Open Access
Article de recherche / Research Article
Numéro
Cah. Agric.
Volume 29, 2020
Numéro d'article 15
Nombre de pages 10
DOI https://doi.org/10.1051/cagri/2020013
Publié en ligne 16 juin 2020

© A. Bouzid et al., Hosted by EDP Sciences 2020

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1 Introduction

Dans un contexte économique complexe, comme c’est le cas en Algérie, l’innovation en agriculture semble un choix stratégique majeur en termes d’adaptation des acteurs et des organisations aux évolutions des conditions bioéconomiques. L’agriculteur est considéré comme un entrepreneur à part entière (identification et saisie des opportunités, prise de risques, conduite de projet, innovation, etc.).

Les études menées par les structures publiques et internationales et les travaux scientifiques sur l’innovation en agriculture visent à expliquer les motivations des agriculteurs face aux besoins de changement et à déterminer les mesures d’accompagnement favorables à l’adoption des innovations par les agriculteurs. Les travaux menés sur l’innovation agricole dans les pays européens (Diederen et al., 2002), dans les pays méditerranéens (Pouch, 2015 ; Faure et al., 2018) et africains (Gu-Konu, 1999) s’accordent tous sur un point : face au marché, les agriculteurs doivent faire évoluer leurs pratiques et donc, dans la mesure du possible, innover pour rester compétitifs et maintenir leurs activités.

Selon les résultats de ces études empiriques, l’adoption d’une innovation dépend de plusieurs déterminants :

Plusieurs travaux montrent que l’adoption des innovations est également influencée par les réformes et les incitations liées au marché (subvention des prix, taxe sur les produits importés, libéralisation des prix, etc.). Les incitations et les réformes qui touchent le marché conduisent selon les contextes à l’adoption d’innovations (Warr, 2008 ; Lançon et Méndez del Villar, 2012) ou au contraire à des comportements de rentiers et donc à une production limitée pour la garantie d’un certain revenu, comme dans le cas de la subvention des prix (Fok et al., 2000) ou de la régulation du marché par le stockage (Hitouche et al., 2019).

L’adoption des innovations peut aussi être expliquée par l’engagement et le professionnalisme de l’agriculteur, et ses capacités à être dans des réseaux. Plusieurs travaux ont montré que la qualité de la relation établie entre l’agriculteur et ses conseillers agricoles, le suivi de formations qualifiantes, l’appartenance à des réseaux et associations professionnels, ont un effet positif sur l’adoption des innovations (Knowler et Bradshaw, 2007). En effet, le rôle joué par des intervenants externes a été largement étudié. En plus de l’intervention des organismes de recherche (Leeuwis, 2010), il est admis aujourd’hui que l’induction de l’innovation nécessite une diversification des services de conseil agricole, avec une implication des services privés (Eastwood et al., 2017), et cela surtout pour l’introduction de nouvelles technologies ou même de techniques durables (Klerks et Jansen, 2010).

L’Algérie fait face aujourd’hui à des défis multiples pour assurer sa sécurité alimentaire, tout en préservant ses ressources naturelles, la terre et l’eau agricole. De ce fait, certaines filières bénéficient de mesures d’encouragement à la production et d’un soutien public sous forme de subventions : mécanismes de gestion des prix, développement des capacités de stockage et primes pour le stockage et l’énergie. À l’échelle des systèmes de production, les mesures concernent la modernisation et la mise à niveau des exploitations avec subvention des investissements pour l’acquisition d’équipements et de machines agricoles, la mise à disponibilité de semences, l’octroi de crédits, la bonification des taux d’intérêt et un conseil continu pour l’amélioration des itinéraires techniques (Lamani et Ilbert, 2016).

Confrontée à la rareté des ressources en eau et en terre, la politique agricole algérienne se concentre prioritairement sur la mise en valeur des terres cultivables (ensemble des opérations liées à l’entretien d’un terrain inculte ou manifestement sous exploité, en vue de le faire cultiver par un agriculteur [ANSEJ, 2016]), avec une réduction possible de la surface en jachère estimée à 3,34 millions d’hectares/an, et sur l’économie de l’eau (Bessaoud, 2006). Sur le plan organisationnel, les enjeux se situent au niveau de la structuration des filières et de l’organisation de l’offre. L’atteinte de ces objectifs nécessite également des innovations technologiques, commerciales et organisationnelles. Nous avons mobilisé la définition du concept de l’innovation de l’OCDE (2005) : « mise en application d’un nouveau produit (marchandise ou service) ou d’un produit ayant subi des améliorations substantielles, ou encore d’un nouveau procédé, d’une nouvelle technique de commercialisation ou d’une nouvelle méthode d’organisation appliquée aux pratiques commerciales, à l’organisation du travail et aux relations extérieures ».

En Algérie, les travaux de recherche empirique sur la question de l’adoption des innovations par les agriculteurs sont souvent fragmentés ou disparates (Derderi et al., 2015 ; Ould Rebai et al., 2017 ; Naouri et al., 2020). L’originalité de notre travail est que, pour la première fois dans le cas algérien, nous examinons le niveau de diffusion des innovations à grande échelle et nous recherchons une vue globale des dynamiques d’innovation. Par ailleurs, notre travail adopte une approche comparative entre deux filières stratégiques qui bénéficient de soutiens publics différenciés. Notre étude analyse les déterminants de l’adoption de l’innovation dans l’agriculture en Algérie. Elle cible deux filières aux caractéristiques distinctes : blé dur et pomme de terre. Ce choix est lié au caractère stratégique de ces filières, tel que suggéré par les derniers plans de développement agricole.

Pour la filière blé dur, la production nationale ne couvre en moyenne que 40 % de la demande algérienne, alors que cette filière est très encadrée et contrôlée par l’État, à la fois en termes de consommation (prix administrés, poids de l’office public dans l’importation et dans la gestion de la filière), de transformation, et de production agricole (subventions et prix minimum garanti aux producteurs, exclusivité de la collecte du blé aux coopératives étatiques). Ces différentes mesures permettent d’assurer l’écoulement de la récolte et un revenu stable aux agriculteurs. Ceux-ci restent néanmoins soumis aux aléas climatiques car peu de surfaces céréalières sont irriguées. La faible valeur ajoutée à l’hectare, l’encadrement des prix de vente et le risque climatique expliquent la faible attractivité de cette filière pour les investisseurs en agriculture (Djermoun, 2009 ; Hammadache, 2015).

Inversement, la culture de la pomme de terre bénéficie de moins de soutien et de contrôle des pouvoirs publics. Elle dégage une forte valeur ajoutée pour des entrepreneurs agricoles en majorité locataires, privilégiant l’autofinancement et qui n’hésitent pas à changer de localité après épuisement des ressources (terre et eau). Ils sont surnommés à ce titre « jeunes agriculteurs itinérants » (Derderi et al., 2015 ; Ouendeno et al., 2015 ; Ould Rebai et al., 2017).

Cet article traite des facteurs explicatifs de l’adoption des différents types d’innovation par les agriculteurs. Généralement, deux hypothèses sont émises pour expliquer d’éventuelles différences. La première, « classique », est que le profil des exploitants et les caractéristiques structurelles des exploitations (âge, niveau technique, année d’installation, superficies, statut de l’exploitation) influencent les processus et les types d’innovations agricoles. La deuxième, plus originale, est que les processus d’innovation sont aussi influencés par les mesures de soutien institutionnel (accompagnement et subventions).

Après avoir présenté les aspects contextuels et un état de l’art sur les concepts et théories portant sur l’innovation en agriculture, nous présenterons notre méthodologie. Ensuite, les résultats des processus d’innovation seront discutés, pour chaque filière et à travers une comparaison des déterminants de l’innovation dans les deux filières, afin de dégager les principales implications pour les politiques agricoles publiques.

2 Méthodologie

En nous basant sur les données institutionnelles récentes, issues des publications du ministère de l’Agriculture et des directions régionales des services agricoles sur les filières blé dur et pomme de terre, nous présentons les principales caractéristiques de ces deux filières dans le tableau 1.

Sur le plan méthodologique, afin d’appréhender le processus d’innovation en agriculture, nous avons utilisé la méthode de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour mesurer les activités scientifiques, technologiques et d’innovation, présentée dans le Manuel d’Oslo (OCDE, 2005). Cette méthode a été adaptée au contexte algérien et aux deux filières agricoles retenues afin d’identifier les types d’innovation adoptés au sein d’un échantillon d’exploitations agricoles dans deux zones distinctes de production de blé dur et de pomme de terre.

Pour le recueil des données, nous avons élaboré un questionnaire en trois parties à destination des agriculteurs sélectionnés :

  • caractéristiques structurelles de l’exploitation ;

  • identification des pratiques culturales (espèces cultivées), organisationnelles et comportementales (main-d’œuvre employée, liens avec les institutions, sources d’information, mécanismes de prise de décision, etc.) ;

  • caractérisation du type d’innovation (produit, procédé, innovation organisationnelle ou de marketing et son impact, obstacles qui freinent l’innovation).

Les agriculteurs des deux filières ont été interrogés sur l’introduction des mêmes types d’innovation avant 2012 et durant la période 2012–2017.

La méthode d’échantillonnage choisie est basée sur le principe du choix aléatoire raisonné. Ce choix se justifie par l’absence de données actualisées sur les agriculteurs des deux filières dans les zones d’étude. Nous avons sélectionné de manière aléatoire les deux échantillons dans les listes des exploitants enregistrés auprès des chambres d’agriculture de deux wilayas (circonscriptions administratives) et localisés dans les deux zones sélectionnées. 60 céréaliculteurs parmi 1200 (5 %) et 60 agriculteurs de la filière pomme de terre parmi les 160 de la liste (37,5 %), ont été tirés au sort.

L’enquête a été menée en face à face avec ces 120 agriculteurs répartis à égalité dans deux localités : Rahouia dans la Wilaya de Tiaret pour le blé dur et Aïn Soltane dans la Wilaya Aïn Defla pour la pomme de terre. Les entretiens, d’une durée d’une heure et demie en moyenne, ont été réalisés en juin 2018, directement auprès des exploitants.

L’étude a porté sur deux régions du centre de l’Algérie à forte vocation agricole. Les deux wilayas, Aïn Defla et Tiaret, sont situées respectivement à 100 et 360 km au sud d’Alger. Selon les données du ministère de l’Agriculture, en 2018, elles ont été classées premières sur le plan national, respectivement pour la production de pomme de terre et de céréales. Le choix des deux zones retenues dans chaque wilaya est justifié par leurs potentialités avérées en matière de production de blé dur et de pomme de terre. En 2016, la production de Rahouia en blé dur a atteint 10,5 % du total de la production nationale, alors que la zone de Aïn Soltane a fourni 12,5 % de la production nationale de pomme de terre.

Les caractéristiques des deux échantillons traduisent des différences importantes entre les deux filières étudiées (Tab. 2). Dans la filière blé dur, les agriculteurs ont plus de 60 ans et exploitent en grande majorité des terres du domaine privé de l’État avec un statut de concession de long terme (40 ans). Alors que dans la filière pomme de terre, les exploitations sont de plus grande taille (42 % de plus de 100 ha), et cultivées en tant que locataires par des exploitants plus jeunes (la moitié ont moins de 50 ans).

Pour compléter les informations recueillies par questionnaire, une enquête qualitative a été menée en juin 2018, à travers des entretiens semi-directifs, auprès de 8 acteurs du système d’innovation dans les deux filières étudiées : des représentants de l’administration et du conseil (directions des services agricoles [DSA] des deux wilayas), de la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS) de la commune de Rahouia, des chambres d’agriculture des deux wilayas et de la Banque agricole du développement rural (BADR). Le but de ces entretiens était de connaître la nature de l’intervention de ces acteurs dans les dispositifs de financement, d’accompagnement, de conseil, de formation et d’accès à l’information, nécessaires à l’innovation agricole.

Tableau 1

Caractéristiques organisationnelles et institutionnelles des filières blé dur et pomme de terre en Algérie (MADRP, 2016).

Organizational and institutional characteristics of the durum wheat and potato commodity chains in Algeria (MADRP, 2016).

Tableau 2

Caractéristiques des exploitations étudiées.

Characteristics of the farms studied.

3 Résultats

Nous présenterons d’abord les caractéristiques et les déterminants de l’innovation dans chaque filière, en soulignant à chaque fois les principales différences entre les deux périodes d’étude (avant 2012, et entre 2012 et 2017) avant d’entamer une comparaison entre les deux filières.

3.1 Caractéristiques de l’innovation dans la filière blé dur

Avant 2012, l’innovation dans les exploitations étudiées est quasiment absente. Toutefois, les quelques innovations introduites sont plus originales que celles introduites entre 2012 et 2017. Par exemple, deux agriculteurs ont introduit la fertigation et trois ont procédé à la fertilisation après analyse du sol. La mécanisation également apparaît avant 2012, même si cela reste dans de faibles proportions. Un seul agriculteur a amélioré la mécanisation du semis, du travail du sol et de la récolte par l’acquisition de nouvelles machines. Un seul agriculteur a eu recours à l’irrigation d’appoint durant cette période.

Durant la période 2012–2017, suite à des actions de vulgarisation intensive de la rotation céréales-légumineuses, du désherbage chimique des céréales, de la fertilisation minérale et des traitements phytosanitaires, le taux d’adoption moyen de ces innovations est de 100 % pour les deux premiers procédés et de 98 % pour les deux derniers. Ces choix sont le fait des agriculteurs, mais font écho aux programmes de conseil technique de la filière : le programme de résorption de la jachère, le financement des engrais par des crédits bonifiés (crédit Rfig accordé en début de campagne aux céréaliculteurs par un guichet unique de la CCLS) et par une subvention publique à 20 %. Ces choix résultent également de la construction progressive de relations étroites et de confiance entre céréaliers, conseillers agricoles et représentants des institutions publiques : Direction des services agricoles, Institut technique des grandes cultures et légumes secs (ITGC) et organismes de financement. Ce niveau d’interaction influence le comportement des agriculteurs vis-à-vis des innovations.

Par contre, les céréaliculteurs ne développent que peu de réseaux dans les domaines organisationnels et du marketing : pas de formation, pas d’intégration d’une organisation professionnelle, pas de contractualisation avec une entreprise agroalimentaire, pas de coopération avec d’autres agriculteurs pour l’exploitation de la terre par exemple, etc. Le fait que les céréaliers vendent leur blé à un seul partenaire économique, la CCLS (organisme public), est également à prendre en compte car cela leur garantit la commercialisation de leur production à un prix fixe subventionné. Cela ne les pousse pas à innover pour la commercialisation de leur production. Toutefois, les agriculteurs reconnaissent l’impact de l’adoption des innovations techniques sur la rentabilité économique et le rendement de leurs productions. Par ailleurs, en matière d’accompagnement, les conseillers agricoles et les organismes publics sont cités comme les acteurs institutionnels les plus présents et les principales sources d’information en termes d’innovation agricole.

Enfin, les principaux obstacles à l’innovation cités par les agriculteurs sont pour 50 % d’entre eux la variabilité du climat (années de sécheresse), et pour 41 % d’entre eux les difficultés à accéder au financement, notamment en raison de leur non-affiliation à l’assurance agricole. Toutefois, c’est le régime foncier qui est cité par 78 % d’entre eux comme principal obstacle à l’innovation. En effet, l’instauration, depuis 2010, du droit à la concession de 40 ans renouvelables sur les exploitations agricoles individuelles (EAI) des terres du domaine privé de l’État est vécue comme un recul par les céréaliculteurs interrogés, par rapport au droit à la jouissance perpétuelle dont ils bénéficiaient auparavant.

3.2 Caractéristiques de l’innovation dans la filière pomme de terre

Durant la période 2012–2017, six innovations ont fait l’objet d’une adoption importante par les producteurs de pomme de terre. Plus de 40 % des agriculteurs ont déclaré les avoir adoptées, alors qu’avant 2012, elles n’étaient présentes que chez 20 % des agriculteurs dans le meilleur des cas : introduction de nouvelles variétés (59 %), diversification des variétés (47 %), introduction de nouveaux désherbants (74 %), introduction de nouveaux fertilisants (54 %) et nouveaux traitements (50 %) et nouvelles machines et techniques de plantation (44 %).

Concernant l’innovation en matière d’irrigation, 38 % des producteurs de pomme de terre de l’échantillon ont introduit de nouvelles techniques d’irrigation durant la période 2012–2017 (Tab. 3). L’innovation en ouvrages et équipements, qui concernait 17 % des agriculteurs avant 2012, en concerne 31 % entre 2012 et 2017. Enfin, la fertigation, quasiment absente avant 2012, a été adoptée par 41 % des producteurs entre 2012 et 2017. Ce sont la superficie cultivée et le niveau d’instruction de l’agriculteur qui influencent le plus l’adoption de ce type d’innovation. Ainsi, les agriculteurs innovateurs ont des superficies supérieures à 200 ha et un niveau d’instruction correspondant aux cycles secondaire et universitaire. À noter que les producteurs innovent par l’introduction de nouvelles variétés de pomme de terre afin de diversifier l’offre du produit.

Sept innovations organisationnelles et en marketing présentent un taux d’adoption moindre, qui ne dépasse pas 35 % : contrat de vente pour une partie ou l’intégralité de la production (22 %) à travers des initiatives venant des acteurs de l’aval, appartenance à une association de producteurs pour défendre ses intérêts (35 %), adoption d’un nouveau mode de coopération avec les autres agriculteurs (location d’une partie de la terre, métayage, vente sur pied...) (27 %), adoption d’un nouveau mode de financement de l’investissement ou de la production (crédit fournisseur d’intrants) (32 %), adaptation de la production en fonction des débouchés (introduction de variétés rouges et blanches et des variétés primeurs, de saison et d’arrière-saison) (20 %), conditionnement du produit au sein de l’exploitation (25 %) et nouvelle pratique commerciale ou nouveau circuit commercial (recherche de débouchés au produit à l’échelle nationale) (20 %).

Les innovations organisationnelles et en marketing sont adoptées surtout par les agriculteurs qui ont de l’expérience dans la culture de pomme de terre : au moins 65 % des innovations proposées sont adoptées par les agriculteurs installés avant 2012, alors que 17 % seulement sont adoptées par ceux qui ont commencé leur activité après 2012. Le niveau d’instruction et la formation en agriculture jouent également un rôle. Les producteurs de pomme de terre qui ont un niveau secondaire ou universitaire et qui ont suivi une formation en agriculture sont 100 % à avoir adopté au moins une innovation dans le domaine organisationnel et du marketing, alors qu’ils sont seulement 76 % pour les autres.

Enfin, selon les producteurs de pomme de terre, les principaux obstacles à l’innovation sont l’absence ou l’insuffisance du soutien de l’État à cette filière (85 %), le régime de propriété foncière (83 %) et la difficulté d’accès au financement (81 %).

Tableau 3

Innovations dans les produits et les procédés adoptés par les producteurs de pomme de terre et de blé dur selon les périodes.

Innovations in products and processes adopted by potato and durum wheat producers over time.

3.3 Comparaison des déterminants de l’innovation dans les deux filières agricoles

Pour ces produits de consommation courante que sont le blé dur et la pomme de terre, l’innovation est recherchée à la fois par les acteurs des deux filières et par l’État, afin de contribuer à réduire l’écart entre la production locale et les besoins des consommateurs (quantités suffisantes en permanence, prix abordables…), ou bien pour rendre attractive la production sur les marchés d’exportation (pour la pomme de terre), en termes de prix et de qualité.

Pour les deux filières, certaines innovations sont fréquemment adoptées, mais il s’agit principalement de nouvelles techniques culturales concernant la rotation des cultures, le désherbage, la fertilisation et les traitements phytosanitaires. Pour la filière blé dur par exemple, elles sont adoptées par l’ensemble des agriculteurs interrogés. Les taux d’adoption dépassent 50 % pour les producteurs de pomme de terre. Pour les céréaliculteurs, cela s’explique par le crédit Rfig (sans intérêt) et le crédit fournisseur qui permet aux agriculteurs de financer les intrants et les équipements agricoles. Pour les producteurs de pomme de terre, l’adoption d’innovations n’est pas liée à une facilité financière car ils n’ont pas recours au crédit dans la zone d’étude.

Pour les techniques de production durables, telles que les pratiques de fertilisation durable (fumure organique, recyclage des résidus de l’exploitation), les équipements économes en énergie (semoir pour semis direct), les nouvelles techniques d’irrigation économes en eau, ou même l’introduction de nouvelles machines ou d’équipements agricoles, les taux d’adoption sont faibles. Pourtant, la pénurie de main-d’œuvre et l’épuisement des sols dans les deux cas d’étude, ainsi que l’impératif d’amélioration de la qualité de la pomme de terre pour l’exportation, devraient encourager ce type d’innovation.

Les innovations en organisation et marketing présentent toutes des taux d’adoption bien inférieurs à 50 % pour les deux filières. Elles sont même quasiment inexistantes pour les céréaliculteurs. Cela est logique dans la mesure où ils bénéficient du soutien de l’État pour la vente de leur blé, ce qui n’encourage pas la diversification des débouchés. Par contre, les producteurs de pomme de terre innovent davantage dans la commercialisation (taux d’adoption des innovations de 20 à 35 %), dans le stockage et le conditionnement des produits, ainsi que dans la recherche de nouveaux débouchés et de nouveaux modes de commercialisation pour leurs produits, car ils ne bénéficient pas d’appui public dans ces domaines.

Une autre différence réside dans le lien fort évoqué par les céréaliculteurs avec les institutions publiques, notamment les conseillers agricoles, considérés comme une source d’information fiable, alors que les producteurs de pomme de terre privilégient les contacts interpersonnels et leurs propres réseaux, notamment entre agriculteurs et avec les agro-fournisseurs (98 %) comme le meilleur moyen d’accès à l’information et aux connaissances. Dans la filière pomme de terre, la rareté des relations avec des organismes publics de conseil agricole et de recherche est un frein important à la diffusion des innovations. Les programmes de l’État se concentrent en amont sur la production de semenceaux et en aval sur la disponibilité des moyens de stockage en cas de surproduction, notamment pour la pomme de terre de saison. À cela s’ajoute la contrainte du financement évoquée par les agriculteurs des deux filières et la variabilité climatique, qui accentuent les risques et qui n’encouragent pas l’investissement dans de nouvelles techniques de production ou de gestion.

Dans le contexte algérien, nos résultats montrent l’importance des effets de la structuration des filières et de la sécurisation de la commercialisation par rapport à des systèmes incitatifs de financement : les subventions des prix et la sécurisation financière des investissements semblent exercer un effet « contre-productif » en termes d’adoption et de diffusion des innovations agricoles. Les institutions de conseil agricole et de recherche semblent ainsi exercer des effets importants sur le niveau et la nature des innovations agricoles adoptées par les acteurs de chaque filière. Cela explique une partie des différences, alors que les spécificités propres aux filières ainsi que les comportements des agriculteurs déterminent les autres différences observées.

Enfin, le régime foncier (système des concessions agricoles) ainsi que l’absence de certains soutiens financiers semblent agir comme un « frein à long terme » pour les innovations agricoles de grande envergure ou nécessitant un investissement conséquent (forages, machines agricoles et infrastructures). Dans la filière pomme de terre, l’émergence des agriculteurs « locataires » semble contourner l’écueil foncier, mais renseigne également sur l’existence de stratégies spéculatives des acteurs.

4 Discussion et conclusion

Les premiers résultats de l’étude sur la dynamique d’innovation dans les filières agricoles stratégiques en Algérie ont montré que les producteurs de blé dur et les producteurs de pomme de terre ont adopté des innovations contextuelles, c’est-à-dire favorisées par des programmes nationaux (programmes des services de conseil agricole, dynamique des fournisseurs d’intrants et diversification de la demande (pour la pomme de terre), même si ce ne sont pas de nouvelles techniques. Elles ne concernent que très peu les innovations organisationnelles ou de marketing. Ces résultats rejoignent les travaux de Gilly et Zeithaml (1985), de Foltz et Chang (2002) et de Sauer et Zilberman (2009).

Dans un contexte de rareté des ressources (terre fertile, eau d’irrigation), les pratiques qui garantiraient leur durabilité ne sont pas introduites, car ni l’État qui subventionne les intrants, notamment les engrais, et ne propose pas de programmes de sensibilisation, ni les agriculteurs qui cherchent à intensifier leur production pour maximiser leur profit, ne perçoivent l’intérêt de ce type de techniques. De plus, les céréaliculteurs ne sont concernés par aucune innovation pour améliorer la commercialisation de leur production ou leur réseau.

Cela devrait interpeller les décideurs par rapport à la politique adoptée, qui consiste d’une part à garantir un prix de vente fixe et subventionné du blé dur, et qui d’autre part n’intègre pas de subventions et de crédits conditionnés à l’adoption de techniques protectrices de l’environnement, comme c’est le cas par exemple pour les Systèmes de conseil agricole (SCA) dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) en France, et en Europe en général. Par ailleurs, le système de conseil agricole, essentiellement public, ne semble pas en mesure de répondre aux besoins des producteurs de pomme de terre. Cela devrait conduire à diversifier l’offre et à encourager l’instauration d’organismes de conseil privé en complément des institutions publiques. Pour la filière blé dur, le large contrôle d’État de la filière devrait également se traduire par une prise en charge des innovations agricoles par les institutions publiques, à la fois en termes de mise en place et de diffusion au sein de la filière.

Pour la filière pomme de terre, et sur un plan empirique, ces premiers résultats rejoignent ceux des études antérieures montrant le caractère multidimensionnel de l’innovation agricole, combinant aspects techniques et organisationnels (Diederen et al., 2002 ; Sauer et Zilberman, 2009 ; Pouch, 2015). Par ailleurs, ces résultats illustrent l’importance des spécificités socio-économiques, institutionnelles et relevant des profils des exploitants observées dans les contextes de pays émergents ou en développement (Chauveau et al., 1999 ; Mabah Tene et al., 2013).

Nos résultats montrent, qu’au-delà des caractéristiques socio-économiques de l’agriculteur et de l’exploitation, certains déterminants de l’innovation relèvent à la fois des contextes institutionnels et des régimes fonciers. Un soutien public financier fort, couplé à un contrôle des débouchés, n’encourage pas les innovations organisationnelles et en marketing (cas de la filière blé), alors qu’un foncier peu sécurisé n’incite pas aux innovations nécessitant des investissements importants (cas de la pomme de terre). Ce résultat invite à une plus forte contextualisation des études empiriques portant sur les processus d’innovation agricole.

La comparaison des processus d’innovation agricole dans les deux filières permet de constater qu’elles ne bénéficient pas des mêmes mesures d’accompagnement favorisant ou contraignant ces processus d’innovation, mais qu’elles rencontrent certaines contraintes similaires. Ainsi, certaines mesures comme la facilitation d’accès au financement et le développement de mécanismes d’assurance contre les aléas climatiques peuvent concerner les deux filières, alors que d’autres mesures devraient être spécifiques à chaque filière. Certaines caractéristiques structurelles (profil des exploitants, subventions, incitations financières, foncier, etc.) suggèrent des outils ciblés et adaptés aux contextes de chacune des filières agricoles. Ainsi, il serait judicieux de développer des dispositifs de conseil plus ciblés pour les agriculteurs locataires qui exercent dans l’informel.

Le rôle des acteurs institutionnels et de conseil agricole est lui-même interrogé afin de mieux accompagner l’adoption et la diffusion des innovations agricoles, et cela au-delà des innovations techniques et de pratiques culturales. À travers une approche davantage contextualisée, les services de diffusion, de vulgarisation et d’accompagnement des innovations agricoles gagneraient en efficacité.

Le cadre réglementaire du système national d’innovation n’a pas été abordé directement dans ce travail et doit faire l’objet d’une recherche future. L’analyse des effets de ce « socle » institutionnel macroéconomique permettrait de répondre aux questionnements relatifs aux dispositifs de conseil agricole, mais aussi à la recherche, à l’administration et au financement des innovations en agriculture. Enfin, ces analyses méso-économiques doivent être complétées par des investigations à l’échelon des exploitations agricoles pour une détermination plus fine des trajectoires d’innovation agricole. Ces dernières semblent être différentes à la fois selon les caractéristiques structurelles propres des exploitations, mais aussi selon les profils des agriculteurs.

Cela ouvre des perspectives de recherche pour approfondir la question de l’influence de la diversité des exploitations, en termes de caractéristiques socioéconomiques, sur la capacité d’innover des agriculteurs dans les filières peu encadrées. Une seconde perspective suggérée porte sur la diffusion et l’adoption de l’innovation par les agriculteurs : le rôle des acteurs leaders, les actions des institutions publiques, les dispositifs incitatifs, etc. Enfin, malgré l’intérêt de certains résultats, notre analyse n’a porté que sur deux filières et dans le contexte agricole spécifique de l’Algérie. Des analyses empiriques comparatives (autres filières, autres régions) en Algérie, ou des comparaisons avec la situation dans d’autres pays, devraient contribuer à mieux appréhender la question de l’innovation dans des filières agricoles.

Références

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Citation de l’article : Bouzid A, Boudedja K, Cheriet F, Bouchetara M, Mellal A. 2020. Facteurs influençant l’adoption de l’innovation en agriculture en Algérie. Cas de deux cultures stratégiques : le blé dur et la pomme de terre. Cah. Agric. 29: 15.

Liste des tableaux

Tableau 1

Caractéristiques organisationnelles et institutionnelles des filières blé dur et pomme de terre en Algérie (MADRP, 2016).

Organizational and institutional characteristics of the durum wheat and potato commodity chains in Algeria (MADRP, 2016).

Tableau 2

Caractéristiques des exploitations étudiées.

Characteristics of the farms studied.

Tableau 3

Innovations dans les produits et les procédés adoptés par les producteurs de pomme de terre et de blé dur selon les périodes.

Innovations in products and processes adopted by potato and durum wheat producers over time.

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