract
The food system in Burkina Faso is insufficiently diversified to ensure the food, nutritional, and health security of its population, and its reliance on imports of food products exposes it to vulnerability. Yet, the country has neglected and underutilised species having the potential to diversify and improve the livelihoods of its population. This study provides information on the potential of the value chains of several crops: amaranth, moringa, roselle, Bambara groundnut, and sweet potato. Specifically, the study seeks (i) to describe the value chains of the main raw and processed products of each crop and (ii) to assess the financial performance of these products. A total of 247 actors involved in the production, processing, and marketing of these products were surveyed, within a 100 km radius around Ouagadougou, the capital of Burkina Faso. The results reveal several value chains stages predominantly led by women, as in the case of amaranth and roselle. Average annual auto consumption of their own production at farmers level varies between 9 and 49%. For the producers, the contribution of these products ranges from 13% to 42% of the national poverty threshold. Net profit margins are above 50% for all producers, and for processors in the amaranth, roselle, and Bambara groundnut value chains. These crops can therefore contribute to food diversification and to improving the incomes of the actors involved.
Mots clés : alimentation / Burkina Faso / cultures négligées / revenu / sécurité alimentaire
Key words: food / Burkina Faso / neglected crops / income / food security
© F.R.S. Tietiambou et al., Hosted by EDP Sciences 2025
This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License CC-BY-NC (https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, except for commercial purposes, provided the original work is properly cited.
1 Introduction
L’Afrique de l’Ouest traverse une crise alimentaire depuis plusieurs années, au point qu’en 2019, environ 10,2 millions de personnes ont eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence (Zaouaq, 2020 ; FAO et al., 2021). En 2023, c’est près de 43 millions de personnes qui font face à l’insécurité alimentaire dans cette région d’Afrique (AFD, 2023), parmi lesquelles 1,2 million au Burkina Faso. Le système alimentaire du Burkina Faso est insuffisamment diversifié pour assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire de sa population (Savy, 2006 ; Lourme-Ruiz et al., 2016) qui consomme principalement des céréales et des légumes agrémentés occasionnellement de protéines et de légumineuses (Ouédraogo et al., 2021). Pour diversifier son système alimentaire et améliorer sa production actuelle, le pays s’est tourné vers des importations de produits alimentaires de base et d’intrants de synthèse, le rendant dépendant de l’extérieur et par conséquent vulnérable sur le plan alimentaire (Dugué et al., 2021). Cette vulnérabilité a été accentuée par la pandémie de Covid-19 qui a exercé une pression supplémentaire, provoquant des crises sanitaires et économiques qui ont réduit l’accès à la nourriture, en particulier chez les pauvres (Jha et al., 2021 ; El Bilali et al., 2023a). L’amélioration du système alimentaire local apparaît alors comme le principal défi à relever (Sposito, 2010 ; El Bilali et al., 2023b). Elle peut se faire à travers la diversification des produits agricoles, la promotion des productions locales et la transition agroécologique (Dugué et al., 2021). Ainsi, les cultures locales étant mieux adaptées aux conditions climatiques et environnementales, la transition agroécologique pourrait permettre la réduction de l’utilisation des intrants de synthèse importés. Les produits dérivés de plantes locales sont fortement appréciés par les consommateurs, surtout dans les villes, et peuvent contribuer à la hausse de la demande potentielle (Bricas et al., 2014). Ces opportunités commerciales associées à une plus forte production peuvent contribuer au développement des zones rurales où encore 53 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté : 380 euros par adulte et par an en 2021 (INSD, 2022).
L’amarante (Amaranthus hybridus L.), le moringa (Moringa oleifera L.), l’oseille de Guinée (Hibiscus sabdariffa L.), le voandzou (Vigna subterranea (L.)) et la patate douce (Ipomoea batatas (L.)) sont des plantes cultivées au Burkina Faso. Cependant, leur utilisation est limitée et très peu d’informations économiques les concernant sont disponibles. De plus, ces plantes ne sont pas spécifiquement intégrées dans les priorités et stratégies de développement économique du pays (El Bilali et al., 2024), ce qui les classe parmi les plantes négligées et sous-utilisées (NUS) (Padulosi et al., 2019). Ces plantes ont été identifiées et sélectionnées par le projet SUSLTLIVES « SUSTaining and improving local crop patrimony in Burkina Faso and Niger for better LIVes and EcoSystems – www.sustlives.eu » comme ayant un potentiel d’amélioration des conditions de vie des populations et des écosystèmes (SUSTLIVES, 2022). En effet, ces plantes sont riches en acides aminés essentiels, en vitamines, en minéraux, en fibres et en protéines (Issa et al., 2015 ; Kiari et al., 2019 ; Magagi et al., 2022). De plus, ces cultures sont adaptées aux conditions abiotiques locales. De ce fait, la promotion des chaînes de valeur (CV) de ces produits peut contribuer à renforcer durablement les systèmes agricoles et alimentaires (Zinsouklan et al., 2014). Les NUS étant caractérisées par une production dans un but premier d’autoconsommation familiale, leurs CV sont peu développées et en grande partie tournées vers l’espace domestique (Soullier, 2013). Une étude exploratoire sur les chaînes de valeur de ces produits est donc nécessaire.
La présente étude est une contribution à une meilleure connaissance des aspects financiers des CV des principaux produits issus des NUS cultivées au Burkina Faso. Il s’agit pour chacune (i) de décrire les chaînes de valeur des principaux produits bruts et transformés et (ii) d’évaluer la performance financière de la CV de chaque produit. L’analyse financière permettra de fournir des informations utiles aux décideurs pour discuter d’un soutien éventuel à ces CV.
2 Matériel et méthodes
2.1 Sites d’étude
La zone d’étude se situe dans le domaine soudano-sahélien du Burkina Faso. Ce domaine, compris entre les parallèles 11°N et 13°N, est caractérisé par des précipitations qui varient entre 600 et 900 mm par an avec une saison sèche qui dure huit mois. Les sites d’étude sont onze villages répartis dans quatre provinces des régions du Centre-Sud (province de Bazèga), du Centre-Ouest (province de Boulkiemdé), du Plateau central (province d’Oubritenga) et du Centre (province du Kadiogo). Ces villages sont Goudrin et Godin dans la province du Bazèga ; Pelbilin, Pella, Nindaga et Meninga dans la province du Boulkiemdé ; Kolgondiessé, Songpelecé et Loumbila dans la province de l’Oubritenga ; Koubri et Pabré dans la province du Kadiogo (Fig. 1). Ils sont localisés dans un rayon de 100 km autour de la ville de Ouagadougou (chef-lieu de la province du Kadiogo et capitale burkinabè) et inclus dans une des zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire au Burkina Faso (FAO, 2021). L’étude a aussi concerné les villes de Ouagadougou et de Ziniaré par lesquelles les produits transitent. Dans la plupart des provinces de la zone d’étude, la main-d’œuvre est majoritairement employée dans l’agriculture. Dans les provinces du Bazèga, du Boulkiemdé et de l’Oubritenga, plus de 70 % des ménages sont agricoles et l’agriculture constitue la principale source de revenus (INSD, 2023). Les principales cultures sont céréalières (mil, sorgho, maïs, riz) et horticoles (maraîchage et production fruitière) (INSD, 2023). Les petites exploitations familiales dominent. La végétation est caractérisée par des savanes, des forêts claires et des forêts galeries. Cette végétation se dégrade rapidement du fait du surpâturage, de la coupe du bois, des feux de brousse et de la variabilité climatique (Ouadba, 2003 ; MEVCC, 2021). En ce qui concerne la province du Kadiogo (où se situe Ouagadougou), seulement 23 % des ménages sont agricoles (INSD, 2023).
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Fig. 1 Sites d’étude. Source : BNDT (2012). Study sites. Source: BNDT (2012). |
2.2 Cadre d’analyse
Pour étudier les marchés des produits agricoles, plusieurs approches sont utilisées dans la littérature (Temple et al., 2011). L’analyse par filière met l’accent sur les processus technologiques répartis entre les différents acteurs afin de répondre à des objectifs d’orientation de politiques sectorielles par les pouvoirs publics nationaux, régionaux ou internationaux (Temple et al., 2011 ; Lançon et al., 2016). L’analyse par chaîne de valeur se focalise sur les formes de gouvernance et les modalités de coordination entre les acteurs. Elle est fondée sur l’idée selon laquelle en suivant le cheminement qui mène à la fabrication d’un bien, il est possible de mesurer l’effet d’un changement technique ou informationnel par des boucles de rétroaction (Thiel, 1998). Selon l’objectif de recherche ou de développement visé, cette approche peut combiner une multitude d’outils théoriques et de méthodes de collecte et d’analyse d’informations (McCormick et Schmitz, 2001). Dans tous les cas, une cartographie et un diagnostic des acteurs sont nécessaires. Dans le cadre de cette étude, l’analyse des chaînes de valeur adoptée utilise la méthode d’analyse coût/bénéfice sur des données collectées en milieu paysan et sur les marchés. Dans la pratique, la méthode d’évaluation rapide de marché (ERM) développée par le FIDA-Biodiversity (2021) a été adoptée pour la collecte des données. Cette méthode utilise les informations générales sur le système de production et de commercialisation de chaque NUS pour cartographier les différentes fonctions assurées par les acteurs. Par la suite, pour chaque fonction, des entretiens sont réalisés auprès d’un échantillon d’acteurs.
2.3 Échantillonnage et collecte des données
Les informations générales sur le système de production ont été recueillies auprès d’experts qui détiennent des connaissances sur ces cultures et leurs produits dérivés. Les produits retenus sont les tubercules et les frites pour la patate douce, les feuilles fraîches et le babenda (un mélange de feuilles, de riz brisé et d’arachide pilée) pour l’amarante, les calices secs et le nectar (obtenu en faisant bouillir les calices) pour l’oseille de Guinée, les feuilles fraîches et la poudre de feuilles pour le moringa, et enfin les graines crues et les graines bouillies pour le voandzou, soit au total 10 produits (Fig. 2). Seuls ont été étudiés ici les principaux produits frais ou transformés de consommation locale. En ce qui concerne la culture de ces espèces, il n’y a pas de fournisseurs de semences dans la zone d’étude. Celles-ci sont prélevées dans les récoltes précédentes, puis conservées et réutilisées directement à la ferme. La CV commence donc avec la mise en culture des différentes espèces. Trois fonctions principales ont été identifiées et analysées : la production, la commercialisation et la transformation.
Les acteurs de la production ont été sélectionnés de manière participative lors de focus groupes regroupant les producteurs de chaque village en tenant compte de la diversité de genre (Arinloye et al., 2017 ; Padilla-Pérez et Oddone, 2017 ; FIDA-Biodiversity, 2021). Des entretiens ont ensuite été faits de façon individuelle. Pour croiser les informations, un déplacement a été fait dans les champs. Au moins 30 producteurs ont été interrogés pour chaque culture dans l’ensemble de la zone étudiée. Concernant la transformation, seuls les acteurs de la transformation artisanale ont été considérés. Du fait de leur nombre relativement faible, ceux rencontrés ont été systématiquement interrogés. Concernant la commercialisation, les acteurs ont été interrogés sur les marchés des centres urbains après une sélection aléatoire d’au moins trois d’entre eux par marché, en fonction de leur disponibilité. Ce nombre est représentatif de la diversité des situations. Les grossistes s’approvisionnent surtout à partir des zones de forte production tandis que les détaillants s’approvisionnent auprès des grossistes localisés dans les villes. Au total 247 personnes ont été interrogées dont 59 pour le voandzou, 53 pour l’oseille de Guinée, 51 pour l’amarante, 48 pour le moringa et 36 pour la patate douce. Les données ont été collectées en 2022 et ont concerné la campagne agricole de 2021. Elles ont porté sur les quantités produites, vendues et autoconsommées ; les prix de vente ; les charges liées à la production, la transformation et la commercialisation. Les prix de vente considérés sont les prix courants fournis par les acteurs lors de l’enquête. Les flux quantitatifs produits et échangés entre les acteurs dans les CV ont été enregistrés et exprimés en quantités moyennes de produits (y compris la part auto-consommée et sans tenir compte des pertes).
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Fig. 2 Planche photographique de tubercules frais de patate douce (a), frites de tubercules de patate douce (b), feuilles d’amarante (c), babenda (sauce présentée sous une forme épaisse selon le mode de préparation observé dans la zone d’étude) (d), calices frais de l’oseille de Guinée (e), calices séchés de l’oseille de Guinée (f), nectar du calice de l’oseille de Guinée (g), feuilles fraîches de moringa (h), feuilles sèches de moringa (i), poudre de feuilles de moringa (j), graines de voandzou (k), graines bouillies de voandzou (l). Pictures of fresh sweet potato tubers (a), fried sweet potato tubers (b), amaranth leaves (c), babenda (a sauce presented in a thick form according to the preparation method observed in the study area) (d), fresh calyces of roselle (Hibiscus sabdariffa) (e), dried calyces of roselle (f), roselle calyx nectar (g), fresh moringa leaves (h), dried moringa leaves (i), moringa leaf powder (j), Bambara groundnut seeds (k), boiled Bambara groundnut seeds (l). |
2.4 Traitement et analyse des données
Pour décrire les CV des principaux produits, un graphique basé sur les symboles cartographiques développés et utilisés par la coopération allemande (GIZ) (Springer-Heinze, 2018) a été dressé. Concernant les performances financières, elles ont été évaluées à travers l’estimation des paramètres de rentabilité à partir du compte d’exploitation dressé pour chaque acteur. La période d’exercice considérée est celle d’une saison agricole pour la patate douce, l’amarante, l’oseille de Guinée et le voandzou (produits saisonniers), et d’une année pour le moringa. Elle est aussi d’une année pour les transformateurs et les commerçants. Ces paramètres de rentabilité sont le coût unitaire moyen du produit (Cm) (Éq. (1)), le revenu moyen annuel (Rev) (Éq. (2)), la marge bénéficiaire nette (MBN) (Éq. (3)), la valeur ajoutée (VA) (Éq. (4)) pour chaque acteur et sa part dans la valeur ajoutée totale des CV. Les formules utilisées sont celles de Springer-Heinze (2018) et de Coulibaly et al. (2010) ;
Cm est exprimé en euro/kg.
qm : quantité moyenne produite, commercialisée ou transformée.
Les charges totales sont les intrants utilisés, la main-d’œuvre, les taxes et le coût du transport.
CA représente le chiffre d’affaires.
VA est la Valeur ajoutée unitaire qui est l’augmentation de la valeur économique d’un produit par une activité de production, de transformation ou de commercialisation.
CI représente les consommations intermédiaires, qui sont les intrants utilisés (consommés) durant le processus de production, de transformation ou de commercialisation
Les acteurs n’étant pas spécialisés uniquement dans la production, l’achat ou la vente des produits étudiés, seules les charges directes liées au produit considéré ont été prises en compte dans les calculs. Ainsi, les coûts fixes ont été considérés nuls. Les paramètres ont été examinés à travers le calcul de la moyenne et de son erreur type. Les indicateurs qui concernent les valeurs monétaires ont été calculés en monnaie locale (F CFA) puis convertis en Euro (1 euro = 656 F CFA). Les valeurs du revenu ont été comparées au seuil de pauvreté nationale (380 euros en 2021) (INSD, 2022). Les analyses statistiques ont effectuées avec Excel.
3 Résultats
3.1 Description des chaînes de valeur des principaux produits
Sur la Figure 3, un diagramme décrit pour chaque espèce les types d’acteurs impliqués dans la chaîne de valeur des produits finis, non transformés (Fig. 3a et b) et transformés (Fig. 3c). Globalement, quatre types d’acteurs différents ont été identifiés et répartis dans les trois segments d’activité : le segment de la production opéré par les producteurs fournissant les récoltes dans les villages ; le segment de la commercialisation des produits bruts, regroupant les grossistes qui assurent la collecte des récoltes et leur vente en gros sur les marchés des villes, ainsi que les détaillants qui vendent les produits bruts par petits tas sur les marchés locaux (villages et villes) ; le segment de la transformation dans lequel les transformateurs transforment les produits bruts. Selon le nombre d’acteurs impliqués, trois circuits sont identifiés. Mis à part les feuilles fraîches de moringa dont la CV n’implique que les producteurs et les détaillants, les autres produits impliquent tous aussi des grossistes et/ou des transformateurs.
Pour l’amarante, les femmes représentent 55 % des acteurs de la production. La production moyenne annuelle par individu est de 346 kg de feuilles fraîches dont 14 % sont autoconsommés. Ces feuilles sont directement vendues aux grossistes à la récolte. Les grossistes assurent la vente de ces feuilles aux détaillants et aux transformateurs sur les marchés des villes. Ce sont les transformateurs (100 % de femmes) qui assurent la commercialisation directe du babenda, issu de la transformation aux consommateurs. Le babenda se prépare à partir des feuilles d’amarante. Il faut 0,2 kg de feuilles pour en obtenir 1 litre.
Pour le moringa, les hommes représentent 57 % des acteurs de la production. La récolte annuelle moyenne est de 181 kg par producteur dont 18 % sont autoconsommés. Les producteurs vendent leur production sous forme de feuilles fraîches et de feuilles séchées. Les feuilles fraîches sont vendues aux détaillants (Fig. 3b) qui assurent leur revente aux consommateurs sur le marché local (village). Les feuilles séchées transitent par les grossistes (33 % de femmes) qui les collectent pour les revendre aux transformateurs (67 % de femmes). Les transformatrices moulent ces feuilles séchées en poudre. Il faut en moyenne 7 kg de feuilles fraîches pour produire 1 kg de poudre. Il n’y a pas de grossiste de feuilles fraîches ni de détaillant de feuilles sèches.
Pour l’oseille de Guinée, les femmes sont majoritaires dans la production (67 %), la commercialisation (100 %) et la transformation (88 %). Les calices frais récoltés sont préalablement séchés par les producteurs (86 kg de production moyenne) avant d’être vendus aux grossistes. Les ménages autoconsomment 9 % de la production. Les grossistes stockent les calices séchés avant de les revendre aux détaillants et aux transformateurs. À partir des calices séchés, les transformateurs produisent du nectar et en assurent la commercialisation sur le marché. Pour produire le nectar (1 litre), les transformateurs font infuser les calices séchés (0,1 kg) dans de l’eau portée à ébullition.
Concernant le voandzou, les femmes représentent 53 % des producteurs, 33 % des grossistes, 57 % des détaillants et 100 % des transformateurs. Les producteurs produisent en moyenne 149 kg de graines dont 30 % sont autoconsommés. Ils vendent le reste de leur production aux grossistes qui les distribuent aux détaillants et aux transformateurs. Pour produire 1 kg de graines bouillies, les transformateurs utilisent 0,7 kg de graines crues.
Pour la patate douce, la production est majoritairement assurée par des hommes (78 %). Ces acteurs produisent en moyenne 220 kg de tubercules/exploitant/an (Tab. 1) dont 49 % sont autoconsommés. Les grossistes font la collecte des tubercules pendant la période de récolte et les revendent à la fois aux détaillants (Fig. 3a) et aux transformateurs (Fig. 3c). Ils collectent 216 580 kg en moyenne par entreprise chaque année. Les transformateurs produisent les frites de patate douce et assurent leur vente directement aux consommateurs sur le marché local. La production annuelle moyenne de frites est de 690 kg par transformateur. La friture sur feu doux de 1,3 kg de tubercules épluchés et découpés en morceaux, permet d’obtenir 1 kg de frites.
Le Tableau 1 résume, pour chaque produit, les quantités annuelles moyennes produites par les acteurs et les valeurs correspondantes. Dans tous les cas, les grossistes manipulent de grandes quantités. En termes de chiffre d’affaire, les valeurs varient entre 95 euros (moringa) et 206 euros (amarante) pour les producteurs. Les grossistes réalisent annuellement plus de 24 000 euros de chiffre d’affaire /exploitant et les détaillants entre 144 euros (feuilles fraîches de moringa) et 17 000 euros (tubercules de patate douce). Quant aux transformateurs, leur chiffre d’affaire varie entre 450 euros (frites de patate douce) et 2800 euros (nectar d’oseille de Guinée).
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Fig. 3 Diagramme des acteurs et produits des chaînes de valeur des espèces negligées et sous-utilisés. Actors and products diagram of the value chains of neglected and underutilized species. |
Quantités moyennes et valeurs des produits échangés par chaîne de valeur et par acteur par an.
Average quantities of products traded per VC and per actor per year.
3.2 Performance financière des chaînes de valeur des principaux produits
Le Tableau 2 présente les prix de vente et les coûts moyens par unité (en litre pour le babenda de l’amarante et le nectar d’oseille de Guinée et en kilogramme pour les autres produits) pour chaque acteur dans les CV étudiées. Pour la plupart des cultures, le prix pratiqué au détail représente au moins 2 fois le prix payé au producteur. Il n’y a que pour le voandzou que le prix au détail couvre à peine (moins de 1,5 fois) le prix au producteur. Cela permet à tous ces acteurs de tirer des revenus de leur activité.
Les revenus perçus par les acteurs des chaînes de valeur des NUS varient de 47 euro/an pour le détaillant de feuilles fraîches de moringa à 164 000 euros pour le grossiste de calices séchés d’oseille de Guinée (Tab. 3). Pour tous les produits, ce sont les grossistes qui ont le revenu le plus élevé, dépassant largement la valeur du seuil de pauvreté (> 100 %). Ensuite ce sont les transformatrices, sauf dans le cas de la patate douce et de l’amarante où les détaillants de tubercules et de feuilles fraîches perçoivent un revenu supérieur. Mis à part pour le moringa, c’est le producteur qui a le revenu annuel le plus faible (inférieur à 160 euros). Néanmoins, ce revenu obtenu par les producteurs représente de 13 % à 42 % de la valeur du seuil de pauvreté nationale.
Concernant la marge bénéficiaire nette (MBN), elle est supérieure à 50 % du chiffre d’affaires pour tous les producteurs et les transformateurs dans le cas de l’amarante, de l’oseille de Guinée et du voandzou. Pour la production, elle varie de 53 % pour le moringa à 89 % pour le voandzou. Pour la commercialisation (commerce de gros), elle varie entre 12 % pour le voandzou et 50 % pour la patate douce. Pour le détaillant, elle varie entre 33 % pour le moringa et 14 % pour le voandzou. Pour le secteur de la transformation, elle varie entre 29 % pour le moringa et 58 % pour l’amarante.
La Figure 4 présente la répartition de la valeur ajoutée finale générée dans chaque chaîne de valeur. Dans presque tous les cas (produits finis non transformés et transformés), ce sont les acteurs de la production qui contribuent le plus à la valeur ajoutée totale. Un kilogramme de feuilles fraîches d’amarante récolté chez le producteur génère une valeur finale d’un euro pour les feuilles fraîches vendus au detail, réparti entre 0,48 euro pour le producteur, 0,14 euro pour le grossiste et 0,42 euro pour le détaillant. Ce même kilogramme de feuilles fraîches génère une valeur finale de 0,85 euro pour le babenda, réparti entre 0,48 euro pour le producteur, 0,14 euro pour le grossiste et 0,23 euro pour le transformateur. Pour l’oseille de Guinée, un kilogramme de calices secs génère 2,2 euros pour les calices vendus au detail et 2 euros pour le nectar. Pour ce qui est du moringa, pour un kilogramme de feuilles fraîches récoltées, 0,87 euro est généré pour les feuilles fraîches vendues au detail et 12,7 euros pour la poudre. Pour le voandzou, 0,89 euro est généré pour les graines crues vendues au detail et 1,45 euros pour les graines bouillies. Dans le cas de la patate douce, un kilogramme de tubercules de patate douce génère 0,88 euro pour les tubercules vendus au detail et 0,87 euro pour les frites.
Prix unitaire moyen de vente (euro) et coût unitaire (euro) sur le marché des produits.
Average unit selling price (euro) and unit cost (euro) in the market for products.
Revenus annuels moyens (euro/an) et marge bénéficiaire nette (%) des acteurs de chaque chaîne de valeur.
Average annual income of actors (euro/year) and net profit margins (%) of the actors of each value chain.
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Fig. 4 Distribution de la valeur ajoutée générée par 1 kg de produit brut commercialisé par le producteur (euro/kg) dans chaque CV. Distribution of the added value generated by 1 kg of raw product marketed by the producer (euro/kg) along each VC. |
4 Discussion
4.1 Des espèces négligées et sous-utilisées qui génèrent cependant des activités financièrement rentables pour les acteurs
En se basant sur les indicateurs financiers proposés par Springer-Heinze (2018), l’étude révèle des différences entre les produits et entre les acteurs impliqués dans chaque chaîne de valeur. De façon générale, les commerçants affichent un chiffre d’affaires moyen élevé, du fait des grandes quantités qu’ils manipulent.
Dans la production, pour toutes les NUS, les prix de vente pratiqués par les producteurs représentent au moins deux fois les coûts qu’ils supportent. Ce qui occasionne des marges supérieures à 50 % chez ces acteurs. Cela suggère que les producteurs sont efficaces dans la gestion de leurs coûts. Pour les feuilles fraîches d’amarante et les graines crues de voandzou, les prix représentent respectivement quatre et huit fois les coûts (marges supérieures à 75 %). Dans la transformation, l’écart est également élevé, surtout pour le nectar d’oseille de Guinée (le prix de vente représente environ six fois les coûts), le babenda de l’amarante (deux fois) et les graines bouillies du voandzou (deux fois), soit des marges supérieures à 50 %. Ces activités sont alors financièrement rentables. Les valeurs très basses des coûts estimés ici pourraient cependant s’expliquer par la non prise en compte de certains éléments de coûts, comme la valeur des amortissements, dont l’estimation est très difficile en milieu paysan (Coulibaly et al., 2010), mais qui peut être considérée comme très faible pour ce type de producteurs et de produits. Par ailleurs la spécialisation entraîne des économies d’échelle, donc des coûts unitaires d’investissement ou d’exploitation plus bas ; mais dans certains contextes, l’absence de spécialisation peut aussi réduire les coûts. Dans des systèmes agricoles ou dans la transformation artisanale à petite échelle, la spécialisation n’amène pas toujours des gains de productivité suffisants pour compenser les coûts d’entrée élevés. Du côté de la production, très peu d’investissements sont réalisés pour ces cultures. Les semences proviennent des récoltes précédentes et la main-d’œuvre est essentiellement familiale. Les producteurs recyclent les ressources locales en utilisant leurs propres engrais organiques, ce qui réduit les coûts monétaires directs.
Pour ce qui est de la transformation, les marges inférieures à 50 % obtenues pour les frites de patate douce et pour la poudre de moringa s’expliquent du fait de la concurrence avec d’autres produits de même nature et des pertes enregistrées lors de la conservation. En effet, les frites de patate douce sont consommées sous forme d’amuse-gueules et sont commercialisées généralement avec des frites d’igname, des galettes à base de farine de mil et des biscuits de pâte d’arachide. Le consommateur a donc l’embarras du choix lors de l’achat. Pour éviter des méventes, les acteurs pratiquent des prix bas avec le minimum de marge. Pour ce qui est de la poudre de moringa, sa production demande beaucoup de main-d’œuvre pour la mouture. De plus, la poudre obtenue est très volatile et très sensible aux contaminations par les moisissures et les bactéries, ce qui entraîne des pertes (4 % au Niger d’après SOFRECO, 2022).
Pour la commercialisation, des différences ont également été constatées entre les produits. Par rapport aux autres cultures, pour le voandzou la variation verticale des prix entre les grossistes et les détaillants est faible. Le prix de vente au détail couvre à peine le prix du producteur. Cela pourrait être lié au fait que le voandzou est une légumineuse bourrative sur le plan alimentaire, de sorte qu’une petite quantité suffit pour le ménage. Seules de petites quantités sont alors achetées, contribuant à augmenter le délai de stockage et de conservation chez les commerçants. Or, les graines de voandzou sont fortement attaquées par les insectes. Ces attaques commencent au champ, puis se poursuivent avec un développement des larves pendant la phase de stockage (Sanon et al., 2006), ce qui augmente le risque de perte chez les commerçants et de ce fait les contraint à opter pour des prix bas. Ce constat est également fait chez les commerçants de feuilles fraîches (moringa et amarante) qui sont périssables et dont le circuit de commercialisation court permet de minimiser les pertes (Pérez et al., 1998 ; SOFRECO, 2022).
4.2 Des chaînes de valeur qui contribuent à la réduction de la pauvreté avec une sensibilité au genre
Au Burkina Faso, le seuil de pauvreté national a été fixé à 380 euros en 2021 (INSD, 2022). Cela veut dire qu’un burkinabè est considéré pauvre s’il a un revenu annuel inférieur à ce montant. Cette étude a montré que les activités développées dans la production, la transformation et la commercialisation des produits des chaînes de valeur de la patate douce, de l’amarante, de l’oseille de Guinée, du moringa et du voandzou ont généré pour chaque acteur un revenu annuel représentant au moins 12 % de la valeur du seuil de pauvreté national. Pourtant, dans les exploitations agricoles, ces activités ne sont pas principales et les cultures concernées sont censées ne pas faire l’objet de valorisation par la population (Padulosi et al., 2019). Cette part du revenu par rapport au seuil de pauvreté national n’est donc pas négligeable et cela pourrait contribuer à améliorer les moyens de subsistance pour l’achat d’aliments divers (Lourme-Ruiz et al., 2016) voire à dépasser le seuil de pauvreté. Cela pourrait être d’autant plus vrai pour les producteurs qui produisent plusieurs NUS, ce qui mériterait d’être davantage exploré. Ainsi, il est clair que ces cultures, malgré leur caractère minoritaire, présentent un intérêt économique et social, et ce d’autant plus que les femmes sont fortement représentées dans ces filières. Pourtant, actuellement, dans la zone d’étude (provinces du Boulkiemdé, de l’Oubritenga, du Bazèga et du Kadiogo), les paysans ne cultivent la patate douce, l’amarante, le moringa, l’oseille de Guinée et le voandzou que de façon résiduelle. Des superficies réduites leurs sont consacrées, par un petit nombre de personnes, et essentiellement pour l’alimentation familiale (SUSTLIVES, 2022), expliquant ainsi la faible production moyenne annuelle constatée (inférieure à 350 kg). En général au Burkina Faso, les cultures vivrières autoconsommées sont progressivement remplacées par des cultures vendues sur le marché comme l’arachide, le sésame, ou le riz, voire exportées comme le coton ; pour ces cultures marchandes, des semences améliorées et certifiées sont disponibles et les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement pour leur productions et pour la commercialisation des récoltes.
Selon la base de données FAOSTAT consultée en 2022 (www.fao.org/faostat), les superficies sont de plus en plus réduites pour la patate douce. Pour cette culture, la superficie est passée d’environ 11 000 ha en 2012 à 5800 ha en 2020 à l’échelle nationale. Il en est de même pour le voandzou, qui a connu ces dernières années une réduction de sa superficie (DGESS, 2019). Dans le cas du moringa, les études de Dao et al. (2016) ont montré une production localisée dans les jardins des associations de femmes. Même si certains auteurs (Reardon et al., 1997 ; Sidibé, 2005) attribuent les faibles productions agricoles au régime foncier et à la qualité des sols, les agriculteurs ont tendance à allouer plus de superficies aux cultures de sécurité alimentaire et de vente comme le sorgho, le maïs, le riz et l’arachide (INSD, 2023). Pour des cultures négligées comme l’amarante, l’oseille de Guinee et le voandzou, la production est réalisée sur des sols pauvres, par des femmes qui n’ont pas accès à la terre. Elles produisent les NUS principalement pour l’alimentation du ménage. Cela est très marqué pour l’amarante et l’oseille de Guinée dont les feuilles sont utilisées comme légumes dans la préparation de sauces. Selon Hilou et al. (2016), l’utilisation des légumes en Afrique présente un aspect genré : les hommes fournissent les céréales et les tubercules et ce sont les femmes qui cultivent généralement les légumes. Ce constat est partagé par des auteurs comme Padulosi et al. (2014) et Conti et al. (2019), qui ont montré que la culture des NUS emploie surtout des femmes ou des personnes vulnérables (en marge de la société). Effectivement la plupart des acteurs opérant dans les chaînes de valeur des espèces négligées et sous-utilisées ciblées dans cette étude sont des femmes. Ce sont seulement les segments de la production du moringa et de la patate douce, et de la commercialisation des feuilles sèches du moringa et des graines de voandzou, qui sont dominés par les hommes, car les opérations culturales du moringa et de la patate douce demandent de plus gros efforts physiques : la confection de buttes pour la patate douce et la plantation pour le moringa. Ce constat a été également fait par Koussoubé et al. (2018) en ce qui concerne la patate douce et par Dao et al. (2016), pour ce qui est du moringa.
Il en est de même pour les produits forestiers non ligneux où des études au Burkina Faso montrent l’accès complexe des femmes à ces ressources ; mais leur gestion communautaire et la valeur ajoutée par des chaînes de valeur adaptées peuvent favoriser leur développement (Gausset et al., 2005 ; Friman, 2023). Cela pourrait offrir des pistes pour les NUS, notamment en ce qui concerne la promotion de l’accès égalitaire à la terre pour les femmes, le renforcement des capacités techniques et commerciales des producteurs, et le développement des marchés locaux et régionaux pour ces produits. Ainsi, si l’on admet que la croissance économique et le succès commercial des personnes vulnérables sont capables de fournir une solution durable au problème de la pauvreté (Springer-Heinze, 2018), la promotion de ces cultures peut être une contribution à la réduction de la pauvreté locale. De ce fait, un développement des chaînes de valeur de leurs produits pourrait contribuer non seulement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population mais aussi à la génération de revenus et in fine la réduction de la pauvreté.
4.3 Un goulot d’étranglement majeur dans les chaînes de valeur de toutes les espèces négligées et sous-utilisées
L’étude a révélé l’inégale répartition des revenus et de la valeur ajoutée dans les chaînes de valeur des espèces négligées et sous-utilisées. Même si, de façon générale, la part du revenu obtenu par rapport à la valeur du seuil de pauvreté national n’est pas négligeable, les revenus sont faibles chez les producteurs comparativement aux autres acteurs. Il y a donc une répartition inégale des revenus dans les chaînes de valeur (Coulibaly et al., 2010). Cela pourrait s’expliquer du fait des quantités faibles produites annuellement, dont seulement le surplus est commercialisé. Ainsi, afin d’augmenter le revenu de ces acteurs, une stratégie orientée vers la promotion de ces cultures serait essentielle pour augmenter les quantités produites. Quant à la valeur ajoutée créée, la contribution de la transformation est faible pour la patate douce, l’amarante et l’oseille de Guinée. Les faibles valeurs ajoutées constatées pour les produits transformés de ces cultures peuvent s’expliquer par les pertes engendrées dans le transport des matières premières et dans la conservation. Mis à part les calices de l’oseille de Guinée, les tubercules de patate douce, les feuilles de moringa et d’amarante ne peuvent pas être stockées, ce qui conduit les agriculteurs à les vendre rapidement (Peters, 2013). Pourtant, la demande pour ces cultures est croissante, avec des possibilités d’exportation pour l’oseille de Guinée et la patate douce. Ces produits figurent même dans la liste des créneaux porteurs au Burkina Faso depuis 2005 (Yaméogo, 2005). Une amélioration de ces CV est nécessaire ; cela peut se faire, par exemple, par la promotion de meilleures techniques de conservation et de transformation et par une meilleure capacité à négocier les prix de vente avec les grossistes et les détaillants.
5 Conclusion
La connaissance d’informations économiques et financières sur les cultures négligées et sous-utilisées et leurs produits est indispensable pour orienter les décisions politiques et les acteurs des services d’appui aux chaînes de valeur. Si une croissance économique due à l’augmentation des revenus des pauvres constitue une solution durable au problème de la pauvreté, il ressort de cette étude que les chaînes de valeur de la patate douce, du moringa, de l’amarante, de l’oseille de Guinée et du voandzou, qui mobilisent des acteurs vulnérables, peuvent aider à réduire la pauvreté. Leur production génère des revenus pour les acteurs et crée de la valeur pour l’économie locale. Avec l’accroissement continu de la population, ces cultures peuvent changer d’échelle de production pour couvrir la demande de biens alimentaires et satisfaire les besoins de la population. Cette étude montre également, à travers l’exemple des frites de patate douce, du babenda d’amarante et du nectar d’oseille de Guinée, que ce ne sont pas toujours les produits transformés qui créent le plus de valeur ajoutée. Une amélioration de la transformation artisanale est nécessaire. Les résultats de cette étude seront ainsi utiles à la fois pour les entrepreneurs désirant valoriser ces cultures (transformation locale) et les décideurs politiques qui élaborent la stratégie nationale de lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition.
Du fait de leur adaptation aux conditions du milieu naturel, la promotion de ces espèces pourrait également contribuer à réduire les effets négatifs du changement climatique. Ainsi, le développement des chaînes de valeur des produits de ces espèces peut être une voie de diversification alimentaire, de développement de la consommation locale d’aliments nutritifs et de développement économique local.
L’amélioration de la production et de la transformation est une option pour augmenter le revenu des producteurs et mieux valoriser les produits transformés pour la patate douce, l’oseille de Guinée et l’amarante. Cependant, au regard des faibles productions et de la réduction des superficies cultivées au niveau national, une étude approfondie de la production de ces NUS est nécessaire pour comprendre les facteurs qui déterminent cette production. Il serait également intéressant d’étudier la coordination des acteurs dans ces chaînes de valeur.
Remerciements
Les auteurs remercient les acteurs des chaînes de valeur de la patate douce, du moringa, de l’oseille de Guinée, de l’amarante et du voandzou pour les informations fournies, ainsi que les personnes impliquées dans la collecte des données. Les auteurs remercient également Naino Jika Abdel Kader, Otieno Gloria et Ghione Andrea pour leurs suggestions très appréciées. Le Financement a été assuré par le projet SUSTLIVES (SUSTaining and improving local crop patrimony in Burkina Faso and Niger for better LIVes and EcoSystems – www.sustlives.eu), de l’initiative DeSIRA (Development Smart Innovation through Research in Agriculture), soutenu par l’Union européenne (FOOD/2021/422-681).
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Citation de l’article : Tietiambou FRS, De Falcis E, Oumarou Haladou I, Grazioli F, Borelli T, Lochetti G, Kiebre Z, Kabre B, Acasto F, Pugliese P, Bteich M-R, Callieris R, Cardone G, El Bilali H, Gonnella M, Moretti A, Calabrese N, Dan Guimbo I, Dambo L, Diawara AB, Nouhou B, Nanema J. 2025. Diagnostic des chaînes de valeur des produits de quelques espèces négligées et sous-utilisées au Burkina Faso. Cah. Agric. 34: 36. https://doi.org/10.1051/cagri/2025038
Liste des tableaux
Quantités moyennes et valeurs des produits échangés par chaîne de valeur et par acteur par an.
Average quantities of products traded per VC and per actor per year.
Prix unitaire moyen de vente (euro) et coût unitaire (euro) sur le marché des produits.
Average unit selling price (euro) and unit cost (euro) in the market for products.
Revenus annuels moyens (euro/an) et marge bénéficiaire nette (%) des acteurs de chaque chaîne de valeur.
Average annual income of actors (euro/year) and net profit margins (%) of the actors of each value chain.
Liste des figures
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Fig. 1 Sites d’étude. Source : BNDT (2012). Study sites. Source: BNDT (2012). |
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Fig. 2 Planche photographique de tubercules frais de patate douce (a), frites de tubercules de patate douce (b), feuilles d’amarante (c), babenda (sauce présentée sous une forme épaisse selon le mode de préparation observé dans la zone d’étude) (d), calices frais de l’oseille de Guinée (e), calices séchés de l’oseille de Guinée (f), nectar du calice de l’oseille de Guinée (g), feuilles fraîches de moringa (h), feuilles sèches de moringa (i), poudre de feuilles de moringa (j), graines de voandzou (k), graines bouillies de voandzou (l). Pictures of fresh sweet potato tubers (a), fried sweet potato tubers (b), amaranth leaves (c), babenda (a sauce presented in a thick form according to the preparation method observed in the study area) (d), fresh calyces of roselle (Hibiscus sabdariffa) (e), dried calyces of roselle (f), roselle calyx nectar (g), fresh moringa leaves (h), dried moringa leaves (i), moringa leaf powder (j), Bambara groundnut seeds (k), boiled Bambara groundnut seeds (l). |
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Fig. 3 Diagramme des acteurs et produits des chaînes de valeur des espèces negligées et sous-utilisés. Actors and products diagram of the value chains of neglected and underutilized species. |
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Fig. 4 Distribution de la valeur ajoutée générée par 1 kg de produit brut commercialisé par le producteur (euro/kg) dans chaque CV. Distribution of the added value generated by 1 kg of raw product marketed by the producer (euro/kg) along each VC. |
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