Open Access
Article de recherche / Research Article
Numéro
Cah. Agric.
Volume 31, 2022
Numéro d'article 10
Nombre de pages 6
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2022008
Publié en ligne 27 avril 2022

© B.P. Dufour et al., Hosted by EDP Sciences 2022

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1 Introduction

Parmi les ravageurs du caféier, le scolyte des fruits, Hypothenemus hampei (Ferrari) (Coleoptera : Curculionidae : Scolytinae) est le plus cosmopolite et le plus menaçant pour la caféiculture mondiale (Fig. 1), portant à plusieurs centaines de millions de dollars US, le coût des pertes économiques annuelles (Durham, 2004). Pour le seul territoire de Hawaii, ce coût a été récemment estimé à environ 21 millions de dollars US par an (Johnson et al., 2018). Originaire d’Afrique, H. hampei a conquis au cours d’un siècle une grande partie de l’Asie, le continent américain dans son ensemble, ainsi que la plupart des pays de la zone caribéenne, puis Hawaii (Johnson et al., 2020). En 2012, le scolyte a été identifié en Martinique, département français d’outre-mer (Dufour, 2013), et s’est définitivement installé en Papouasie Nouvelle Guinée en 2017 (CIC Newsletter, 2017) après avoir été détecté puis éradiqué en 2009 dans la zone frontalière de la partie indonésienne de l’île (Sastroutomo et al., 2013). En 2021, c’est au tour de la Guadeloupe d’être impactée par le scolyte. Ses capacités d’adaptation et de dispersion sont remarquables. En effet, H. hampei a la particularité de s’acclimater à toutes les situations agroclimatiques de la culture du caféier à l’intérieur de la frange intertropicale. Il accomplit son cycle de vie à l’intérieur des cerises de café qui lui assurent une protection efficace contre les agressions extérieures, qu’elles soient physiques, chimiques ou biologiques (Fig. 2). C’est seulement lorsque les jeunes femelles quittent leur fruit hôte pour en coloniser de nouveaux et assurer leur descendance, que le phénomène de dispersion prend toute son importance. D’une manière générale, les femelles volent sur de courtes distances, de glomérule à glomérule ou de branche à branche, en période de fructification (Román-Ruiz et al., 2018). En revanche, elles peuvent parcourir des distances de plusieurs dizaines de mètres après leur émergence des fruits résiduels, notamment en période de post récolte lorsque les fruits appétents sont rares et dispersés (Dufour et al., 2004 ; Olivas et al., 2010). Cependant, cette dispersion active mais limitée dans sa progression, ne présente pas les mêmes dangers que la dissémination passive, difficilement contrôlable, principalement liée au transport des cerises fraîchement récoltées depuis les plantations infestées jusqu’aux sites de transformation. En fait, ce sont les activités humaines qui ont favorisé la circulation du scolyte de pays en pays. Par exemple, son entrée sur le continent américain en 1913 s’est effectuée par voie maritime à partir de cargaisons en provenance d’Afrique, à destination du Brésil (Neiva et al., 1924). Même constat pour Hawaï, dont l’isolement géographique et les mesures de quarantaine n’ont pas empêché l’entrée du scolyte, dont la détection a été notifiée en 2010 (Johnson et al., 2020).En Guadeloupe, la détection du scolyte a alerté la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) qui s’est immédiatement mobilisée. Très vite, cette information a été rendue publique afin que la population locale soit informée sur les risques de propagation. Par rapport à l’urgence sanitaire, il convenait tout d’abord de préciser le contexte général de la caféiculture de la région et d’officialiser la lutte obligatoire par un arrêté préfectoral. Dans un deuxième temps, une large campagne de prospection a été mise en place, avec l’appui de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON-Guadeloupe), institution à vocation sanitaire pour le secteur du végétal, afin d’évaluer la prévalence du ravageur sur le territoire, de caractériser les premiers foyers identifiés, d’appliquer les premières mesures de lutte et de rechercher l’origine éventuelle de cette incursion. Sur ces bases, l’analyse de la situation réelle permettra de concevoir une lutte adaptée à plus long terme.

Cette note a donc pour but de faire le point sur la situation sanitaire liée à la présence d’H. hampei en Guadeloupe, quelques mois après la découverte du premier foyer d’infestation. Elle présente également les acteurs impliqués dans la lutte contre ce ravageur et propose des actions à mener pour protéger la filière café contre les nuisances de ce ravageur.

thumbnail Fig. 1

Femelle d’Hypothenemus hampei (Ferr.). Longueur : 1,6 mm. © ANSES.

Female of Hypothenemus hampei (Ferr.). Size: 1.6 mm. © ANSES.

thumbnail Fig. 2

Fruits de café perforés au niveau du disque apical par des femelles d’Hypothenemus hampei (Ferr.). Photo CIRAD.

Coffee berries perforated at the apical disc by females of Hypothenemus hampei (Ferr.). Photo CIRAD.

2 Bref historique et situation actuelle de la caféiculture en Guadeloupe

L’histoire de l’introduction du caféier en Guadeloupe est fortement associée à celle de son implantation en Martinique au début du XVIIIe siècle (Lafleur, 2006). Gabriel de Clieu, gouverneur de la Guadeloupe de 1737 à 1753, fut le plus grand protecteur de cette culture dans ces deux îles (Du Bois, 1855). À l’époque, le café de Guadeloupe était principalement cultivé dans la partie ouest de la Basse-Terre, ou Côte-sous-le-Vent (Fig. 3), et sa production n’a jamais connu autant d’ampleur qu’entre 1765 et 1785 (Lafleur, 2006). Ainsi, à la veille de la révolution, l’ensemble des îles françaises des Antilles, dont fait partie la Guadeloupe, produisaient environ cinquante mille tonnes de café par an (Jeanguyot et al., 2003). Par la suite, différents bouleversements politiques, économiques et sociaux, ainsi que des crises sanitaires et des perturbations climatiques, ont contribué au déclin de la caféiculture de l’île, qui s’est accentué, notamment après la première guerre mondiale.

Coffea arabica est l’espèce de café dominante en Guadeloupe et la variété Typica serait la mieux représentée et la plus appréciée pour ses qualités organoleptiques (Dulcire et Ribeyre, 2003). Actuellement, le marché du café s’appuie sur la renommée historique de l’appellation « Guadeloupe Bonifieur ».

En 2021, la Guadeloupe compte 62 parcelles déclarées de café/cacao couvrant 122 ha, exploitées par 34 producteurs (DAAF, 2020). La taille moyenne des exploitations est modeste avec un minimum de 0,12 ha et un maximum de 36,33 ha ; la grande majorité des parcelles ne dépasse pas 4 ha (DAAF, 2020). Aujourd’hui encore, la plupart des exploitations se situent dans la partie ouest de Basse-Terre, bénéficiant d’un ensoleillement important. Il semble par ailleurs que, depuis son introduction, la culture de C. arabica se soit adaptée à des altitudes relativement basses (moins de 650 m) (Louisor, 2003). La caféiculture guadeloupéenne, et plus particulièrement celle de Basse-Terre, se caractérise par la diversité des systèmes de production, avec des densités variables allant de 850 à 2500 plants/ha, des associations culturales privilégiant la banane et des itinéraires techniques irréguliers impliquant un entretien réduit de la majorité des exploitations, sauf pour celles associant café et banane destinée à l’export (Louisor, 2003 ; Dulcire et Ribeyre, 2003). De fait, la productivité de la majorité des caféières est faible ; le rendement moyen ne dépasse pas 137 kg de café parche sec/ha (Louisor, 2003).

uelle, de septembre à février, et comporte plusieurs passages au cours desquels ne sont prélevées que les cerises mûres – ces cerises étant produites au cours de plusieurs floraisons successives. Leur stockage se fait généralement non loin des parcelles et quelquefois à la ferme ; elles sont ensuite dépulpées et fermentées, puis le café parche est lavé (Louisor, 2003). Il n’y a pas d’uniformité dans les opérations de séchage, notamment pour ce qui concerne le lieu, la technique et la durée.

Dans la majorité des cas, les exploitants livrent leur récolte à l’entreprise VANIBEL qui assure le déparchage et la torréfaction (Louisor, 2003).

thumbnail Fig. 3

Communes de la Guadeloupe où le scolyte a successivement été signalé : 1. Capesterre-Belle-Eau (12/03/2021), 2. Vieux-Habitants (18/06/2021), 3. Saint-Claude (10/08/2021) et 4. Sainte-Rose (16/08/2021) – Données actualisées le 18/09/2021. Source : www.antillesexception.com.

Communes in Guadeloupe where the coffee berry borer has been successively reported: 1. Capesterre-Belle-Eau, (12/03/2021), 2. Vieux-Habitants, (18/06/2021), 3. Saint-Claude (10/08/2021) and 4. Sainte-Rose (16/08/2021) – Updated on 18/09/2021. Source: www.antillesexception.com.

3 Première détection d’H. hampei à Capesterre-Belle-Eau, signalement et premières mesures administratives de la DAAF

Hypothenemus hampei a été détecté pour la première fois en Guadeloupe en février 2021, dans un jardin privé situé sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, hors de la zone urbaine, au sud-est de la Basse-Terre et à 270 m d’altitude (Fig. 3). À l’initiative de la DAAF, des cerises infestées ont été prélevées par la FREDON-Guadeloupe sur l’un des deux caféiers productifs de la propriété (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 2021) pour en extraire les différents stades de développement du ravageur. L’identification de l’espèce a été réalisée le 18 mars 2021 au Laboratoire de la santé des végétaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), à Montferrier-sur-Lez, France, à partir d’un échantillon de 100 femelles adultes. D’après les observations du premier auteur de cette note, le caféier infesté, d’une hauteur d’environ 4 m, âgé de plus de 30 ans et produisant des cerises à gros grains, serait un plant de Coffea liberica, espèce présente en Guadeloupe mais peu cultivée. Le deuxième caféier productif, identifié par le même auteur comme étant Coffea arabica, avait été récolté puis élagué juste avant la prise d’échantillon sur le premier. Il était également porteur de fruits infestés.

L’arrêté portant les mesures de lutte contre le scolyte des baies du caféier, H. hampei, a été publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 15 avril 2021 (DAAF, 2021). Il indique que ce ravageur est un organisme de quarantaine et que toute détection doit être obligatoirement signalée. Cet arrêté a donné suite à la mise en route de la communication grand public via internet. Dans le même temps, une équipe de la FREDON a été sollicitée pour circonscrire le foyer de Capesterre-Belle-Eau. Ainsi, tous les faits marquants associés à la détection ont été consignés dans le tableau 1.

Tableau 1

Chronologie des activités réalisées sur le site de Capesterre-Belle-Eau par les principaux intervenants, après le signalement de la présence d’Hypothenemus hampei (Ferr.).

Chronology of activities carried out at the Capesterre-Belle-Eau site by the main stakeholders, after the presence of Hypothenemus hampei (Ferr.) was reported.

4 Détection d’H. hampei dans une plantation commerciale de la commune de Vieux-habitants

Le scolyte a été détecté dans le domaine de VANIBEL par une équipe de la FREDON le 18 juin 2021, dans le cadre des premières prospections organisées dans la région et à la suite de la demande d’assistance par le responsable de ce domaine (Fig. 3). L’espèce hampei a été confirmée à nouveau par l’ANSES. D’après les observations de terrain, la plantation, d’une superficie de 15 ha, située dans la zone de la Côte-sous-le-Vent, entre 330 m et 488 m d’altitude, est menacée dans son intégralité. La récolte sanitaire a été réalisée par le propriétaire sur une superficie d’1 ha et les cerises récoltées ont été détruites. Devant la remarquable capacité de dispersion du scolyte ainsi que sa colonisation supposée ancienne (une année au moins), toute tentative d’éradication a été jugée inopérante. Toutefois, avant la mise en place de mesures sanitaires d’urgence pour ralentir le phénomène d’invasion et enrayer la progression de ce ravageur, il convenait tout d’abord d’assurer la récolte complète des fruits mûrs et de les transporter vers le site de traitement de post-récolte, dans des contenants clos pour éviter tout risque de dispersion au cours du trajet.

5 Nouvelles détections

En août 2021, des échantillons prélevés dans les communes de Saint-Claude et de Sainte-Rose puis identifiés par l’ANSES, ont montré que H. hampei était présent sur ces deux territoires.

6 Les mesures sanitaires d’urgence

Sur le site de Capesterre-Belle-Eau, le propriétaire a procédé à une taille sévère de tous les caféiers productifs. Les résidus de la taille ont été rassemblés par petits tas, puis brûlés. Par ailleurs, deux pièges BROCAP© ont été installés par une équipe de la FREDON dans le but de capturer les scolytes émergeant d’éventuels fruits résiduels disséminés sur le sol.

Dans le domaine VANIBEL, la dissémination très avancée du ravageur a rendu difficile l’application des premières consignes préconisées par l’arrêté préfectoral, notamment la récolte et la destruction de tous les fruits, quel que soit leur stade de maturation, et fait craindre sa dispersion sur le territoire guadeloupéen plus rapidement que prévu. En premier lieu, huit pièges attractifs BROCAP© ont été répartis dans la plantation dans un but de détection. Ensuite, dans l’attente des résultats complets de la mission de prospection, des mesures de lutte ont été envisagées, telles que le prélèvement et la destruction des fruits résiduels abandonnés au sol et sur les branches après le dernier passage de récolte, ainsi que l’élimination sélective des jeunes fruits infestés issus de la première floraison, afin de protéger les plus jeunes fruits issus des floraisons suivantes, et limiter ainsi les pertes de production.

À Saint-Claude et Sainte-Rose, la situation est actuellement, début septembre 2021, en cours d’étude.

7 Origine de l’infestation

Comme ce fut le cas pour la Martinique en 2012 (Dufour, 2013), l’introduction du ravageur et les conditions de son installation en Guadeloupe ne seront sans doute jamais clairement expliquées, bien que des études de génétique puissent apporter des précisions sur la lignée introduite ainsi que sur son origine géographique (Benavides, 2007). Il serait intéressant de vérifier le lien entre le foyer de Capesterre-Belle-Eau et celui de la plantation de VANIBEL. Il conviendrait par ailleurs d’étudier la possible introduction du scolyte en Guadeloupe à partir de la Martinique, sachant que le foyer de scolytes découvert à Fonds-Saint-Denis en 2012 n’a pas pu être éradiqué et que le ravageur se serait même disséminé dans d’autres zones (Mouttet, non publié).

8 Quelles mesures de lutte pour les années à venir ?

La lutte contre le scolyte compte parmi les principales mesures destinées à la protection sanitaire de la culture du café, et plus particulièrement à la conservation de la qualité des récoltes, qui est un enjeu permanent au niveau mondial. Dans tous les pays producteurs de café, nombreux sont les caféiculteurs qui appliquent des méthodes de lutte qu’ils ont sélectionnées parmi la diversité existante (Damon, 2000). Toutefois, le choix d’une méthode dépend de plusieurs facteurs tels que les conditions agro-climatiques, le type d’exploitation, les ressources en main-d’œuvre, la disponibilité de moyens technologiques, les limitations financières, etc. Ainsi, les grandes exploitations brésiliennes très productives et hautement mécanisées utilisent des insecticides, qui font aujourd’hui encore l’objet de recherches sur leur efficacité et leur impact environnemental (Alvez-Luz et al., 2019). En Colombie, la recherche s’est focalisée depuis plusieurs années sur la lutte intégrée avec une attention particulière sur les pratiques culturales et la lutte biologique, dont les principes sont à la portée des petits producteurs (Bustillo, 2002, 2009 ; Aristizábal et al., 2011a, b). En République Dominicaine, le piégeage est la méthode de lutte la plus utilisée (CODOCAFE, 2017). Elle est toutefois assortie de récolte sanitaire et de lutte biologique, grâce notamment à des lâchers de Cephanolomia stephanoderis Betrem, micro-hyménoptère parasitoïde élevé localement.

La culture du caféier en Guadeloupe, et plus particulièrement celle de la Basse-Terre, se caractérise par la diversité des systèmes de production, avec des itinéraires techniques irréguliers, impliquant un entretien réduit de la majorité des exploitations, sauf pour celles associant café et banane destinée à l’export (Louisor, 2003 ; Dulcire et Ribeyre, 2003). De fait, la productivité de la majorité des caféières est faible (Louisor, 2003). Dans ce contexte, il est difficile d’envisager une lutte effective contre le scolyte si certaines opérations de base ne sont pas réalisées : la taille ou l’élagage pour optimiser l’architecture des caféiers et faciliter ainsi les opérations de récolte, le désherbage et le nettoyage des parcelles permettant de mettre en évidence la chute des fruits. La première mesure de lutte qu’il conviendrait d’appliquer est la récolte sanitaire stricte, consistant à éliminer tous les fruits résiduels, infestés ou non, encore présents sur les branches, peu après le dernier passage de récolte. En complément, des opérations de piégeage de masse mises en œuvre selon le dispositif habituel (Dufour et al., 2002, 2004) permettraient de capturer les femelles colonisatrices issues des fruits résiduels tombés au sol, sans avoir à les ramasser manuellement, puis de les détruire. Cette technique pourrait s’insérer dans le calendrier des activités agronomiques, en période de post-récolte, pour une durée d’environ quatre mois.

9 Suivi de la situation sanitaire en Guadeloupe

Les services de la DAAF et les équipes de prospection de la FREDON demeurent en charge de la surveillance sanitaire liée à la détection du scolyte en Guadeloupe et de la collecte d’information sur la dispersion et l’intensité des infestations. Les questions concernant l’accompagnement des producteurs dans la lutte sont actuellement à l’étude. Au fur et à mesure que les prospections signaleront de nouveaux foyers d’infestation, tels que ceux de Saint-Claude et de Sainte-Rose, il conviendra de les traiter de la même façon, qu’ils soient réduits et isolés comme celui de Capesterre-Belle-Eau ou plus étendus et proches d’autres plantations comme celui de VANIBEL. En effet, à l’heure où ce document est rédigé, les scolytes ne semblent se disperser que de proche en proche sur les caféiers et dans les parcelles. Ainsi, le prélèvement puis la destruction des cerises infestées reste momentanément le seul moyen efficace pour réduire les niveaux d’infestation en attendant la période de récolte. Ensuite, la lutte associant récolte sanitaire stricte et piégeage pourra être mise en œuvre pendant la période de post-récolte.

Si l’intrusion d’H. hampei dans la culture du café en Guadeloupe est devenue une menace pour toute la filière café de la région, elle est peut-être une opportunité pour déclencher le processus de modernisation de la caféiculture locale et tenter le pari de l’agroforesterie biologique.

Remerciements

Nous remercions les équipes de prospection qui ont apporté de précieuses informations à l’élaboration de ce document, Fabienne Ribeyre (CIRAD), ainsi que Bénédicte Delarue et Pierre Ehret (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation), qui ont contribué à sa révision.

Références

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Citation de l’article: Dufour BP, Diman C, de San Mateo A, Mouttet R. 2022. Le scolyte des fruits du caféier, Hypothenemus hampei (Ferr.) détecté en Guadeloupe. Cah. Agric. 31: 10.

Liste des tableaux

Tableau 1

Chronologie des activités réalisées sur le site de Capesterre-Belle-Eau par les principaux intervenants, après le signalement de la présence d’Hypothenemus hampei (Ferr.).

Chronology of activities carried out at the Capesterre-Belle-Eau site by the main stakeholders, after the presence of Hypothenemus hampei (Ferr.) was reported.

Liste des figures

thumbnail Fig. 1

Femelle d’Hypothenemus hampei (Ferr.). Longueur : 1,6 mm. © ANSES.

Female of Hypothenemus hampei (Ferr.). Size: 1.6 mm. © ANSES.

Dans le texte
thumbnail Fig. 2

Fruits de café perforés au niveau du disque apical par des femelles d’Hypothenemus hampei (Ferr.). Photo CIRAD.

Coffee berries perforated at the apical disc by females of Hypothenemus hampei (Ferr.). Photo CIRAD.

Dans le texte
thumbnail Fig. 3

Communes de la Guadeloupe où le scolyte a successivement été signalé : 1. Capesterre-Belle-Eau (12/03/2021), 2. Vieux-Habitants (18/06/2021), 3. Saint-Claude (10/08/2021) et 4. Sainte-Rose (16/08/2021) – Données actualisées le 18/09/2021. Source : www.antillesexception.com.

Communes in Guadeloupe where the coffee berry borer has been successively reported: 1. Capesterre-Belle-Eau, (12/03/2021), 2. Vieux-Habitants, (18/06/2021), 3. Saint-Claude (10/08/2021) and 4. Sainte-Rose (16/08/2021) – Updated on 18/09/2021. Source: www.antillesexception.com.

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